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PHELPS Anthony

Haïti / Québec

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- Bibliographie
- Présentation de Une plage intemporelle (Editions du Noroît, 2011)

« J’habite l’essence d’un mot
couché sur l’eau comme la ligne de l’horizon
et l’épissure est sans défaut
qui lie mon coeur
au coeur d’étoile de mon pays »
(Mon pays que voici)

En 2007, les éditions Mémoires d’encrier rééditent Mon pays que voici, poème-témoignage d’Anthony Phelps, écrit entre 1960 et 1963 dans une Haïti condamnée au silence par la dictature sanguinaire de François Duvalier. Sorti en disque à Montréal en 1966, il devient , avec le poster du Che et Cahier d’un retour au pays natal de Césaire, un élément incontournable de la panoplie de l’étudiant caribéen des années 1960. Cette longue marche poétique à l’intérieur de l’histoire de l’île est encore à ce jour l’une des oeuvres les plus connues de la littérature haïtienne.

Né à Port-au-Prince en 1928, étudiant entre 1950 et 1953 aux États-Unis et au Canada, Anthony Phelps fonde Radio-Cacique au début des années 1960. La radio devient le creuset du groupe Haïti Littéraire, rassemblant alors les poètes Davertige, Legagneur, Morisseau, Philoctète et lui-même autour d’une devise : « Nous sommes les Araignées du soir et nous tissons l’espoir ». Inspirée par les audaces surréalistes, leur poésie, qu’ils veulent d’utilité publique, s’élabore dans le refus du folklorisme et de l’inféodation politique. Tous les dimanches à l’époque, le "diseur professionnel" qu’est Phelps, entouré de comédiens, offre une demi-heure de poésie aux auditeurs de la "revue sonore" Prisme. Une revue papier Semences voit également le jour. Elle ne comptera que quatre numéros : le dernier reste sur le marbre de l’imprimerie : plusieurs membres du groupe, dont Phelps, sont arrêtés par les tontons macoutes.

Après un bref séjour dans les prisons de Duvalier, le poète s’exile à Montréal en 1964 et prend ses habitudes aux Lundis du Perchoir d’Haïti, un restaurant-bar où fraternisent poètes haïtiens et québecois. Employé à Radio-Canada, il réalise et produit en parallèle une dizaine de disques de poésie sous son label "Les productions Caliban". Il s’essaye aussi au roman : dans Moins l’infini. roman haïtien, paru en 73, il retrace le destin de sa génération, brisée par la violence du régime Duvalier. Poursuivant son oeuvre poétique, il reçoit à deux reprises le Prix de poésie Casa de las Americas : en 1980 pour La Bélière caraïbe, puis en 1987 pour Orchidée nègre.

Lors de son séjour à la résidence d’artistes de La Ramée en Guadeloupe en 2006, le guadeloupéen Ernest Pépin a rendu un vibrant hommage à "sa musique de poète, sa rébellion de caribéen" au "souffle de confidence mélancolique qui anime ses images", enfin à "cette lumière irradiante qu’il accroche au jardin des poètes."

Pour plus de renseignements, consultez la base de données d’île en île


BIBLIOGRAPHIE :

Poésie :

- Une plage intemporelle (Editions du Noroît, 2011)
- Mon pays que voici (P.J. Oswald, 1968, réédition Mémoires d’encrier, 2007)
- Une Phrase Lente de Violoncelle (Editions du Noroît 2005)
- Femme Amérique (Ecrits des Forges 2004, Autres Temps 2005)
- Immobile Voyageuse de Picas et autres silences (Montréal, CIDIHCA, 2000)
- Les doubles quatrains mauves (Port-au-Prince, Éditions Mémoire, 1995)
- Orchidée nègre (Montréal, Triptyque, 1987)
- Même le soleil est nu (Montréal, Nouvelle Optique, 1983)
- La Bélière caraïbe (Cuba : Casa de las Américas, 1980 ; Montréal : Nouvelle Optique, 1980)
- Motifs pour le temps saisonnier (P. J. Oswald, 1976)
- Mon pays que voici. Suivi de : les Dits du fou-aux-cailloux (P.J. Oswald, 1968)
- Points cardinaux (Montréal : Holt, Rinehart et Winston, 1966)
- Éclats de silence (Port-au-Prince : Art Graphique Presse, Collection Haïti-Littéraire, 1962)
- Présence (Port-au-Prince : Haïti-Littéraire, 1961)
- Été (Port-au-Prince : Impr. N. A. Théodore, coollection "Samba", 1960)

