Djibouti
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Biographie
Bibliographie
Présentation de : Le Passage des Larmes

Éloigné de sa terre natale pour un « exil provisoirement définitif » comme il aime à le rappeler, le plus normand des écrivains djiboutiens, nouvelliste, poète et romancier, fait partie de la jeune génération d’auteurs des éditions Étonnants Voyageurs à Bamako. Lyrisme, fable et malice font le charme de son écriture, il joue avec les mots et leur pouvoir, réinterprète les images et les symboles pour redonner de la voix et de l’orgueil à un continent en marge de l’Histoire depuis la décolonisation.
Abdourahman A. Waberi a « l’ identité multiple », il naît français en 1965 à Djibouti, toujours sous l’autorité de la France, mais se retrouve djiboutien au moment de l’indépendance du pays en 1977. Il étudie en France et y enseigne l’anglais, puis se marie en 1991 en Normandie, ce qui lui redonne la nationalité française. Critique politique proche de l’opposition, dans la continuité du célèbre Nuruddin Farah, il garde des rapports complexes et tendus avec la République de Djibouti, ses publications engagées traquent la réalité du quotidien de la Corne d’Afrique et dénoncent avec virulence les déchirements et les errances d’un pays à la dérive, dépossédé de son passé et de ses traditions. Son œuvre, tout comme son appel au boycott à l’élection présidentielle d’Ismaël Omar Guelleh président sortant et unique candidat en 2006, lui ont valu les représailles de la presse gouvernementale de son pays d’origine.
Dans sa trilogie Tentative de définition de Djibouti qui comprend Le Pays sans ombre, Cahier nomade et Balbala (Serpent à plumes, 1994-1996-1998), il superpose contes, légendes, récits documentaires et extraits d’articles de journaux pour dresser une fresque impressionniste d’un pays terrassé par les fièvres, les famines, la corruption et les guerres. Largement primé, il a reçu pour son premier ouvrage, Le Pays sans Ombre, le Grand Prix de la nouvelle francophone de l’Académie Royale de Langue et Littérature Française de Belgique et, en 1996, le Grand Prix de l’Afrique noire pour Cahier nomade.
Saisi par l’urgence de rendre compte du génocide survenu au Rwanda et par devoir de mémoire, il publie en 2000 Moisson de crânes (Le Serpent à Plumes), un essai mâtiné de fiction qui décrit avec force la peur, le dénuement et l’horreur des massacres. Puis, en 2001, il publie Rift Routes Rails, variations romanesques (Gallimard), et Transit (Gallimard, 2003), deux textes sur la tentation perpétuelle de la migration et de l’exil des victimes des guerres civiles.
Dans son troisième roman, Aux Etats-Unis d’Afrique (Claude Lattès 2006), Abdourahman Ali Waberi inverse les données économiques et géopolitiques du monde. L’Afrique, nation fédérée en États riches et modernes, pays leader mondial, domine désormais l’Europe et l’Amérique rongées par la misère et les guerres ethniques. Fable utopique ou miroir inversé, l’épopée jubilatoire de la petite Maya, exilée de la Normandie miséreuse joue avec les images et met à mal les préjugés.
Abdourahman Ali Waberi est signataire du Manifeste pour une Littérature-Monde, ses récits, nouvelles et articles sont traduits une dizaine de langues, il a également été publié par des journaux et revues tant africains qu’internationaux ( Courrier International, Libération, Le Monde, Le Monde diplomatique, Il Manifesto, Jeune Afrique, Il Straniero, Le Courrier de Genève, Frankfurter Rundschau, Grand Street, The Mail & Guardian, The Literary Review, Harper’s etc) et dans une vingtaine d’anthologies.
En 2006 il est lauréat de la plus prestigieuse bourse de création allemande Berliner Kunstlerprogramm DAAD (catégorie littérature), ce qui lui permet de partir en résidence d’écrivain à Berlin durant un an.
Dans son dernier roman, Passage des larmes (Lattès 2009), Waberi dresse une peinture poétique et polyphonique de Djibouti à travers l’histoire de Djibril, un intellectuel de Montréal, de retour au pays pour une mission d’espionnage, après dix huit ans d’exil. Entre autoportrait et réflexion sur le temps et la mémoire, l’auteur rend un bel hommage au philosophe allemand Walter Benjamin et décrit le roman actuel d’un pays devenu la plus grande poudrière du monde après l’Afghanistan et l’Irak.
En 2010, Abdourahman A. Waberi présente un recueil de nouvelles réunissant des récits d’auteurs d’Afrique et du monde, qui dressent un portrait du contient noir à travers une même passion : le football.
Lien
Roman :
Passage des larmes (JC Lattès, 2009)
Aux Etats-Unis d’Afrique (JC Lattès, 2006)
Transit (Gallimard, 2003)
Balbala (Serpent à plumes, 1998)
Nouvelles :
Enfants de la balle, Nouvelles d’Afrique, Nouvelles de foot (collectif, (JC Lattès, 2010)
Dernières nouvelles de la Françafrique (collectif, Vents d’ailleurs, 2003)
Rift, routes, rails (Gallimard, 2001)
Moisson des crânes (Serpent à plumes, 2000)
Cahier nomade (Serpent à plumes, 1996 - Grand prix littéraire d’Afrique Noire)
Le pays sans ombre (Serpent à plumes, 1994 - Grand Prix de la nouvelle francophone de l’Académie Royale de Langue et Littérature Française de Belgique)
Poésie :
Mes nomades, mes frères vont boire à la Grande Ourse, 1991-1998 (Hachette Education, 2000)
L’œil nomade, voyage à travers le pays Djibouti (L’Harmattan, 1997)
Conte :
Bouh et la vache magique (Edicef / Hachette Livres, 2002, avec Pascale Bougeault)

