WOMERSLEY Chris

Australie

La Compagnie des artistes (Albin Michel, 2016)

© D.R.

L’attraction qu’exerce le mal sur l’être humain fascine l’Australien Chris Womersley et nourrit son univers sombre, servi par une écriture à la fois visuelle et captivante, plébiscitée par le public et la presse. Aux descriptions crues, le romancier né en 1968 préfère les métaphores évocatrices et ménage toujours assez d’espace au lecteur pour qu’il projette dans ses livres son propre imaginaire.
Low Road, son premier roman, lui a valu d’être récompensé par le Ned Kelly Award en 2008 et est aujourd’hui traduit en français sous le titre La mauvaise pente. Projet esthétique d’une noirceur tempérée par la mélancolie, ce beau roman terriblement fascinant met en scène des personnages partagés entre la quête d’une rédemption et la fatalité de leur destin.
Comme un hommage aux Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, qu’il affectionne particulièrement, Chris Womersley a écrit Bereft (Les Affligés) dans un style gothique, empreint de mystère. Tout en contrastes, ce second roman plusieurs fois primé (Australian Book Industry Award for Literary Fiction, Indie Award for Fiction) a définitivement installé Chris Womersley dans le paysage littéraire australien. Exploitant le matériau sombre de l’époque tourmentée de l’après Seconde Guerre mondiale en Australie, Bereft est un roman intense, hanté par des personnages complexes, qui résonne longtemps après sa lecture.
Auteur prolifique de nouvelles parues dans diverses revues australiennes (The Monthly, The Australian Literature Review, Griffith Review, The Age), Chris Womersley alimente par ailleurs un site internet où l’on peut lire certains de ses textes, dont The Possibility of Water, nouvelle récompensée en 2007 par le Josephine Ulrick Literature Prize.

Il signe cette année un superbe roman d’apprentissage au suspens entêtant, dans le Melbourne vibrant et underground de la fin des années 1980. Un troisième roman fortement attendu par le public français.


Bibliographie :

  • La Compagnie des artistes (Albin Michel, 2016)
  • La Mauvaise Pente (Albin Michel, 2014)
  • Les Affligés (Albin Michel, 2012)

À consulter : le site de Chris Womersley.

La compagnie des artistes

La compagnie des artistes

Seuil - 2016

Melbourne, 1986. A dix-huit ans, Tom Button a quitté sa campagne natale pour venir étudier à l’université, profitant de l’appartement dont ont hérité ses parents à la mort de sa tante Helen. Le logement est situé dans une résidence des années 1930 un peu décrépite baptisée « Cairo », au sein de laquelle il fait la connaissance d’un musicien excentrique, de son épouse et de leur grand cercle d’amis artistes. Sous le charme de ces originaux dont le style de vie le fascine, totalement émerveillé par l’énergie qui fait vibrer la capitale culturelle et artistique de l’Australie, Tom se laisse happer par cet univers de fêtes et de mondanités et perd progressivement pied avec la réalité. Lorsqu’il commence à entrevoir la vérité, il comprend que ses amis si charismatiques ne sont peut-être pas ce qu’ils prétendent être ; pourtant, il ne parvient pas à se libérer de leur emprise et se retrouve complice d’opérations dangereuses et risquées, dont l’un des vols de tableau les plus célèbres du XXe siècle : La femme qui pleure, de Picasso.
Dans ce nouveau roman, tout entier construit autour du regard du jeune Tom Button, Chris Womersley s’attache à questionner le vrai et le faux tout en évoquant avec émotion la jeunesse, ses illusions et ses tourments, ses rêves et ses déceptions. Dominé par un suspense psychologique entêtant, dans un milieu où il ne faut jamais se fier aux apparences, La compagnie des artistes est un superbe roman d’apprentissage où la beauté de l’écriture est aussi bouleversante que la justesse de ses personnages.