Romans et nouvelles :

- Et moi je suis une île (Léméac, 1973, réédition Bibliothèque québécoise, 2010)
- Le mannequin enchanté, (Leméac, 2009)
- La Contrainte de l’inachevé ( Leméac : 2006)
- Haïti ! Haïti ! (Libre Expression, 1985)
- Mémoire en colin-maillard (Éditions Nouvelle Optique, 1976 ; Montréal : CIDIHCA, 2001)
- Moins l’infini. roman haïtien (Les éditeurs français réunis, 1973, réédition CIDIHCA, 2002)


Présentation de Une plage intemporelle :

Dans le rêve de la mémoire, Une plage intemporelle invente sa nostalgie : celle qui porte au désir de revivre hier par ses images rapportées vague après vague, mais celle surtout qui porte le poète plus avant dans le temps du monde selon ses mots et leur revers. Une sensation d’infini, donc, au cœur même de l’écriture, puisque « [l]e poème se mord la queue » pour que « demain déboule dans ce jardin / où à petits coups de bec savants / les pigeons dévorent le temps ». Le poète, cet homme empreinte, bien plus que de se découvrir, met alors en jeu ses images et leur sens dans le mouvement de « [l]a mer ventriloque / [qui] nous râpe toutes certitudes. »


Revue de presse :

- « Une douceur ombrée de lumière irradie des poèmes d’Anthony Phelps, obstinément ouvert à la beauté des aubes maritimes, au cœur s’en allant à la dérive devant la mer, devant le plain-chant des vents. » Hugues Corriveau, Le Devoir (Montréal)

- « Regroupés en six parties (...) qui se répondent comme les mouvements successifs d’une symphonie, ces nouveaux poèmes traquent « l’intime fête horizontale » dans le moindre repli de la mémoire. Outre cet érotisme diffus et joliment troublant, on y lit les échos d’une nostalgie et d’une mélancolie qui n’ont cependant rien de morbide. Ces vers lumineux célèbrent au contraire ce temps où le temps est aboli, où le présent cohabite avec le souvenir et l’avenir (...) » Stanley Péan, lelibraire.org, portail du livre au Québec


Présentation de Mon pays que voici :

Mon pays que voici de l’auteur Anthony Phelps est une des oeuvres les plus connues de la littérature haïtienne. Sorti en disque en 1966, le recueil Mon pays que voici sera édité à Paris en 1968 par les Éditions P.J. Oswald , suivi du recueil Les dits du fou-aux-cailloux. Ce long texte, divisé en quatre parties, est une marche poétique à l’intérieur de l’histoire d’Haïti. Mon pays que voici est un poème-témoignage qui a résisté au temps et qui, curieusement, continue à dire avec force la réalité d’un pays aux prises avec l’exploitation et l’aliénation. Mon pays que voici rappelle l’utilité publique de la poésie . « Chant ample, puissant, fluide (…) cette poésie est de celles qui nous font aller très loin dans l’âme d’un peuple… », nous dit dans le journal Les Lettres Françaises du 19 février 1969 le critique René Lacôte.


Présentation de Et moi je suis une île :

Voici quatre contes pour tous empreints de poésie fabuleuse et de facture onirique. Qu’arrive-t-il à l’île de Montréal quand elle se détache de ses amarres et remonte le fleuve Saint-Laurent, s’engage sur la mer, pique vers le sud et rend visite, entre autres îles, à celle d’Haïti, le temps d’une fin de semaine ? Quand Moly le petit poisson rouge saute de son bocal et s’enfuit, lorsqu’une roue se détache de la voiture et prend le large, quand une poupée à la chevelure de soleil s’enfuit, à l’occasion d’un hold-up, de la vitrine où elle est exposée, la narration enchantée d’Anthony Phelps fait refleurir les grands sortilèges de l’enfance et ce goût pour l’aventure qui transporte avec fine malice le réel aux antipodes du réalisme.