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EREN Azad Ziya

Turquie

Zagros, fils de Chronos (Bleu Autour, 2018)

© Ubeyd ASLAN

D’origine arménienne et kurde, il est l’un des rares jeunes poètes de Turquie dont l’œuvre passe les frontières. Auteur de nombreux recueils de poèmes traduits dans de nombreuses langues, on le découvre aussi essayiste, romancier, dessinateur, peintre et photographe. D’abord enseignant en Anatolie, expérience racontée dans son journal d’un Instituteur de campagne en Anatolie, il a été contraint à l’exil après la tentative de coup d’état de 2016. Cette année, il publie en français un roman fantastique et mythologique sur le thème de l’exil.

Azad Ziya Eren est l’un des rares jeunes poètes de Turquie dont l’œuvre est parvenue à passer les frontières. Fondateur des revues Pitoresk Sanat (Art pittoresque) et Palto Sanat (Art paletot) dédiées à la peinture et à la poésie, il est l’auteur de nombreux recueils de poèmes dont beaucoup ont été traduits en allemand, anglais, arabe, arménien, français, kurde et syriaque. Il est aussi essayiste, romancier, dessinateur, peintre et photographe, sans parler de ses idées de films, qui se concrétiseront peut-être bientôt aux États-Unis où une fondation culturelle vient de lui allouer une bourse.

D’origine arménienne et kurde, Azad Ziya Eren est né le 27 octobre 1976 à Diyarbakir en Anatolie, dans le Sud Est de la Turquie. Après des études de biologie, il devient instituteur et exerce à Sakizköy, un village de sa région natale majoritairement peuplée de Kurdes. Une expérience âpre et difficile, tant humainement que physiquement, qu’il raconte sans faux semblant dans Instituteur de campagne en Anatolie (Bleu autour). Dans la lignée de Mahmut Makal, « instituteur-paysan » qui raconte la même expérience en 1948 dans Un village anatolien, il fait preuve du même réalisme et de la même sincérité dans son journal, sans chercher à sublimer son rôle. Il ne cherche pas non plus à mythifier cette population qui vit dans la misère, réticente ou indifférente à l’éducation qu’il propose, sans égard pour lui ; tantôt méprisé, menacé, il sera même cambriolé. Rien ne semble avoir vraiment changé depuis 50 ans et le livre de Mahmut Makal. Lucide, Azad Ziya Eren expose ses nombreux doutes et sa souffrance dans son journal : « En fait de gratification, l’enseignement vous lamine »

Poète et illustrateur, il commence à publier ses premiers écrits dans des revues à partir de 1997. Deux ans plus tard, il est arrêté et torturé pendant 10 jours, peu après l’arrestation du leader kurde du PKK, Abdullah Öcalan. Aucun crime commis, si ce n’est d’être un intellectuel. En 2003, on lui propose de publier son journal d’enseignant sous forme d’un feuilleton dans la revue Kitap-lik. Son journal publié, les supplétifs militaires du village de Sakizköy se font de plus en plus menacant. Il est alors nommé à Diyarbakir où il exercera pendant 10 ans.

En 2009, il reçoit le prix de poésie Metin Atliok. La même année il est l’invité de l’association rochelaise Larochellivre et réside au Centre Intermondes pour la saison de la Turquie. Également peintre et photographe, Azad Ziya Eren présente à cette occasion une exposition de toiles intitulée La nudité et la poésie. Après un long séjour en France, il expose ses photographies en Turquie en 2010 sous l’intitulé Le Tour de France en 80 jours. Il est l’auteur de monographies sur Paris et les villes turques Diyarbakır et Mardin.

En 2015, Recep Tayyip Erdoğan relance la guerre au Kurdistan. L’école d’Eren est détruite, il est blessé deux fois. Il part pour Istanbul. Après le coup d’État raté de juillet 2016, il perd son emploi d’instituteur comme des milliers d’autres, soupçonnés d’être opposants au régime. Alors qu’il se rendait en France pour une résidence à Saint-Pourçain-sur-Sioule, son passeport et ceux de sa famille sont confisqués à l’aéroport le 19 décembre 2016. Le Maire de La Rochelle, Jean-François Fountaine, intervient à plusieurs reprises auprès des autorités françaises en Turquie afin qu’elles intercèdent auprès de leurs homologues turques et l’autorisent à se déplacer. Ils sont logés depuis leur arrivée dans un appartement appartenant à la Ville de La Rochelle.

