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SUAREZ Karla

Cuba

Tropique des silences (Métailié, 2002)

© Francesco Gattoni

BIOGRAPHIE

Jeune auteure cubaine, Karla Suarez se détache du paysage littéraire latino-américain par la singularité de sa voix. Née en 1969 à La Havane, elle s’est ensuite exilée en Italie puis en France et vit aujourd’hui au Portugal. Elle n’a pour autant cessé d’évoquer son pays natal sur lequel elle porte un regard moderne et lucide. En 2007, elle est ainsi désignée comme l’un des jeunes écrivains les plus représentatifs de l’Amérique latine dans le cadre de Bogotá capitale mondiale du livre et du Hay Festival (l’un des plus prestigieux festival international).
Son premier recueil de nouvelles, L’écume, est publié à Cuba vers la fin des années 1990. Alors que plusieurs de ses nouvelles sont adaptées au théâtre et à la télévision, elle se lance dans l’écriture d’un premier roman semi-autobiographique brossant le portrait extraordinairement attachant de la jeunesse cubaine des années 1980. Prix du premier roman en Espagne, Tropique des silences sera présenté à l’occasion des journées scolaires du prochain festival Étonnants Voyageurs.
L’auteure séduit par sa plume originale et directe, par son rythme expressif et sa concision - un style qu’elle a également mis au service d’une exploration des liens unissant texte et images. Dans différents ouvrages, (Lézardes puis Cuba, les chemins du hasard et enfin Rome, par-delà les chemins) ses récits répondent aux monochromes d’un artiste photographe.
Son dernier roman, La Havane année zéro a reçu en France le prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde et le Grand Prix du livre insulaire en 2012. Dans cette histoire racontée comme une énigme mathématique, Karla Suárez met en scène avec brio une société épuisée, à court de vivres et de rêves, où chacun s’efforce cependant de garder intact tout ce qui peut rendre la vie supportable - l’amour, l’amitié, l’avenir.


BIBLIOGRAPHIE

  • Rome, par-delà les chemins (Le bec en l’air, 2014)
  • La Havane année zéro (Métailié, 2012)
  • Cuba : Les chemins du hasard (Le bec en l’air, 2007)
  • Lézardes (Husson, 2007)
  • La Voyageuse (Métailié, 2005)
  • Tropique des silences (Métailié, 2002)
La Havane année zéro

La Havane année zéro

Métailié - 2012

Cuba, 1993. C’est la crise, on ne trouve plus grand-chose à manger, et faute de carburant tout le monde roule à vélo. Julia, la narratrice, est une jeune prof de maths, qui enseigne dans un lycée technologique. Elle navigue entre trois hommes, trois histoires, toutes différentes, et qui vont se retrouver curieusement mêlées. Euclides, son ancien prof de faculté, ex-amant, est brisé par l’exil de ses enfants. Angel est un bel amoureux qui en outre dispose d’un appartement dans le quartier du Vedado, en plein centre-ville – un luxe rare à l’époque. Leonardo est un écrivain à lunettes, grand amateur de rhum et affabulateur de première.
Tous ces personnages sont fascinés par l’histoire d’un certain Antonio Meucci, un Italien émigré à La Havane qui aurait inventé le téléphone avant Graham Bell. Tous souhaitent récupérer le document original qui permettrait de prouver définitivement l’antériorité de l’invention de Meucci sur celle de Bell. Mais surtout, et c’est le plus important : tous mentent, par jeu, par intérêt, par ennui. Coincée entre les trois hommes, la narratrice cherche à démêler le vrai du faux, tout en pratiquant la survie active et quotidienne dans un pays au bord du gouffre.
Dans cette histoire racontée comme une énigme mathématique, Karla Suárez met en scène avec brio une société épuisée, à court de vivres et de rêves, où chacun s’efforce cependant de garder intact tout ce qui peut rendre la vie supportable - l’amour, l’amitié, l’avenir.

