Prochaine édition : du 11 au 13 juin 2011
Les auteurs   |   Les livres   |   Les invités films   |   Les invités expo   |   Les invités spectacle   |   Les invités jeunesse   |   Les invités saveurs
 
Invités
 
Les auteurs

Militante de la génération Ho Chi Minh, puis combattante acharnée pour les droits de l’homme, emprisonnée, elle vit aujourd’hui en résidence surveillée à Hanoï. Un immense écrivain, traduite dans le monde entier, interdite de publication dans son pays.

DUONG Thu Huong

Vietnam

partager : 
  envoyer :  envoyer l'article par mail   imprimer :  Version imprimable de cet article
 
JPEG - 47.6 ko
Duong Thu Huong, Etonnants Voyageurs 2007
© Gael Le Ny

Duong Thu Huong est née en 1947 au Vietnam. Issue d’une famille révolutionnaire et membre du Parti communiste, elle fait partie de la génération Hô Chi Minh. À vingt ans, elle dirige une brigade de la jeunesse communiste du mouvement « Chanter plus haut que les bombes », elle est envoyée au front pendant la guerre, sur le 17e parallèle, dans la région la plus bombardée du Vietnam. De retour à Hanoï en 1977, elle devient scénariste pour le cinéma vietnamien. À partir de 1980, alors qu’une de ses pièces de théâtre est censurée, elle conteste violemment la censure et la lâcheté des intellectuels. À partir de 1989, la politique du « renouveau » marquant le pas, Duong Thu Huong devient de plus en plus populaire dans l’opinion publique et de moins en moins acceptée par le pouvoir.

Avocate des droits de l’homme et des réformes démocratiques, elle n’a cessé de défendre vigoureusement, à travers ses livres, ses engagements pour finir par être exclue du Parti en 1990 pour « indiscipline », avant d’être arrêtée et emprisonnée sans procès le 14 avril 1991. Son arrestation provoqua un large mouvement de protestation en France et aux Etats-Unis, dans les organisations de défense des droits de l’homme. Elle fut libérée en novembre 1991, mais dû vivre en résidence surveillée à Hanoï jusqu’en 2006. Malgré cet exil intérieur et bien que ses livres soient désormais interdits de publication dans son pays, Duong Thu Huong reste au Vietnam un des écrivains les plus populaires et les plus discutés. Son œuvre est traduite dans le monde entier.

Arrivée en France en 2006 pour défendre Terre des oublis (Sabine Wespieser éditeur), elle a décidé d’y rester et de se consacrer à l’écriture. Après Itinéraire d’enfance en 2007, Au Zénith, a paru en 2009, toujours aux éditions Sabine Wespieser.

In English
En español


Revue de presse Au Zénith :

Libération Le Figaro Le Figaro Télérama Le Monde des Livres


Bibliographie :

- Au Zénith (Éditions Sabine Wespieser, 2009)
- Itinéraire d’enfance (Éditions Sabine Wespieser, 2007)
- Terre des oublis (Éditions Sabine Wespieser, 2006)
- Myosotis (Éditions Philippe Picquier, 1998)
- Au-delà des illusions (Éditions Philippe Picquier, 1996)
- Roman sans titre (Editions des Femmes, 1992)
- Paradis aveugles (Editions des Femmes, 1992)
- Histoire d’amour racontée avant l’aube (Editions de l’Aube, 1991)


Présentation de Au Zénith :

