Maroc
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Né le 1er décembre 1944 à Fès, Tahar Ben Jelloun suit a l’école primaire de Fès un enseignement bilingue : français le matin, arabe l’après-midi. Puis la famille s’installe à Tanger en 1955. Le bac en poche, Tahar Ben Jelloun s’inscrit en philosophie à l’université de Rabat en 1963.
En juillet 1966, ses études sont interrompues, il est arrêté et interné dans un camp disciplinaire de l’armée à l’Est du Maroc. Lui et 94 autres étudiants sont soupçonnés d’avoir organisé les manifestations étudiantes du 23 mars 1965, sévèrement réprimées par le pouvoir. Tahar Ben Jelloun ne sera libéré qu’en 1968. Il reprend aussitôt ses études et, la même année, décroche un poste de professeur de philosophie.
Son premier poème, L’Aube des Dalles, écrit clandestinement en captivité est publié dans la revue Souffles. Très bientôt un recueil complet suit, Hommes sous Linceul (Editions Atalantes, 1970). En 1971, c’est le décret sur l’arabisation de l’enseignement qui tombe, Tahar Ben Jelloun qui n’est pas apte à enseigner en arabe quitte le Maroc et arrive à Paris.
Très vite, il publie un premier article dans le Monde des Livres et, en 1973, entre à la rédaction du Monde, en tant que correspondant littéraire. Il rencontre Maurice Nadeau, alors éditeur chez Denoël, qui l’aide à faire paraître son premier roman Harrouda (Denoël, 1973). Il publiera encore La Réclusion Solitaire (Denoël, 1975) avant de quitter Denoël suite au départ de Maurice Nadeau. Dans la foulée il rejoint les éditions du Seuil et publie La plus haute des solitudes (Seuil, 1975) qui reçoit un accueil positif inattendu.
En 1987, Tahar Ben Jelloun reçoit le Prix Goncourt pour son roman La Nuit Sacré (Seuil, 1987) achevant ainsi de l’inscrire dans le paysage des lettres français.
Mais s’il y a une dimension centrale dans l’oeuvre de Tahar Ben Jelloun - que l’on retrouve dans certains de ses essais les plus marquant comme dans ses articles pour Le Monde, Il Corriere de la Serra ou El Pais - c’est la tolérance, le souci de comprendre. Avec Hospitalité Française (Seuil, 1984), Tahar Ben Jelloun aborde la question du racisme de front. Les premières pages du livre sont une énumération directe et froide des crimes racistes commis en un an en France. La critique et les libraires accueillent plutôt froidement l’ouvrage. Le livre le plus connu de Tahar Ben Jelloun sur le sujet est certainement Le Racisme expliqué à ma fille (Seuil, 1998) best-seller traduit dans 25 langues.
Récemment encore, il prenait ouvertement position sur son blog contre l’appel au boycott du Salon du Livre de Turin, consacré aux littératures israëliennes, par une association d’auteurs arabes qui, avec Tariq Ramadan, déclarait « qu’on ne peut pas célébrer un Etat qui pratique l’homicide et la destruction ». A quoi Tahar Ben Jelloun répondait : " Critiquer la politique d’un Etat. Critiquer un roman sur le plan littéraire. Tout cela est possible. Mais surtout ne pas confondre les deux choses et susciter par là davantage d’incompréhension. Cela ne servira que les intérêts des marchands d’armes."
Après Jour de silence à Tanger (Seuil, 1990) où l’écrivain revenait sur les derniers jours de son père et Sur ma Mère (Gallimard, 2008), un très beau texte sur la disparition de sa mère, il publie aujourd’hui Au pays, un roman qui exprime toute la solitude des travailleurs immigrés, l’ampleur du déracinement et le drame de l’impossible retour au pays tant aimé.
Lien
Site officiel de Tahar Ben Jelloun
Revue de presse
Le monde.fr
Le temps
Chronique de Sur ma mère dans lemonde.fr
Bibliographie :
Au pays (Gallimard, 2009)
Sur ma mère (Gallimard, 2008)
Partir (Gallimard, 2006)
Giacometti : La rue d’un seul (Gallimard, 2006)
Le dernier ami (Le Seuil, 2004)
Maroc : Les montagnes du silence (Editions du Chêne, 2004)
La Belle au bois dormant (Le Seuil, 2004)
Amours sorcières (Le Seuil, 2003)
La nuit sacrée (Le Seuil, 2004 - Prix Goncourt 1987)
Argumentaire de Au pays :
À quelques mois de la retraite, Mohamed n’a aucune envie de quitter l’atelier où il a travaillé presque toute sa vie depuis qu’il est parti du bled. Afin de chasser le malaise diffus qui l’envahit, il s’interroge sur lui-même avec simplicité et humilité. Il pense à son amour profond pour l’islam, dont il n’aime pas les dérives fanatiques ; il se désole de voir ses enfants si éloignés de leurs racines marocaines ; il réalise surtout à quel point la retraite est pour lui le plus grand malheur de son existence. Un matin, il prend la route de son village natal, décidé à construire une immense maison qui accueillera tous ses enfants. Un retour « au pays » qui sera loin de ressembler à ce qu’il imaginait.
Argumentaire de Sur ma mère :
La mémoire défaillante de ma mère l’a replongée, pendant les derniers mois de sa vie. dans son enfance. Redevenue soudain une petite fille, puis une très jeune fille tôt mariée, elle s’est mise à me parler, à se confier, convoquant les morts et les vivants. L’amour filial, fort et passionnel, est souvent enrobé de pudeur et de non-dits. En racontant son passé, ma mère s’est libérée d’une vie où elle fut rarement heureuse. Pendant des journées entières, je l’ai écoutée, j’ai suivi ses incohérences, j’ai souffert et en même temps je l’ai découverte. Sur ma mère a été écrit à partir des fragments de souvenirs qu’elle m’a livrés. Ils m’ont permis de reconstituer sa vie dans la vieille médina de Fès des années trente et quarante, d’imaginer ses moments de joie, de deviner ses frustrations. Chaque fois, j’ai inventé ses émotions et j’ai dû lire ou plutôt traduire ses silences. Sur ma mère est un vrai roman car il est le récit d’une vie dont je ne connaissais rien, ou presque.
CLUZAUD Jacques
Océans (Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, Galatée Films, 2010, 103’) |
DELAROZIERE François
Carnets de croquis et réalisations (Le Théâtre Actes Sud, La Machine, 2010) |
WABERI Abdourahman
Enfants de la balle, Nouvelles d’Afrique, Nouvelles de foot (collectif, (JC Lattès, 2010) |
DABITCH Christophe
Mauvais garçons, Solea 1 et 2, avec Benjamin Flao, (Futuropolis, 2009) |
PEAN Stanley
Jazzman (Montréal : Mémoire d’encrier, 2006) |
GARCIA-JOUSSET Evelyne
Haïti, le pays du dehors (Esprit du Monde Production, 2010, 52’) |
FAVARO Patrice
Mahout (Thierry Magnier, 2010) |
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Sénégal, notre pirogue (Présence africaine, 2006) |