Dans le cadre du Printemps des Poètes l’année dernière, une exposition lui est consacrée intitulée Un fil tendu vers Azad Ziya Eren. En France, c’est notamment grâce aux éditions Bleu autour qu’on a pu découvrir le travail d’Azad Ziya Eren. Il y a d’ailleurs publié l’année dernière son journal d’un Instituteur de campagne en Anatolie, la chronique du village turc de Sakizköy où il prend ses fonctions en 2002 au sortir de l’université. Cette année, il fait publier en français son premier roman chez Bleu Autour : Zagros, fils de Chronos. L’histoire de Zagros, enfant kurde, contraint à l’exil avec sa famille de tisserands de kilims après l’assault de son village. Le tragique de l’exil est de tous les temps, nous dit ce roman fantastique et moderne, mythologique et littéraire, où apparaissent le paon sacré des Yézidis, la capitaine Achab de Moby Dick, le prince Dakkar (alias capitaine Némo) de Jules Verne, et les yeux profonds comme les mers des étonnants voyageurs de Baudelaire…


Bibliographie sélective en langues étrangères :

  • Zagros, fils de Chronos (Bleu Autour, 2018)
  • Instituteur de campagne en Anatolie (Bleu Autour, 2017)
  • Graine à queue récit d’enfance, Italique, poème extrait du receuil Yitik Baykus, (éd. Noktürn, 2012), parus dans le receuil de récits inédits Une enfance turque, éd. Bleu Autour, 2015.
  • Sur les chemins mystérieux, Portrait d’un philosophe, La formation obligatoire, Élections et subsistance, extraits du Journal de Sakizköy (YKY 2004) parus dans L’autre Turquie (reportages littéraires), éd. Galaade, Paris 2014)
  • Poème (Eau-robuste) pour Ilhan Berk, (YKY 2009), J’ai vu la mer, revue Siècle 21 n°15, 2009 et repris revue Confluences poétiques, juin 2012.
Zagros, fils de Chronos

Zagros, fils de Chronos

Bleu Autour - 2018

Zagros, enfant kurde, voit sa ville assaillie par les forces du mal et se trouve jeté sur les chemins de l’exil avec sa famille de tisserands de kilims. Les voici bientôt ballotés par les mers où les enfants perdent le sillage des parents. Zagros grandira trop vite au fil de son périple entre le golfe Persique et l’Atlantique. Il croise les noirs desseins du capitaine Achab de Moby Dick. Le Prince Dakkar cher à Jules Verne le mène sur l’île d’Elysion où échouent les petits naufragés d’aujourd’hui. Et le gardien de l’île, Chronos, l’enserre dans sa tenaille… Le tragique de l’exil est de tous les temps, nous dit ce roman fantastique et moderne, mythologique et littéraire, où apparaissent encore le paon sacré des Yézidis et les yeux profonds comme les mers des étonnants voyageurs de Baudelaire…

Traduit du Turc par Jean Lescat

Instituteur de campagne en Anatolie

Bleu Autour - 2017

De la neige jusqu’au ventre, la dépouille d’un loup fichée sur un poteau, une classe qui prend l’eau, des briquettes de bouse séchée pour le poêle, l’hiver 2002 est rude à Sakızköy, village à flanc de montagne où débarque de l’université le jeune instituteur Azad. Il est poète, aussi. Ses vers ont été lus par un éditeur d’Istanbul qui lui suggère d’écrire la chronique de ce village proche de la Syrie et la publiera dès 2003. La voici en français, nourrie de ses lectures (Jack London, René Char…), de son humour, de ses réflexions. Elle nous ouvre à un monde archaïque et désuni. Ici un campement de nomades, là des femmes kurdes au turc hésitant, ailleurs des Yézidis fidèles à l’ange Paon, dans le ciel la guerre du Golfe qui gronde et dans la classe, bien au chaud, un élève qui s’oublie. Un rare et dense témoignage qui fait écho, un demi-siècle plus tard, au fameux récit de Mahmut Makal, Bizim Köy (1950), paru sous le titre Un village anatolien dans la collection “Terre humaine” (Plon, 1963), où il demeure le seul ouvrage consacré à la Turquie.