Traduit de l’espagnol par françois Gaudry

Revue de presse

Coup de cœur : « (…) Le fil rouge (ou le prétexte) est une enquête sur un Italien qui aurait inventé le téléphone à La Havane, juste avant Graham Bell. Mais le roman, touffu, dense étourdissant, vaut pour la cruelle peinture sociale de ces années-là, de la main de la narratrice, professeur de maths. » T.C. Le figaro littéraire.

« Dans cet Au nom de la rose sauce cubaine construit comme une énigme mathématique, Karla Suarez insuffle l’énergie de la survie, l’humour, l’envie de rêver, de faire l’amour, dans la lignée des chefs-d’œuvre nés du manque, du désastre. » Emmanuelle de Boysson, Marie Claire.

Coup de cœur : « Une véritable leçon de vie, sur le fait de chercher le meilleur de chaque situation, que le pire n’est pas éternel et qu’un jour où l’autre tout s’arrange, que la vie est une question de choix et comme dirait Julia de « point de bifurcation ». Une fois de plus un petit bijou et un très bon moment de lecture » Anne-Sophie, Librairie Mis en page.

« Karla Suárez dresse le portrait d’une Havane troublante en cette année de disette, ravagée par le désespoir. Avec ses personnages énigmatiques et ses hypothèses historiques, elle nous tient en haleine avec cette enquête pleine de rebondissements. » Betty Trouillet, Les incorruptibles.

Rome, par-delà les chemins

Rome, par-delà les chemins

Le Bec en l’Air - 2014

« Amour et fascination sont deux choses différentes. L’amour arrive lentement, en toute inconscience, et il court le risque de durer ; la fascination est instantanée et souvent éphémère. Sur ce point, Rome en sait plus long que moi, voilà sans doute pourquoi elle m’a séduite lentement, me tendant des pièges pour m’obliger à revenir : les papiers en règle, les amis, les amours. »
Après Cuba, les chemins du hasard, paru dans cette collection, l’écrivaine cubaine Karla Suárez et le photographe italien Francesco Gattoni mêlent à nouveau leurs regards. Les voici à Rome, ville natale du premier, bien connue de la seconde qui pourrait être finalement la plus romaine des deux.
Tous les chemins mènent à Rome… mais ils peuvent aussi mener beaucoup plus loin et parcourir les siècles. En réalité, nous rappelle Karla Suárez, le sens d’un chemin dépend des pas de celui qui l’emprunte, parfois il conduit à la ville, parfois il s’en éloigne, et c’est dans ce va-et-vient constant de l’histoire que Rome est devenue peu à peu éternelle.

Traduit de l’espagnol par Claude Bleton.


Revue de presse

« Peut-on encore dire des choses nouvelles sur Rome ? Dès les premières pages de ce petit livre, la romancière cubaine Karla Suárez apporte la réponse : « Bien souvent, la nouveauté n’est pas dans les choses elles-mêmes mais dans leur façon de se relier entre elles. » Et c’est bien ce qu’elle fait avec son ami photographe Francesco Gattoni : mettre en rapport l’héritage de la Rome la plus antique avec la réalité contemporaine de cette ville qui ne se laisse jamais écraser par son passé. » Goubert Guillaume, La Croix.


Cuba, les chemins du hasard

Cuba, les chemins du hasard

Le Bec en l’Air - 2007

« Tu es, Havane, les corps de tes gens, la chaleur sur l’épiderme, la caresse d’une main, les regards lascifs. Tu es cette envie de rire tout le temps, même de nous-mêmes. Tu es le type assis au bord du trottoir, attendant qu’une femme passe pour lui lancer : « Hé ! la fille, on va te faire ta fête ! » Tu es le sourire de la femme, les déhanchements de son corps. Le vieux qui chante en marchant. La vieille qui fume sous le porche. Les ombres de tes arbres. La musique qui fuse aux fenêtres. Le bruit. Le voisin qui invoque les saints afro-cubains, que Changó nous protège et qu’Elegguá nous ouvre les chemins. »
Sans nostalgie, à travers des chroniques sensibles et autobiographiques, Karla Suárez raconte Cuba et dialogue avec les photos de l’Italien Francesco Gattoni dans un voyage à la fois drôle et imprévisible. Ses souvenirs, racontés avec un détachement joyeux, constituent un prolongement littéraire insolite à la découverte de son pays.

