France
Didier Daeninckx est né en 1949 à Saint-Denis, dans la région parisienne. Il suit à Aubervilliers des études jusqu’en seconde pour ensuite devenir ouvrier imprimeur puis animateur culturel. Mais, lecteur boulimique depuis l’âge de treize ans, son profond désir reposait sur l’écriture. Finalement, voulant décidé enfin de son avenir, il devint journaliste (pigiste) dans plusieurs publications municipales et départementales. Touché par le chômage, il se lance dans l’écriture d’un roman noir publié cinq ans plus tard, Mort au premier tour. Une traversée de sept années de mûre réflexion stérile aboutit enfin à la publication de Meurtres pour mémoire qui sera alors suivi de plus de trente autres ouvrages confirmant une volonté d’ancrer les intrigues du roman noir dans la réalité sociale et politique.
Il ne délaisse pas pour autant la jeunesse pour laquelle il écrira des bandes dessinées et des ouvrages dans les collections Syros-Souris Noire, Flammarion et Page Blanche chez Gallimard. Il est également l’auteur de nombreuses nouvelles, de scénarios pour la radio et la télévision.
Didier Daeninckx travaille en tant que journaliste à amnistia.net, un quotidien en ligne d’information et d’enquêtes. Il est un des porte-drapeaux de la littérature noire engagée politiquement. Son inspiration, il la trouve dans les faits divers, la vie quotidienne. C’est un homme qui aime s’imprégner de l’atmosphère du terrain, rencontrer des gens, prendre des photos, des notes. La réalité lui est nécessaire dans la composition de ses fictions. Sa définition du roman noir : " un roman de la ville et des corps en souffrance ". En 1994, la Société des gens de lettres lui a décerné le Prix Paul Féval de littérature populaire pour l’ensemble de son œuvre.
Bibliographie :
Camarades de classe (Gallimard, 2008)
Les baraques du globe (Terre de Brume, 2008)
Levée d’écrou (Imbroglio, 2007)
Histoire et faux-semblants (Verdier, 2007)
Hors limites (Pocket, 2006)
On achève bien les disc-jockeys (Editions La Branche, 2006)
Itinéraire d’un salaud ordinaire (Gallimard, 2006)
Le retour d’Ataï (suite de Cannibales) (Gallimard, 2006)
Le dernier guérillero (Gallimard, 2005)
Boucs émissaires (Les 400 coups, 2005)
Main courante et autres lieux (Gallimard, 2005)
Villes noires : nouvelles (J’ai Lu, 2005)
Les sorciers de la Bessède et autres nouvelles noires (J’ai Lu, 2005)
La route du Rom : une enquête de Gabriel Lecouvreur, dit le Poulpe (Gallimard, 2005)
Nouvelles policières (tome 2) : noire série (Flammarion, 2005)
Le poulpe : nazis dans le métro (J’ai Lu, 2005)
Cités perdues (Verdier, 2005)
Il faut savoir désobéir (Rue du Monde, 2003 - avec l’illustrateur Pef )
12, rue Meckert (Gallimard, 2002)
La mort en dédicace (Verdier, 2001)
Cannibales (Gallimard, 1999)
Le Papillon de toutes les couleurs (Flammarion, 1998 - Premier Prix Goncourt du Livre de Jeunesse)
Zapping (Gallimard, 1992 - Prix Louis Guilloux 1993)
Le Facteur fatal (Gallimard, 1990 - Prix Populiste 1990)
Play-Back (Gallimard, 1986 - Prix Mystère de la Critique 1987)
Le Géant inachevé (Gallimard, 1984 - Prix du Roman Noir 1985)
Meurtres pour mémoire (Gallimard, 1984 - Grand Prix de Littérature Policière 1985, Prix Paul Vaillant Couturier 1984)
Argumentaire de Camarades de classe
La narratrice, Dominique, travaille avec succès dans une agence de publicité.
Son mari, François, approche comme elle de la soixantaine. Cadre dans un groupe pharmaceutique en cours de restructuration, il est miné par la perspective d’un possible licenciement à quelques années de la retraite. Un message arrive un jour sur la boîte électronique de François, provenant d’un ancien ami de lycée qui tente de renouer le contact grâce au site internet " camarades-de-classe.com ". Dominique répond à l’insu de son mari et sollicite les confidences...
Dans la correspondance électronique qui naît s’affrontent des visions contradictoires d’un même passé. Ces anciens gosses d’Aubervilliers, qui fréquentaient la même classe en 1964, ont connu des trajectoires diverses, marquées par Mai 68 et par la culture communiste. L’un est devenu chanteur de charme, l’autre est demeuré stalinien, un autre a tourné escroc au grand cœur, d’autres sont chimiste, universitaire exilé, détective privé, SDF, ou bien mort.
Mais la photo de classe autour de laquelle s’organisent ces retrouvailles virtuelles recèle une énigme d’un autre ordre... En revisitant la banlieue rouge dans la période encore triomphante du parti communiste, Didier Daeninckx nous raconte, avec précision et humanité, l’histoire d’une génération marquée par les bouleversements des années soixante et soixante-dix.
Argumentaire de Les baraques du globe
À partir de la fin des années vingt, la banlieue parisienne se couvre de baraques. Les terrains vagues, les vergers, les terres maraîchères laissent place à l’habitat prolétaire. Ferdinand, le grand-père de Didier Daeninckx, acquiert une parcelle d’un lotissement de Stains appartenant à Émile Grindel, le père du poète Paul Éluard. De nombreux destins vont s’y croiser, ceux de Marie, de Jojo, de Fernand, de Cosette, d’André, de Jean-Lou...
Didier Collobert accompagne ce texte autobiographique de ses propres souvenirs graphiques d’autres baraques, celles qui furent édifiées à Lorient, après les bombardements de 1945. Étrangement, les personnages semblent faire corps avec les dessins de la ville bretonne, quartiers de bois et de tôles aujourd’hui disparus.