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Le dico des auteurs


N’SONDE Wilfried

Congo

18 mars 2015.
 

Biographie

 

Biographie

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© Pauline Huillery

En 2007, Wilfried N’Sondé, chanteur et compositeur reconnu de la scène berlinoise, fait une entrée remarquée en littérature avec son premier roman, Le Coeur des enfants léopards, lauréat du Prix des cinq continents de la francophonie et du Prix Senghor de la création littéraire. Dans ce roman, détonnant mélange d’autobiographie et de rêve, Wilfried N’Sondé évoque sa jeunesse en banlieue, en rapportant l’histoire d’un jeune amoureux abandonné par son premier amour connue à l’âge de trois ans, alors qu’il venait d’arriver en France. À travers le portrait de son personnage, l’auteur jette un regard sombre et saisissant sur ces banlieues où vivent les populations les plus pauvres, souvent immigrées, et où le destin des jeunes est souvent voué à l’impasse.

Dans son roman, Le silence des esprits, Wilfried N’Sondé prolonge, avec cette même force d’évocation, sa réflexion sur la marginalité, sur les êtres aux prises avec leur passé. Il y raconte l’histoire d’un jeune Africain sans papiers, hanté par son passé d’enfant soldat, qui, à travers la rencontre d’une femme à la mémoire pareillement meurtrie, va faire l’expérience d’un bonheur éphémère. N’Sondé y déploie une écriture vive, rythmée, qui puise toute sa justesse dans sa propre expérience ; l’exil, le déracinement est en effet, un motif récurrent dans la vie de l’auteur : né en 1969 au Congo, il émigre en France à l’âge de cinq ans où il grandit et fait ses études ; puis, après être passé par Londres, Rome, Vienne et Madrid, il s’installe à Berlin où il vit de sa musique et travaille aussi comme éducateur auprès de jeunes en difficultés. Ce sont ces rencontres qui le poussent à écrire son troisième roman, Fleur de béton. Il y déploie, sous la forme d’un roman d’apprentissage, une réflexion sur la violence des quartiers, et les moyens d’en sortir.
Celui que Jean-Marie Le Clézio, prix Nobel de littérature, qualifie d’étonnant, remarquant sa qualité « d’écrivain en action » (L’Express, 16 octobre 2008), est certainement une des voix les plus puissantes et singulières d’une nouvelle littérature urbaine et francophone.

Toujours dans un contexte urbain, son nouveau roman, Berlinoise, mène une réflexion sur la différence, la possibilité de la rencontre et l’incompréhension entre des mondes fondamentalement différents. C’est au cœur de la vieille Europe en même temps que dans l’intimité profonde d’une passion amoureuse que le lecteur se trouve plongé. Il était important pour l’auteur de parler de l’événement de la chute du mur de Berlin, qu’il a lui-même vécu, parce que l’espoir, à ce moment là, était quelque chose de palpable. « Ceux qui ont participé de près à cet événement, dit-il, ont été porté par la force de l’illusion, un instant très fort en termes de libération des sentiments humains, comme l’amour, l’amitié ». La force de conviction portant à penser qu’une utopie se réaliserait, que le monde changerait est alors rendue sensible dans ses premiers mots. Mais pas plus qu’il n’y aura de troisième voie entre le capitalisme et le communisme, il n’y aura de moyen terme pour Stan et Maya. Ainsi, dans un style lyrique et foisonnant, Wilfried N’Sonde livre une histoire d’amour dont les corps se font, malgré eux, les réceptacles de l’Histoire en marche : une réflexion poétique sur la fin de toutes les illusions.

In english


Bibliographie :

- Berlinoise (Actes Sud, 2015)
- Fleur de béton (Actes Sud, 2012)
- Le Silence des esprits (Actes Sud, Paris, 2010)
- Le Coeur des enfants léopards (Actes Sud, 2007 ; Babel, Paris, 2010)

Actualité

 
Romans

Berlinoise

Actes Sud - 2015

30 décembre 1989. Stan et Pascal arrivent à Berlin pour y passer le réveillon. Au pied du mur, que Berlinois et visiteurs sont occupés à détruire dans la liesse générale, ils rencontrent une fille à la peau brune et aux yeux vairons, Maya, qui subjugue immédiatement Stan. Déjà installés tous deux dans des vies grises malgré leur âge, Stan et Pascal sont conquis par la ferveur d’un peuple vivant une formidable réconciliation nationale. Ils décident de rester dans cette ville où tout paraît possible.
Texte solaire et sensuel, Berlinoise est un hymne au désordre, à la poésie des corps, à l’ardeur et à la candeur, dans lequel Maya la femme et Berlin la ville sont comme deux incarnations jumelles de l’utopie. Porté par un air de blues qui raconterait l’apprentissage de la désillusion, ce roman d’une éducation politique et sentimentale compose tout à la fois une déclaration d’amour et une lettre d’adieu à la folle jeunesse.

“Plus lourde de sens qu’une page qui se tourne dans un livre d’histoire, pour moi, la chute du mur de Berlin a été avant tout une extraordinaire expérience émotionnelle, de celles qui réorientent des trajectoires de vie.
Ces aspects méconnus de la révolution de novembre 1989, la puissance de son impact sur les destins individuels à l’ombre de la grande Histoire, je tenais à en faire part dans un texte où la fiction se mêlerait aux faits historiques. Une plongée dans l’intériorité de personnages pris dans des bouleversements politiques, un témoignage de leurs fragiles équilibres, de leurs aspirations et de leurs doutes. Une oscillation entre les espoirs et les désillusions qui ont animé des femmes et des hommes portés par l’onde de choc qu’a connue Berlin il y a vingt-cinq ans.
Il m’importait de retourner à la période inédite et riche qui a suivi ce fait majeur de la fin du XXe siècle. Comme on ravive un souvenir, j’ai voulu écrire la chronique du naufrage d’un mirage collectif, celui de l’avènement d’un monde meilleur, tout en rappelant que les événements qui se sont produits dans la capitale allemande ont été un formidable prétexte aux rêves de liberté absolue de l’âme et du corps, à l’insouciance et à l’envie de jouir de l’existence sans retenue.”
W.N.