Traduit de l’espagnol par Claude Bleton


Revue de presse

« Dans Cuba, les chemins du hasard Karla vous raconte sans nostalgie mais avec une grande sensibilité et parfois beaucoup d’humour, son île natale. Des textes, des souvenirs, des chroniques sensibles, accompagnés des magnifiques photos noir et blanc de Francesco Gattoni. » Marc Fernandez, Revue Ulysse.


Tropique des silences

Tropique des silences

Anne-Marie Métailié - 2002 - 2002

A la Havane, une petite fille aux cheveux crépus négocie le difficile tournant de l’enfance à l’adolescence, dans une famille condamnée à la cohabitation par les conditions sociales du pays : un père officier de toutes les guerres de la Révolution, une mère argentine droguée au tango, une tante amateur d’opéra, un oncle masseur et une grand-mère gardienne de la morale. L’enfant va peu à peu découvrir que tout le fragile édifice familial ne tient que sur le mensonge, à commencer par ses origines à elle.
Celle qu’on a surnommée P’tit Mec fuit la famille pour les amis de son âge, fréquente les fêtes des années 80, les débats où l’on refait le monde, et goûte à la drogue, loin de l’apocalypse annoncée du système politique. Également étrangère à cet univers, tout aussi faux que celui de sa famille, l’adolescente cherche sa voie dans la solitude et le silence.

Traduit de l’espagnol par François Gaudry


Revue de presse

« Son écriture est nerveuse, maigre, elliptique. Un écrivain est né. Stop. Félicitations. Stop. Attendons la suite sans crainte ni tremblement. » François Kasbi, Le Figaro littéraire.

« Tropique des silences décrit bien l’univers de l’enfance. Petite fille qui se réfugiera dans le silence et la solitude parce qu’on ne lui a pas donné envie de devenir adulte. Le roman ne manque aucune scène importante. Tout est juste. La chute du toit de l’école, la perte de la virginité, les soirées cubaines, l’aveu du père, l’apprentissage de l’écriture. Karla Suarez parle bien de l’entre-deux. Quand tout pourrait être possible mais quand rien ne l’est vraiment. Et ce roman, qui devrait être sombre tant il brosse le portrait d’une adolescente en non-devenir, réussit à faire souffler le vent de l’ailleurs. On y voit, non pas encore tout à fait la victoire de la vie, mais la manière dont l’idée de la mort a été repoussée. » Marie-Laure Delorme, Journal du dimanche.

« Beaucoup d’échos autobiographiques dans ce premier roman sensible où une femme de 30 ans, seule avec son chat à la Havane, conte son enfance et sa jeunesse. Dans la maison, il y a eu son père, militaire ; sa mère, une Argentine qui a fini par retourner au pays, son oncle, sa tante, et ses amis. La maison est seule. La femme écoute de la musique fort, car « monter le son est la solution du désir », puis s’enfonce dans le silence, inviolable et immobile comme une île à la dérive. » Liberation.

« On rit beaucoup dans ce premier roman de Karla Suarez. (…) La plume est directe, le regard lucide. En filigrane de la vie de la narratrice, s’esquisse une fresque de la société cubaine des trois dernières décennies : l’euphorie des années 70, le divorce entre les procastristes et les traîtres réfugiés à Miami, la guerre d’Angola, l’écroulement du bloc de l’Est qui précède inévitablement celui de l’île, l’angoisse des jeunes Cubains face au monde occidental « nous sommes des pigeons le bec ouvert, parce que nous n’avons jamais eu à chercher de brindilles pour faire le nid ». Un livre attachant pour lequel son auteur a reçu en Espagne le Prix du premier roman. » Alexie Lorca, Lire.