Haïti
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Poète et romancier, Josaphat-Robert Large écrit en français, en créole et en anglais. De plus en plus, sa présence prend de l’ampleur dans l’espace des littératures insulaires. En mars 2006, la Société des professeurs français et francophones d’Amérique ont organisé un colloque autour de son oeuvre, à Fordham University, à New York.
Josaphat-Robert Large est né à Jérémie (Haïti), en novembre 1942. Il a fait ses études primaires chez les Frères de l’Instruction chrétienne (F.I.C), et ses secondaires, au Collège Fernand Prosper et au lycée de sa ville natale. A New York où il s’est rendu à la fin des années 1960, il a étudié l’anglais à Colombia University et la Photographie à New York Institute of Photography. Membre fondateur de la troupe de théâtre « Kouidor » et de la Hynn Anthology of Poetry, il a aussi suivi des cours de linguistique à la New York University.
Son roman Les terres entourées de larmes (Harmattan, 2002) a obtenu le Prix littéraire des Caraïbes en 2003. Dans le courant de l’année 2008, consécutivement, Large a publié un roman en français : Partir sur un coursier de nuages, tome II d’une trilogie ; un roman en créole : Rete ! kote Lamèsi, aux Presses nationales d’Haïti et un disque compact : Eko dlo, LaGrandans debòde, avec un accompagnement musical d’Eddy Prophète. L’auteur est membre de l’Association des Écrivains de langue française, de la Société des Gens de Lettres de France et du Pen Club de New York. Désormais à la retraite, il se consacre entièrement à la préparation de son œuvre.
Le site internet de l’auteur www.josaphat-robert-large.com
Pour plus de renseignements, consultez la base de données d’île en île
Bibliographie :
La fragmentation de l’être sous la dir. de F-A Leconte (L’Harmattan, 2009).
Rete ! Kote Lamèsi (Presses Nationales d’Haïti, 2008).
Partir sur un coursier de nuages (L’Harmattan, 2008)
Keep On Keepin’ On (ed. IUniverse, New York, 2006)
Les terres entourées de larmes (L’Harmattan, 2002)
Les récoltes de la folie (L’Harmattan, Paris, 1995)
Pè Sèt ! (ed. Mapou, Miami 1994 rééd. 1996)
Les sentiers de l’enfer (L’Harmattan, Paris, 1990)
Chute de Mots (St-G-des-Prés, Paris, 1989)
Nerfs du vent (P-J.Oswald, Paris, 1975)
Présentation de Partir sur un coursier de nuages :
Cet ouvrage est le second tome d’une trilogie dont le premier, Les terres entourées de larmes (L’Harmattan, 2002), avait remporté le Prix littéraire des Caraïbes en 2003. L’auteur évoque trois périodes bien différenciées de l’histoire de Haïti en utilisant trois registres d’écriture. Le lecteur, en suivant le parcours des anciens esclaves de certaines colonies françaises vers le monde de la liberté, peut percevoir l’évolution de leur langage dans les espaces où s’est enracinée leur existence.
Présentation des Récoltes de la folie :
Né d’un père blanc et d’une mère nègre, le personnage en question, médecin de profession, après avoir rejeté sa citoyenneté d’origine, se met à explorer les profondeurs de la culture antillaise qui lui vient en droit fil de la lignée de sa mère, une belle Martiniquaise née à Saint-Pierre, une vingtaine d’années avant l’éruption de la montagne Pelée.
Repérable dans les "menus" d’un ordinateur que notre victime arrive à mettre à jour malgré la fréquence sans cesse croissante de ses crises, l’écriture du roman se tisse avec le fil des souvenirs de la Martinique que n’a jamais cessé de raconter la mère, avant d’aller se perdre dans le désordre artistique d’un petit village de l’île d’Haïti, surnommé, à juste titre, la planète des Roseaux.
Extrait de Partir sur un Coursier de nuages (l’Harmattan, 2008)
" Sur les longues, longues routes sans fin du Mississipi d’antan, je cueillais une fleur et des notes surgissaient de mes tripes. Lorsque je sifflais une fille à la démarche houleuse, une cadence, un rythme naissaient. Je composais mon Gospel du dimanche en m’inspirant d’une fleur, de deux, de trois, puis de toi aussi, sur les longues, longues routes et sur les plates-bandes interminables du Mississipi.
Les pétales des roses se transformaient en sons chuintants, ils glissaient le long des tubulures cuivrées des trompettes langoureuses du Mississipi. Je cueillais une rose et elle se transformait en une longue plainte sentimentale et languissante. J’accueillais un songe sur la route et des intonations en sortaient, elles avaient les accents de mon âme alanguie. Do, ré, mi, sur la route du Mississipi. Le long des falaises, le long des sentiers, le long des songes, des harmonies naissaient de mes pensées torturées. O ! Mississipliblues ! "