La mauvaise pente

Albin Michel - 2014

« Aussi téméraire que Cormac McCarthy et subtilement pervers que Ian McEwan, La mauvaise pente nous surprend et nous épate. »
The Australian Financial Magazine

Lee, un petit voyou d’une vingtaine d’années, se réveille dans un hôtel miteux, à la périphérie d’une grande ville australienne, avec une balle dans le ventre et une valise pleine de billets, sans avoir le moindre souvenir de ce qui a bien pu se passer. Il trouve à son chevet Wild, un médecin morphinomane qui tente d’échapper au désastre de sa propre existence. Ces deux hommes établissent vite une camaraderie de circonstance et décident de trouver refuge dans la maison de campagne d’un confrère de Wild.
Alors qu’ils quittent la ville, ils développent une intimité malhabile, revisitant inévitablement le passé auquel ils tentent chacun d’échapper. Lee est hanté par son séjour en prison, tandis que Wild fuit un procès pour erreur médicale.
Mais Lee et Wild ne sont pas seuls : Josef, un gangster vieillissant, s’est lancé à leurs trousses bien décidé à récupérer l’argent et à s’occuper une fois pour toutes de Lee., afin de pouvoir lui-même rester en vie. Ces trois hommes se retrouvent face à eux-mêmes et à cette vérité qu’ils auraient préféré ignorer.
D’une grande noirceur, La mauvaise pente est un roman captivant et fort, servi par la beauté de son écriture.

Traduit anglais (Australie) par Valérie Malfoy


Bereft

Albin Michel - 2012
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1919. La Grande Guerre est enfin terminée mais la grippe espagnole fait des ravages à travers l’Australie. Les écoles sont fermées, des hommes en armes parcourent les campagnes pour imposer la quarantaine et les déplacements sont strictement interdits. Certains disent que le monde est arrivé à sa fin.
Quinn Walker, un soldat démobilisé, retrouve la petite ville de Flint, en Nouvelle-Galles du Sud, qu’il a fuie dix ans plus tôt quand on l’a faussement accusé d’un crime effroyable. Persuadé que son père et son oncle le pendront s’ils le peuvent, Quinn rend clandestinement visite à sa mère mourante et se cache dans les collines avoisinantes. C’est là qu’il rencontre une mystérieuse jeune fille, Sadie Fox, qui l’encourage à demander justice et semble en savoir plus qu’elle ne le devrait sur son supposé crime.
Roman sombre et lumineux à la fois, où il est question d’amour, de rédemption, de regret et de vengeance autant que portrait d’une époque tourmentée qui laisse les êtres désemparés, Les Affligés est aussi un livre sur les souffrances qu’inflige la guerre tant à ceux qui partent combattre qu’à ceux restés derrière pour toujours.

Interview (anglais) :

Revue de presse :

" Les Affligés peut être lu de bien des façons : comme roman littéraire, roman gothique, roman noir… Quoi qu’il en soit, c’est un livre brillant, déchirant, qui devrait toucher un vaste lectorat. Pour le dire simplement, c’est l’un des meilleurs romans que j’ai lus cette année. "
Overland Journal

" Chris Womersley confirme qu’il est l’un des écrivains les plus talentueux et originaux de la littérature contemporaine. Peu de romans récents, australiens ou non, ont autant d’éloquence, nous surprennent ainsi avec leur univers. Les Affligés est un livre remarquable. "
The Sydney Morning Herald

" Superbement écrit, Les Affligés se dévore littéralement, tout en portant une réflexion passionnante sur le deuil et la culpabilité, sur la nature des histoires que l’on raconte et sur ce en quoi nous devons croire pour pouvoir survivre. "
The Age

" Un livre magnifique et obsédant qui va faire découvrir un excellent jeune écrivain australien à tous les lecteurs qu’il mérite. "
The Courier Mail

La mauvaise pente - Chris Womersley

Saint-Malo 2014

Avec Chris Womersley.
Animé par Eduardo Castillo.


Asie-Pacifique : nouveau centre du monde ?

Avec Rhys Graham, Tash Aw, Xialong Qiu, Chris Womersley, Xiaoping Zhou, Moetai Brotherson - Saint-Malo 2012

Avec Rhys Graham, Tash Aw, Xialong Qiu, Chris Womersley, Xiaoping Zhou, Moetai Brotherson


En terre inconnue

Avec Marc de Gouvenain, Maarten Troost et Chris Womersley - Saint-Malo 2012

Une rencontre entre Marc de Gouvenain, Maarten Troost et Chris Womersley animée par Keren Elkaïm.