Ecosse

« Ian Rankin, King of the black Tartan ! » - James Ellroy
Ian Rankin est né dans un petit village qu’il surnomme « Car Dead-end » (impasse pour voiture) au lieu de Cardenden. Dans cet univers à la Ken Loach, petite localité minière de 7000 âmes, on ne le destinait pas à devenir écrivain, tout juste l’encourageait-on à terminer le lycée. C’est l’un de ses professeurs qui remarque son talent et le pousse à s’inscrire à l’Université. Il se rend donc à Edimbourg où il suit des études littéraires, prépare en fin de cycle un doctorat sur la littérature écossaise… Mais la route est longue de Cardenden au trône de Roi du Tartan Noir… Sorti de l’université Ian Rankin collectionne les boulots les plus improbables : vendangeur, porcher, percepteur, chercheur en alcoologie, journaliste musical, secrétaire de collège et surtout musicien punk pour les Dancing Pigs (Les cochons dansant) – celui-là pour la passion, qui ne l’a toujours pas quitté, de la musique.
1986, année décisive. Il se marie et publie en février son tout premier roman, The Flood, roman d’apprentissage inspiré de son propre parcours. Un an plus tard paraît Knots and Crosses (L’Étrangleur d’Edimbourg), premier épisode de la série des enquêtes de l’inspecteur John Rebus, probablement l’un des enquêteurs les plus célèbres de la seconde moitié du vingtième siècle – alcoolique, divorcé, gros fumeur, indiscipliné, toujours en conflit avec sa hiérarchie, fan de rock, lecteur de Dostoïevski, pourfendeur des clichés touristiques attachés à Edimbourg. Rebus, comme dans tout bon polar, n’est au fond que la personnification de la ville qu’il hante « Rebus est comme Edimbourg. Il ne se dévoile jamais complètement. Il garde ses émotions cachées. Chaque livre perce un peu la carapace, mais sans jamais mettre le bonhomme à nu. De la même façon, on ne peut jamais connaître tout à fait une ville comme Edimbourg. »
Pourtant au départ L’Étrangleur d’Edimbourg n’est pour Ian Rankin qu’un roman parmi d’autres qu’il a en projet, pas les prémisses d’une série et même pas particulièrement un polar, quand il lit les critiques et trouve son livre rangé dans les rayons Policiers des librairies il en est même vexé : « J’étais consterné ! Je me disais, je suis en train de préparer un doctorat et je vais devenir un professeur d’anglais d’université, ... et j’ai écrit un roman de série noire. » D’ailleurs son inspiration première pour ce roman, il l’a trouvée chez Stevenson, dans Dr Jekyll & Mr. Hyde…
Alors très vite il passe à autre chose et publie deux romans d’espionnage. Et c’est seulement en 1991, cédant aux sollicitations, qu’il publie le second épisode de la série des Rebus, Hide and Seek (Le fond de l’Enfer) : « je n’étais toujours pas persuadé d’être un auteur de roman policier. Pour moi, je faisais des commentaires sur la vie présente en Écosse, sur ses manies et ses psychoses, sur les défauts de son caractère. Je disséquais une nation. »
Depuis il a écrit près d’une vingtaine d’épisodes de Rebus, a été traduit dans plus de 26 langues, adapté quatre fois à la télévision, et a passé sept ans installé dans le sud de la France d’où il écrivit l’épisode de la série qui lui assura le succès définitif, Black and Blue (L’Ombre du tueur). Décoré de l’Ordre de l’Empire Britannique, docteur honoris causa de quatre universités, il est l’auteur de polars le plus lu au Royaume-Uni. Par ailleurs, Rankin est devenu réalisateur, il a présenté en 2002 un documentaire sur le Mal, et il se passionne toujours pour la musique. Sa définition favorite de lui-même parle toute seule : « rock-star manquée. »
