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Festival Port-au-Prince 2010
 

L’édito du festival Haïti 2010
 

publié le 12 janvier 2010.
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Du 14 au 17 janvier 2010 à Port-au-Prince


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Interpellation
Saint-Louis Blaise,
© Galerie Monnin, Pétion-Ville, Haïti

L’année Haïti
Michel Le Bris
Président d’Etonnants Voyageurs

On peut gloser à l’infini sur le caractère très relatif, discutable, subjectif des prix littéraires. Il n’empêche : quand ceux-ci, en quelques mois, se multiplient, décernés depuis des aires culturelles différentes, par les jurys les plus divers*, sans s’être donné le mot, cela prend une dimension symbolique forte : les signes multiples et convergents d’une reconnaissance, par le reste du monde, de la formidable créativité littéraire d’Haïti, de sa diversité, de sa capacité à parler au monde entier. Et cela méritait d’être fêté, en cette deuxième édition d’Etonnants Voyageurs à Port-au-Prince, qui se projettera en ouverture dans neuf villes et aura mobilisé pour sa réussite tous les acteurs culturels du pays : que ceux-ci en soient ici remerciés. « Le monde au miroir d’Haïti, Haïti au miroir du monde » : le titre tout trouvé, en cette année 2009, du festival Etonnants Voyageurs…


Le monde au miroir d’Haïti
Haïti au miroir du monde

Lyonel Trouillot
Co-président d’Etonnants-Voyageurs Haïti

« Aucun peuple n’est plus petit que son poème » écrit un poète. Et un autre poète de crier : « l’homme n’est jamais seul alors que je vous parle et que vous m’écoutez ». De la Palestine à Haïti, il y a entre leurs mots des kilomètres de distance, mais ce sont là mots qui voyagent, se répondent, se complètent : fragments du chant du monde, affirmation de la dignité de toute communauté humaine et valorisation de l’échange fraternel. En faisant l’économie de quelques nuances chères aux spécialistes des études de genre, on pourrait remplacer le mot « poème » par « roman ». N’est-ce pas ce que font les écrivains : donner à lire et à entendre le poème et le roman du monde ?
Les 14, 15, 16 janvier 2010, une cinquantaine d’écrivains partageront avec Haïti quelques pages du poème et du roman du monde. Ils iront dans nos écoles publiques et privées. Pas moins de trois mille écoliers auront l’occasion d’écouter leurs voix, de les interroger sur le sens de leur travail, leur rapport à la vie, au rêve et au réel, puisque la littérature ne parle pas que d’elle-même. Ils seront dans onze villes : Port-au-Prince, les Cayes, Jacmel, Les Gonaïves, Le Cap, Port-de-Paix, Jérémie, Le Limbé, Saint-Marc. Ils participeront à des tables rondes et à des cafés littéraires et liront leurs textes : les rencontres sont gratuites et ouvertes au public. À tous les publics. Si la littérature est l’une des plus hautes formes de l’expression de l’individualité, qu’elle serve aussi à rassembler. Côté haïtien, le festival implique des institutions étatiques, des entreprises, des opérateurs culturels, 45 établissements scolaires, et des citoyens, bénévoles donnant leur temps et leur savoir-faire. Par ce déploiement d’énergie et cet esprit rassembleur, l’événement prend aussi force et sens et se veut exemplaire : ce n’est pas l’affaire de quelques-uns, c’est Haïti qui reçoit.   Les thèmes porteront sur des questions qui intéressent les écrivains et l’ensemble des vivants : création littéraire et conscience sociale ; la réception parfois inégale des œuvres selon leur provenance géographique ; les connotations des adjectifs et compléments de nom accompagnant parfois le substantif « écrivain » : « femme », « noir », « francophone » ; la littérature-monde vue comme les littératures du monde témoignant des différentes réalités du monde, de la variété des cultures, des situations collectives et des cheminements personnels ; les choix et les déterminations linguistiques tels qu’inscrits dans les jeux de pouvoir, les héritages collectifs et les destinées individuelles… Au fond de quoi peuvent discuter les écrivains et que peuvent-ils partager avec le public sinon l’inépuisable questionnement des enjeux sociaux et esthétiques de la création ? Nous vivons des temps qui se demandent quel possible inventer. Il revient peut-être à la littérature de demander au réel de corriger sa copie. Dès lors parler des enjeux qui hantent les jeux littéraires se présente comme une urgence, la deuxième édition du festival Etonnants-Voyageurs Haïti se tenant à un moment où le monde s’ébat dans un système en crise, à un moment aussi où se pose à Haïti la question de la modernité républicaine et de la construction d’une société plus juste.
Si les nombreux prix récoltés par les écrivains haïtiens en l’année 2009 servent à quelque chose, c’est d’aider à ouvrir les yeux du monde sur le réel haïtien en ses difficultés, sur le rêve haïtien en sa vitalité. Le rêve comme le réel se nourrissent de l’échange. Le festival Etonnants-Voyageurs est échange entre écrivains, entre écrivains et grand public, et échange de personne à personne. C’est à cet échange que les associations Etonnants-Voyageurs et Etonnants Voyageurs Haïti, coorganisatrices de l’événement avec la complicité de leurs nombreux partenaires, vous invitent à participer. 


les Haïtiens invités à Saint-Malo
AUGUSTE Bonel

Poèmes (Nouvelle Revue française 576, janvier 2006)

CASTERA Georges

Le coeur sur la main, ill. Mance Lanctôt (Mémoire d’encrier, 2009)

DALEMBERT Louis-Philippe

Transhumance (Riveneuve, 2010) ; Haïti, une traversée littéraire (Philippe Rey, 2010)

FRANKETIENNE

Les affres d’un défi (Vents d’ailleurs, La Roque d’Anthéron, France , 2010) ; Melovivi ou Le piège suivi de Brèche ardente (Riveneuve éditions, 2010)

LAFERRIERE Dany

Tout bouge autour de moi (Mémoire d’encrier, 2010)

LAHENS Yanick

La couleur de l’aube (Éditions Sabine Wespieser, 2008) Prix Millepages 2008

MARS Kettly

Saisons sauvages (Mercure de France, 2010)

MILCÉ Jean-Euphèle

Pase m yon kou foli (Editions des Presses Nationales d’Haïti, 2008)

NOEL James

Le Sang visible du vitrier (Vents d’Ailleurs, 2009), La fleur de Guernica (Vents d’Ailleurs, 2010)

PEAN Stanley

Jazzman (Montréal : Mémoire d’encrier, 2006)

PIERRE Claude C.

Le dit du lierre (Editions Zémès, 2006)

PROPHÈTE Emmelie

Le Testament des solitudes (Mémoire d’Encrier, 2007)

SAINT-ELOI Rodney

J’ai un arbre dans ma pirogue (Mémoire d’encrier, 2004)

TROUILLOT Evelyne

La mémoire aux abois (2010)

TROUILLOT Lyonel

Yanvalou pour Charlie (Actes Sud, 2009) ; Éloge de la contemplation (Riveneuve, 2009)

VICTOR Gary

Saison de porcs ( Mémoire d’Encrier, 2009 ) ; Banal oubli (Vents d’ailleurs, 2008)







 
 
 
 
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