Revue de presse :

« (...) Si, comme dans son premier roman et dans les suivants (...), Berlinoise s’inscrit à nouveau dans le contexte urbain et dans une réflexion globale sur la différence, la plume se déplace cette fois vers l’Est et le cœur de la vieille Europe, en même temps que vers l’intimité profonde d’une passion amoureuse. (...) Mais après la fusion psychique et charnelle des débuts, les mots d’amour cèdent la place à ‘’l’hébétement’’ des premières disputes et à l’incompréhension de deux êtres venant de mondes fondamentalement différents. D’un côté Stan, l’insouciant de l’Ouest, venu chercher à Berlin une existence vibrante et électrique. De l’autre, Maya, pasionaria de l’Est, dont l’inspiration et l’humeur s’assèchent, privées du carburant de la contestation et de la clandestinité. En même temps que l’amour s’éteint, s’évanouissent les espoirs d’une humanité meilleure, nés sur les cendres de la Guerre froide. Car l’abolition de la frontière Est-Ouest provoque surtout le surgissement d’une masse assoiffée de biens de consommation, l’explosion du chômage, la montée du racisme et l’apparition de groupuscules néonazis. (...) Pas plus qu’il n’y aura de troisième voie entre le communisme et le capitalisme le plus débridé, il n’y aura de moyen terme pour Stan et Maya, dont les corps se font, malgré eux, les réceptacles de l’histoire en marche. On retrouve, dans ce récit dense, le style lyrique et foisonnant de Wilfried N’Sondé, qui livre une réflexion intelligente et incarnée sur la fin de toutes les illusions. »
Virginia Bart, Le Monde (30 janvier 2015)

Œuvre

 
Romans

Berlinoise

Actes Sud - 2015
30 décembre 1989. Stan et Pascal arrivent à Berlin pour y passer le réveillon. Au pied du mur, que Berlinois et visiteurs sont occupés à détruire dans la liesse générale, ils (...)
 

Fleur de béton

Actes Sud - 2012
La jeune Rosa Maria rêve de soleil, d’amour, de calme… et de fuir la Cité des 6000 où elle vit avec sa famille en région parisienne. En attendant ce grand jour, elle soupire en (...)
 

Le Silence des esprits

Actes Sud - 2010
Dans un train de banlieue, une femme un peu trop seule rencontre un jeune Africain. Avec douceur et compassion, elle perçoit en lui l’angoisse et la peur, comprend qu’il n’a pas (...)
 

Un jeune homme retrouve ses esprits au fond d’une cellule, en garde à vue. Que s’est-il passé ? Mireille, son grand amour, l’a quitté brusquement, il a beaucoup bu… Comment se (...)
 

Vidéos

 

Les grands débats en vidéo

Saint-Malo 2012

Littérature-monde en français

Avec Carole Martinez, Alexis Jenni, Maylis de Kerangal, Wilfried N’Sondé, Sami Tchak.

 

 

Les cafés littéraires

Saint-Malo 2007

Quel futur ?

Avec Fatou KEITA, Ananda DEVI, Wilfried N’SONDE, Faïza GUENE

 
Saint-Malo 2012

Les enfants perdus

Hubert Haddad, Wilfried N’Sond, Makenzy Orcel, Hisham Matar

 
Saint-Malo 2010

Enfances volées

Avec Léonora MIANO, Mahi BINEBINE, Wielfried N’SONDE et Lyonel TROUILLOT

 

Les débats audios

 
Saint-Malo 2015

Rencontre avec les lauréats du Prix des Cinq Continents de la Francophonie

Avec Kamel Daoud, Hubert Haddad, Ananda Devi et Wilfried N’Sondé. Rencontre animée par Sophie Ekoué

 
Saint-Malo 2011

Pour le plaisir des mots

Avec le collectif 129H, Amkoullel, Jean-Pierre Verheggen, Felwine Sarr, Wilfried N’Sondé

 
Saint-Malo 2011

La rime dans tous ses états

Avec ROUDA, Wilfried N’SONDE, Souleymane DIAMANKA, Jean-Pierre VERHEGGEN, Yvon LE MEN, AMKOULLEL, Jean-Pierre SIMEON, Elie GUILLOU, animé par Jacques Darras

 
Saint-Malo 2010

Enfants de la balle

Avec Abdourahman WABERI, Wilfried N’SONDE, Alain MABANCKOU. Une rencontre animée par Hubert Artus.

 
Saint-Malo 2010

Une pensée en mouvement, migration et littérature

Avec Louis-Philippe DALEMBERT, Wilfried N’SONDE, Nam LE, Mahi BINEBINE, Albert MEMMI. Un débat animé par Hubert Artus.

 
Saint-Malo 2010

Le corps en poésie

Avec Wilfried N’Sondé, Thierry Clermont, Melaine Favennec, Mohammed El Amraoui, Yvon Le Men et Rachel Guilloux.

 
Saint-Malo 2008

Si t’as le flow, t’as le mot !

Avec : Souleymane DIAMANKA, Magyd CHERFI, Wilfried N’SONDE, Karim MADANI, ROUDA, NEOBLED.