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« Adieu Paris, l’autofiction nombriliste, les petits problèmes de couple du XXIè siècle et vive l’aventure ! Les écrivains français prennent le large » titre le Figaro Magazine. Adieu dit Pierre Maury du Soir de Bruxelles aux « frileuses autofictions ». « Le roman français adopte le style « jungle » souligne l’AFP : « c’est le retour du roman d’aventure, avec plusieurs candidats aux prix littéraires de l’automne qui redécouvrent la « beauté du monde » et les grands espaces africains ou sud-américains. Grands fauves et nostalgie au programme. Après le nombrilisme des dernières années, les auteurs français jouent « tigres et lions ». L’exploration après l’introspection. Des livres qui ouvrent portes et fenêtres et font souffler le grand vent. »
La rentrée littéraire 2008 s’annonce dépaysante. « Un exotisme massif est annoncé en dehors de Saint-Germain des Prés avec des romans qui prennent corps à l’étranger, à mille lieues de la Terrasse des deux Magots », constate le Figaro Littéraire en citant Olivier Rolin (Un chasseur de lion, Le Seuil), Jean-Marie Blas de Roblès (Là où les tigres sont chez eux, Zulma) et Michel Le Bris (La beauté du monde, Grasset) – tous trois retenus dans les premières sélections des principaux prix littéraires de la rentrée – citant également Jean-Pierre Ohl (Les Maîtres de Glenmarkie), Laurent Gaudé (La porte des enfers), François Vallejo (L’incendie du Chiado), Yasmina Khadra (Ce que le jour doit à la nuit), Isabelle Jarry (La traversée du désert), et : « On ose quitter Paris. Mieux, on s’aventure, on s’expatrie, on s’exile aux quatre coins du monde. »
« Le roman d’aventures : nouvelle tendance 2008 ? » s’interroge Transfuges.
Toutes les raisons, donc, de se réjouir pour Etonnants Voyageurs dont c’est le combat depuis vingt ans : ouvrir la littérature française aux vents du large. En espérant que ce sera plus qu’une tendance, ou une mode, comme déjà semble le dire l’auteur de l’article — lui-même déjà très « tendance » — de Transfuges. Non, l’aventure n’est pas un « genre » : c’est comme le montrait magnifiquement Julien Gracq, l’essence même de la fiction.
Nous avons assez souffert de décennies de dictature des avant-gardes, du nombrilisme obligé, supposément « français » pour ne pas souhaiter une mode aujourd’hui opposée. La littérature est belle quand elle est diverse, sans mode obligée, sans exclusive. Cela aussi, c’était le sens de notre combat. Il nous semble que c’est le cas en cette rentrée littéraire. Et c’est très bien ainsi.