Dans la série, l’inspecteur Rebus approche maintenant les 55 ans, et Rankin a prévenu : « Dans la police d’Edimbourg, les flics prennent leur retraite à 60 ans »… une catastrophe annoncée pour des millions de fans, à tel point qu’une député écossaise a proposé officiellement de repousser l’âge de la retraite des policiers de 60 à 65 ans… Ce qui ne fut heureusement pas voté, mais à quoi la ministre de la Justice répondit que la loi n’interdisait pas aux inspecteurs retraités de venir bénévolement former la relève. Un trait de caractère toutefois qui ne colle pas véritablement avec celui de John Rebus…
Liens :
Le site officiel de Ian Rankin
Bibliographie :
Inspecteur John Rebus :
Fleshmarket Close (Le Masque, 2008, trad. de l’anglais (Écosse) par Daniel Lemoine)
Cicatrices (Le Masque, 2007, trad. de l’anglais (Écosse) par Daniel Lemoine)
Une dernière chance pour Rebus (Le Masque, 2006, trad. de l’anglais (Écosse) par Freddy Michalski)
La Colline des chagrins (Le Livre de poche, 2007, trad. de l’anglais (Écosse) par Daniel Lemoine)
Du fond des ténèbres (Le Livre de poche, 2006, trad. de l’anglais (Écosse) par Aline Azoulay)
La Mort dans l’âme (Gallimard "folio policier", 2005, trad. de l’anglais (Écosse) par Edith Ochs)
Le Jardin des pendus (Gallimard "folio policier", 2004, trad. de l’anglais (Écosse) par Edith Ochs)
L’Ombre du tueur (Gallimard "folio policier", 2003, trad. de l’anglais (Écosse) par Edith Ochs)
Ainsi saigne-t-il (Gallimard "folio policier", 2003, trad. de l’anglais (Écosse) par Isabelle Maillet)
Causes mortelles (Frédéric Witta, Gallimard "folio policier", 2002, trad. de l’anglais (Écosse) par Michèle Witta)
Le Carnet noir (Frédéric Witta, Gallimard "folio policier", 2000, trad. de l’anglais (Écosse) par Michèle Witta)
Piège pour un élu (Le Livre de poche, 2005, trad. de l’anglais (Écosse) par Frédéric Grellier)
Rebus et le loup-garou de Londres (Le Livre de poche, 2005, trad. de l’anglais (Écosse) par Frédéric Grellier)
Le Fond de l’enfer (Le Livre de poche, 2004, trad. de l’anglais (Écosse) par Frédéric Grellier)
L’étrangleur d’Édimbourg (Le Livre de poche, 2004, trad. de l’anglais (Écosse) par Frédéric Grellier)
Sous le pseudonyme de Jack Harvey :
Traqués, Le Masque, 2007
Double détente, Le Livre de poche, 2005
Nom de code : Witch, Le Masque, 2002
Présentation de Fleshmarket Close :
D’où viennent les faux squelettes retrouvés enfouis sous une chape de ciment dans un bar de Fleshmarket Close, ruelle donnant sur l’ancienne halle aux viandes d’Edimbourg ? Il faudra plusieurs enquêtes croisées, comme Rankin sait si bien les tisser, pour le savoir. Rebus, à la recherche du meurtrier d’un journaliste kurde immigré, met au jour un sale trafic de sans-papiers qui débouche sur une exploitation de main-d’œuvre illégale qu’en d’autres temps l’on aurait qualifiée d’esclavage. Et Siobhan Clarke, sa fidèle partenaire lancée sur les traces d’une adolescente disparue, doit élucider le meurtre d’un violeur récemment libéré de prison. Une fois de plus, au passé hanté d’Edimbourg succède un présent honteux. Racisme primaire, mépris total de la dignité humaine et gros bénéfices qui profitent en haut lieu déclenchent chez Rebus une rage intense, et une forte envie de rééquilibrer à sa façon la balance de la Justice.
Dimanche - 17h45 : Polars du monde entier
avec : Moussa KONATE, Ian RANKIN, Naïri NAHAPETIAN, Craig JOHNSON |