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Les écrivains

TEJPAL Tarun Jit

Inde

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- Biographie
- Bibliographie
- Présentation de Histoire de mes assassins

Biographie

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Tarun Jit TEJPAL

Grande figure des lettres indiennes, Tarun Jit Tejpal est à l’origine un journaliste militant doublé d’un éditeur casse-cou. Après avoir quitté son poste de rédacteur en chef à Outlook, il lance en 2000 Tehelka.com, un magazine d’investigation en ligne qui met rapidement à jour une vaste affaire de corruption impliquant le gouvernement, au point de contraindre le ministre de la Défense à la démission en 2001. Tehelka fait sensation mais dérange : la police fouille les locaux, procède à des arrestations… Tandis que le journal est progressivement démantelé, Tejpal, menacé de mort, est obligé de se barricader chez lui, protégé par des gardes du corps.

Cette période tourmentée déclenche chez lui un puissant besoin de fiction : il se lance dans la rédaction de Loin de Chandigarh, un roman-fleuve dans la plus pure tradition indienne, qui revisite l’histoire du pays à travers le destin d’une américaine installée en Inde au XIX siècle, dont le journal intime fascine le narrateur du roman par son érotisme débridé.

Salué dès sa parution à Londres, par Naipaul - « Enfin un livre neuf, brillant et original qui nous arrive de l’Inde » - ce roman à succès ne détourne en rien Tejpal de sa volonté de ressusciter Tehelka : début 2004, le journal renaît en version papier et en anglais avant de connaïtre un nouvel essor sur Internet puis le lancement, en 2007, d’une édition en hindi.

Devenu la référence incontournable du journalisme d’investigation à l’indienne, Tarun Tejpal publie en 2009 , Histoire de mes assassins, directement inspiré de son expérience personnelle. Le narrateur, un journaliste, apprend un matin à la radio qu’il a échappé à cinq tueurs, rapidement arrêtés par les autorités. Tandis que le procès se prépare, sa maîtresse enquête, entre en contact avec eux, et se convainc de leur innocence... Dépeignant une société déchirée par les conflits ethniques, religieux et sociaux, Tarun Tejpal signe avec ce second roman un véritable traité romanesque sur l’Inde post-partition.

Avec La vallée des masques (2012) , l’écrivain indien met son talent de conteur au service d’une dissection magistrale de la pensée dogmatique. À travers la description du fonctionnement atroce d’une communauté recluse au coeur de l’Himalaya, l’auteur s’interroge sur la quête de pureté et d’absolu présente en chacun de nous. Par la voix d’un jeune garçon retraçant son parcours initiatique, Tarun Tejpal s’emploie à faire éprouver au lecteur l’étrange séduction des mécanismes sectaires et la tentation de se défaire de toute individualité. « Je voulais que le lecteur en fasse l’expérience, qu’il traverse lui aussi ce chemin ». Servi par une narration efficace, un récit orwellien sur l’utopie et ses dangers.

Le site de l’auteur


Bibliographie :

- La vallée des masques (Albin Michel, 2012)
- Histoire de mes assassins (Buchet-Chastel, 2009)
- Loin de Chandigarh (Buchet-Chastel, 2005)


Présentation de La vallée des masques :

Couverture « J’ai été, un jour, un homme de convictions, volontaire et déterminé. Les autres venaient me consulter pour retrouver un ancrage solide quand leurs cœurs et leurs âmes vacillaient. Un jour…
Aujourd’hui, c’est à l’urgence que je dois faire face. »

Au cours d’une longue nuit où il attend ses assassins, d’anciens frères d’armes, un homme raconte son histoire, celle d’une communauté recluse dans une vallée inaccessible de l’Inde, selon les préceptes d’un gourou légendaire, Aum, le pur des purs…
Figure majeure de la littérature indienne contemporaine, auteur de Loin de Chandigarh, Prix des libraires 2007, Tarun Tejpal explore la société des hommes dans son « inhumanité » et entraîne le lecteur dans une fable philosophique et politique puissante, qui s’impose d’ores et déjà comme une lecture incontournable.