Au Zénith est le chef-d’oeuvre de Duong Thu Huong : voici un roman qu’elle portait en elle depuis plus de dix ans, où convergent son combat politique et son talent littéraire. En 1953, le président - c’est ainsi que l’auteur le nomme, mais on comprend très vite qu’il s’agit de Ho Chi Minh - tombe éperdument amoureux, à plus de soixante ans, d’une très jeune femme. Avec elle, il fonde une famille, qu’il installe à Hanoi dès la reconquête de la capitale. Mais il n’est pas un homme ordinaire, il est le père de la nation, et quand lui vient le souhait d’officialiser son union, les ministres, dont il a favorisé l’ascension, lui font valoir que cette affaire privée le ferait descendre de son piédestal politique. Le président cède, croyant choisir une légitime raison d’État. De ce jour, sa vie bascule. Sa jeune compagne est assassinée, ses enfants recueillis par des proches, et le pouvoir effectif lui échappe : cachés derrière sa figure tutélaire, ses anciens compagnons construisent un régime dont les fondements sont bien éloignés des combats de leur jeunesse commune.
Pour donner toute sa mesure à ce drame intime et politique, l’écrivain déploie une construction romanesque époustouflante, juxtaposant quatre points de vue narratifs. Celui du président qui, à la fin de sa vie, pendant la guerre contre les Américains, avec pour seuls compagnons les soldats qui le surveillent et les bonzesses de la pagode voisine, tente d’éclairer les méandres de son propre parcours. Celui de son meilleur ami, Vu, qui élève son fils, et dont la propre femme, une ancienne révolutionnaire pure et dure comme lui, symbolise désormais la corruption au pouvoir. Parenthèse bucolique et contrepoint à l’intrigue principale : Duong Thu Huong raconte comment un vieil homme respecté dans son Village des bûcherons est parvenu, non sans difficultés, à imposer son union avec une femme de quarante ans plus jeune que lui. Dernier point de vue : celui du beau-frère de la jeune épouse sacrifiée. Fou de douleur, ce Compatriote inconnu ne survit que pour se venger. Au long de cette fresque impressionnante, l’écrivain - héraut des idéaux bafoués que le président a portés jusqu’au bout - élucide, sans jamais porter de jugement, un destin d’autant plus tragique qu’il s’est joué d’un être bien réel et maître du pouvoir.

Résumé de Itinéraire d’enfance :

Duong Thu Huong évoque ici les tribulations d’une gamine entreprenante et plutôt espiègle dans le Viêtnam de la fin des années cinquante. La jeune Bê, douze ans, vit heureuse auprès de sa mère, professeur dans le bourg de Rêu, au centre du pays. Son père est soldat, en garnison à la frontière nord. Les jours s’écoulent paisiblement, entre les escapades à la rivière, le cirque ambulant où Bê la meneuse entraîne ses camarades, et l’école, où elle révèle déjà un caractère bien trempé, se rebellant vigoureusement contre tout compromis et volant au secours des plus faibles. C’est en cherchant à venger une de ses camarades, victime des assiduités du professeur de gymnastique – elle enferme le suborneur dans les toilettes… – qu’elle finit par être exclue de l’école, alors qu’elle en est une des meilleures élèves. Bê a beau manifester par tous les moyens sa révolte devant tant d’injustice, rien n’y fait, même pas une grève de la faim. Elle décide alors de partir de chez elle pour aller rejoindre son père. Sa meilleure amie Loan, malheureuse du remariage de sa mère avec le chef du bourg, un être cupide et violent, la suit sans hésiter dans ce qui va devenir un sacré périple.

C’est un véritable voyage initiatique que relate Duong Thu Huong : au fil des rencontres, des paysages merveilleux qu’elles traversent, les jeunes fugueuses grandissent. Bê, sans jamais oublier les valeurs que lui ont inculquées ses parents, comprend le vrai sens de la liberté. Ce livre limpide et lumineux, souvent cocasse, écrit à la manière d’un conte, en dit beaucoup sur la formation de son caractère, et accessoirement sur celui de l’auteur, qui avoue avoir donné beaucoup d’elle-même à sa jeune héroïne…

son programme

 

 
débats audios

 
débats vidéos

Dimanche - 11h15 : Le roman de l’Histoire

avec : DUONG Thu Huong, Mathias ENARD, Jean-Marie BLAS DE ROBLES


 
les invités du festival :
CLUZAUD Jacques

Océans (Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, Galatée Films, 2010, 103’)

DELAROZIERE François

Carnets de croquis et réalisations (Le Théâtre Actes Sud, La Machine, 2010)

WABERI Abdourahman

Enfants de la balle, Nouvelles d’Afrique, Nouvelles de foot (collectif, (JC Lattès, 2010)

DABITCH Christophe

Mauvais garçons, Solea 1 et 2, avec Benjamin Flao, (Futuropolis, 2009)

PEAN Stanley

Jazzman (Montréal : Mémoire d’encrier, 2006)

GARCIA-JOUSSET Evelyne

Haïti, le pays du dehors (Esprit du Monde Production, 2010, 52’)

FAVARO Patrice

Mahout (Thierry Magnier, 2010)

COLIN Roland

Sénégal, notre pirogue (Présence africaine, 2006)


voir tous les invités du festival
 
 
 
 
 
Saint-Malo
Suivre la vie du site RSS 2.0