Djibril a quitté Djibouti depuis de longues années. A Montréal, il est devenu un homme neuf : le pays de son enfance n’est plus pour lui qu’une terre étrangère, poussiéreuse, un terrain vague. Employé par une agence de renseignement, il doit pourtant y retourner pour une mission de quelques jours. Djibouti est devenu un enjeu géostratégique majeur : la France, les Etats-Unis, Dubaï, les islamistes se disputent ce morceau de basalte. Djibril n’a que faire de leurs querelles mais il se sent trahi par ce pays né, comme lui, un 17 juin 1977, jour de l’Indépendance. Les plaies s’ouvrent, les fantômes des siens viennent le hanter, son enquête piétine. Chaque jour, il se laisse entraîner sur les chemins dangereux de la mémoire. De sa prison cachée sur les îlots du Diable, au large de Djibouti, Djamal, le frère jumeau de Djibril, né quelques minutes après lui, a appris le retour de son aîné prodigue : il le suit en pensée où qu’il aille, l’interpelle, ne le laisse pas en paix. On ne revient pas impunément sur les traces de son passé.
Un très beau roman où il est question du temps, de l’exil et de la figure mythique de l’écrivain Walter Benjamin qui hante l’imaginaire de ces deux frères perdus. Abdourahman A. Waberi compose un récit sensible, haletant et poétique et nous fait traverser de part en part ce pays de sables, d’îlots et de passages.
Revue de presse
Interview de l’auteur sur le site Étonnants Voyageurs
La chronique de Passage des larmes par Philippe Vallet sur France Info
Passage des larmes parmi les Coups de cœur des librairies Filigranes
Article sur Le Matricule des Anges
Article sur Africulture
Présentation de Enfants de la balle, Nouvelles d’Afrique, Nouvelles de foot :
Les onze écrivains réunis dans ce recueil sont d’Afrique et du monde entier. _Ils viennent d’Algérie, du Maroc, de Djibouti, du Congo, du Soudan, du Sénégal, du Togo, du Nigéria, de l’Île Maurice et d’Afrique du Sud. Qu’ils vivent à Lomé ou à Los Angeles, à Paris, à Barcelone ou à Lagos, tous nourrissent pour le football une passion sinon un intérêt évident. Ce sport roi est le fil d’Ariane qui relie tous ces récits et les univers étranges, hantés, innocents ou flamboyants que les auteurs déploient d’une plume sûre. Certains auteurs ont été de véritables joueurs, d’autres sont des amateurs, joueurs du dimanche, experts scripturaires en matière footballistique. Le plaisir de lire chemine avec celui de jouer ou d’apprécier un bon match. _Réunis et présentés par l’écrivain Abdourahman A. Wabéri, ces nouvelles sont autant de portraits du continent africain : des enfants des rues qui jouent au foot dans la poussière aux joueurs professionnels qui rêvent des grands clubs européens, en passant par les supporters électriques.
Présentation de Aux Etats-Unis d’Afrique :

La Fédération des Etats-Unis d’Afrique prospère avec ses centres boursiers, ses mégalopoles, ses savants et ses artistes réputés, indifférente au sort des millions de réfugiés de la sanglante et désolée Euramérique qui se pressent à ses frontières ou viennent s’échouer sur les plages d’Alger et de Djerba. Le chemin vers cette terre promise africaine, Maya l’a déjà emprunté, il y a bien longtemps. Elle a été arrachée à la misère et à la faim par un homme providentiel, Docteur Papa, alors en mission humanitaire en Normandie. Il l’adopte et l’emmène à Asmara, en Erythrée. Mais à présent Maya doit partir, retrouver l’Europe et ses maux, se rapprocher des siens. Elle entame un long et douloureux périple vers les terres sombres et misérables qui l’ont vu naître.
DEL VALLE Ignacio
Empereurs des ténèbres (Phébus, 2010 ; Alfaguara, 2006) |
HEUET Stéphane
La Petite Bibliothèque maritime (Arthaud, 2010) |
DIAMANKA Souleymane
L’hiver Peul (Barclay, 2007) |
SANBAR Elias
Dictionnaire amoureux de la Palestine (Plon, 2010) |
VAN CAUWELAERT Didier
Thomas Drimm, la fin du monde tombe un jeudi (tome 1) (Albin Michel jeunesse, 2009) |
FLEURY Georges
El Capitan Bouchard (Glénat 2010) |
CLÈRES Christian
La Mer à la folie (Glénat, 2010) |
DIXEN Victor
Le Cas Jack Spark – Saison 1 – Eté mutant (Jean-Claude Gawsewitch, 2009) |