Présentation de Histoire de mes Assassins

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Delhi, de nos jours. Le narrateur, un journaliste très renommé, apprend par un flash d’information qu’il vient d’échapper de justesse à une tentative d’assassinat.
S’agit-il d’un complot fomenté contre lui suite à ses révélations de corruption au sein du gouvernement indien ?
C’est au tribunal, escorté par une escouade de policiers et une équipe de juristes, que cet homme, qui ne connait rien de ses assassins, va peu à peu découvrir leur vrai visage…
Tout oppose les existences de ces criminels venus des entrailles de l’Inde rurale prêts à frapper pour quelques roupies, à celle du journaliste qu’ils doivent éliminer.

Des avenues de Delhi aux petites bourgades du nord du pays, on découvre les trajectoires violentes de Chaku (le tueur au couteau), Kabir (l’héritier musulman de la Partition sanglante de 1947), Kaliya et Chini qui vivent et volent dans la gare depuis l’enfance, sans compter Hathoda Tyagi (connu pour réduire la cervelle de ses victimes à coup de marteau). Ces cinq assassins, nés dans la cruauté et l’environnement innommable des masses indiennes, marqués par leur orgine ont tous en commun d’avoir perdu trop tôt l’âge d’or de leur innocence…

En redonnant une dignité et une identité à ces cinq anonymes perdus dans l’immensité de la population indienne, TT les érige en martyrs devenus les symboles des grandes failles de l’Inde moderne. Il dénonce ainsi le système des castes, les conflits religieux persistants, la corruption et la misère…

Résumé de Loin de Chandigarh :

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L’histoire, à la fin du XXe siècle, d’un jeune couple désargenté, mais passionnément amoureux. Obsédés l’un par l’autre, ils quittent la petite ville de Chandigarh pour la grande ville, New Delhi, dans laquelle le narrateur, qui rêve d’écrire un grand roman indien, travaille d’arrache-pied, ne s’interrompant que pour assouvir le désir qu’il a pour sa jeune épouse.
Nous sommes à la fin des années 1990, en Inde, dans une étrange maison du nord de l’Uttar Pradesh, sur les contreforts de l’Himalaya, non loin du Népal. Le narrateur, journaliste et écrivain à ses heures et sa femme Fizz avec laquelle il vit une passion amoureuse depuis près de 15 ans viennent d’y emménager. C’est une maison hantée et fort décrépite qu’ils ont achetée. Pendant les travaux de restauration, ils tombent sur une cache derrière l’un des murs de pierre ; au fond de la cache, un grand coffre en bois cerclé de fer contenant soixante-quatre carnets reliés en cuir sombre. Les pages de chaque carnet sont couvertes d’une petite écriture ronde et serrée. C’est le journal d’une vie, tenu par le précédent propriétaire de la maison ; il s’agit en fait d’une femme, Catherine, une Américaine née à Chicago à la fin du XIXe siècle, morte en 1942 dans cette maison.
Ce journal devient le roman dans le roman, le narrateur-écrivain a enfin trouvé sa muse : au début du XXe siècle, Catherine quitte Chicago pour Londres, puis pour Paris où elle rencontre son futur mari, Syed, un bel et mystérieux Indien, nawab fortuné de Jagdevpur et homosexuel, qui la ramène en Inde en lui demandant d’assister à ses ébats avec ses domestiques. L’un d’eux, Gaj Singh, devient son amant avec lequel, dans cette maison juchée sur un éperon des contreforts himalayens, elle vivra une passion tragique.
Le narrateur-écrivain en reconstituant entièrement, et en s’y investissant dangereusement, la vie tumultueuse de Catherine, parvient à écrire une ambitieuse saga indienne au cours de laquelle on croise Gandhi, Nehru, les derniers jours du Raj, les horreurs de la partition entre l’Inde et le Pakistan à la suite de l’Indépendance en 1947, tout en avançant dans son roman, il détruit son mariage.


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Tarun Jit Tejpal, Etonnants Voyageurs 2010 Tarun Jit Tejpal, Etonnants Voyageurs 2010