Tout un monde

Tout un monde

Bleu Autour - 2017

Ce livret présente l’œuvre multiforme de cet artiste né en 1976 à Diyarbakır, dans le sud-est anatolien, d’une famille d’origines arméniennes et kurde, Biologiste de formation et instituteur de profession, Azad Ziya Eren, est l’un des rares poètes de sa génération reconnus en Turquie et à l’étranger. Il est aussi essayiste et romancier, peintre et photographe.
• Découverte de cet artiste, sombre inventif et prolifique, à travers son atelier qu’il installe en 2017 à La Rochelle puis en Auvergne. Il y mettra la dernière main à un roman qui paraîtra à l’automne 2017 chez Bleu autour, Zagros, fils de Chronos, épopée empruntant à Jules Verne et mettant en scène des enfants ballotés dans les mers entre le Proche-Orient et… La Rochelle.
• Auparavant, en mai 2017, il aura publié aux mêmes éditions Instituteur de campagne en Anatolie, un passionnant récit dont de bonnes feuilles figurent dans ce livret. De lui sont déjà disponibles en français ses contributions à l’anthologie de poésie turque contemporaine J’ai vu la mer et au recueil de récits inédits Une enfance turque (Bleu autour, 2009 et 2015).


J'ai vu la mer

J’ai vu la mer

Bleu Autour - 2010

Choix, présentation et traduction du turc : Michèle Aquien, Pierre Chuvin et Güzin Dino, avec Elif Deniz ;
Postface Enis Batur – Dessins Abidin Dino

De la poésie turque, le lecteur occidental connaît l’ancienne poésie du Divan et, pour l’époque contemporaine, le grand Nâzım Hikmet. Après un premier élan avant-gardiste sous influence française, fin xixe, début XXe, c’est lui qui introduisit le vers libre, avec bientôt Orhan Veli, l’un des artisans dans les années 40 du « Premier Nouveau » :

J’étais petit, tout petit,
J’ai jeté ma ligne dans la mer ;
D’un coup grouillèrent les poissons,
J’ai vu la mer.

L’homme de la rue entrait en poésie, désormais affranchie des anciens codes. Dix ans plus tard, s’écartant de ce réalisme nu, les poètes du « Second Nouveau » firent davantage place au « moi », à l’imaginaire. En un siècle de fortes turbulences historiques, ces deux fractures ainsi que les traditions ottomanes et anatoliennes modelèrent une poésie foisonnante, multiforme, populaire. Plus que sous bien d’autres cieux, elle dit le pays et l’époque d’où elle sourd, elle est sur les lèvres, elle est vivante.

Ahmet Hâşim ; Yahya Kemal Beyatlı ; Nâzım Hikmet ; Ercüment Behzat Lav ; İlhami Bekir ; Asaf Hâlet Çelebi ;Ahmet Muhip Dıranas ; Cahit Sıtkı Tarancı ; Fazıl Hüsnü Dağlarca ; Orhan Veli Kanık ; Oktay Rifat ; Melih Cevdet Anday ; İlhan Berk ; Behçet Necatigil ; Cahit Külebi ; Salâh Birsel ;Sabahattin Kudret Aksal ; Necati Cumalı ;
Ahmed Arif ; Attilâ İlhan ; Metin Altıok ; Can Yücel ; Turgut Uyar ; Hasan Hüseyin Korkmazgil ; Metin Eloğlu ; Edip Cansever ; Ece Ayhan ; Sezai Karakoç ; Gülten Akın ; Hilmi Yavuz ; Ataol Behramoğlu ; Refik Durbaş ; İsmet Özel ; Nihat Behram ; Mehmet Taner ; Hulki Aktunç ; İzzet Yasar ; Enis Batur ; Tarık Günersel ; Şavkar Altınel ; Salih Ecer ; Lale Müldür ; Ahmet Güntan ; Haydar Ergülen ;Mehmet Yaşın ; Sami Baydar ; Birhan Keskin ; Küçük İskender ; Bejan Matur ; Bünyamin K. ; Azad Ziya Eren ; Gültekin Emre.

L’édition de l’anthologie J’ai vu la mer est soutenue par le Centre national du livre dans le cadre de la Saison de la Turquie en France, dont le commissariat, en liaison avec Le Printemps des poètes, a permis l’invitation en France, début 2010, de plusieurs des poètes turcs contemporains qui y figurent.

Programme


Dimanche

10h00
Les contes de la survie
Café Littéraire

10h50
Signatures

17h15
Aux côtés des Kurdes
Cinéma Vauban – Salle 1 (300 places)
 

Lundi

10h30
De la littérature en exil
Rotonde Surcouf

14h00
Signatures