Pour saluer Chateaubriand

8 mai 2018.
 

Le plus grand écrivain français, et le plus grand écrivain breton. Nous célébrons cette année, à Saint-Malo, le 250e anniversaire de sa naissance. Mais le lit-on encore ? Les Mémoires d’outre-tombe, bien sûr, ce grand « orage poétique » (dixit Marc Fumaroli). Mais le reste ? Bien des pages d’Atala ou René ont vieilli, mais à côté de cela, quelles fulgurances, quelle splendeur d’écriture ! On le croit réactionnaire : il soutint la Révolution, lors même que sa famille fut décimée par la Terreur, mais resta lucide sur la dérive des pouvoirs. Son Essai sur les révolutions ? D’une étonnante modernité. Le Génie du christianisme ? Un essai sur la littérature comme affirmation d’une « dimension poétique » de l’être humain. Actuel, oui, et comment !
Un mystère aussi : il est un Chateau­briand homme du monde, quêtant les honneurs, et puis un Chateaubriand, homme des vents et des vagues, des forêts de Combourg et de ce voyage en Amérique qui le hanta toute sa vie – sa part « sauvage » qui fut, croyons-nous, le foyer de son inspiration. Le Chateaubriand que nous voudrions saluer.

Dim. 16h45, Sainte-Anne avec M. Le Bris, Y. Le Men

Lundi 11 h15, Maupertuis : « Hugo-Chateaubriand, ce que l’on doit aux romantiques »

 

DERNIER OUVRAGE

 

Kong

Grasset - 2017

Deux jeunes gens sortent sonnés de la Grande Guerre. L’un, Ernest Schoedsack, a filmé l’horreur dans la boue des tranchées  ; l’autre, Merian Cooper, héros de l’aviation américaine, sérieusement brûlé, sort d’un camp de prisonniers. Ils se rencontrent dans Vienne occupée, puis se retrouvent à Londres où naît le projet qui va les lier pour la vie. Comment dire la guerre  ? Comment dire ce puits noir où l’homme s’est perdu – et peut-être, aussi, révélé  ? Pas de fiction, se jurent-ils  : le réalisme le plus exigeant. S’ensuivent des aventures échevelées  : guerre russo-polonaise, massacres de Smyrne, Abyssinie, épopée de la souffrance en Iran, tigres mangeurs d’hommes dans la jungle du Siam, guerriers insurgés au Soudan…
Leurs films sont à couper le souffle. On les acclame  : « Les T.E. Lawrence de l’aventure  !  » lance le New York Times. Eux font la moue. Manque ce qu’ils voulaient restituer du mystère du monde. Déçu, Cooper renoncera quelque temps – pour créer avec des amis aviateurs rien moins que… la Pan Am  ! – avant d’y revenir.
Ce sera pour oser la fiction la plus radicale, le film le plus fou, pour lequel il faudra inventer des techniques nouvelles d’animation. Un coup de génie. Une histoire de passion amoureuse, mettant en scène un être de neuf mètres de haut, Kong, que l’on craint, qui épouvante, mais que l’on pleure quand il meurt… Le film est projeté à New York devant une foule immense, trois semaines avant qu’Hitler ne prenne les pleins pouvoirs.
Sur un air de jazz mélancolique ou joyeux, entre années de guerre et années folles, Michel Le Bris nous offre une fresque inoubliable. On y croise des êtres épris d’idéal, des aventurières, des héros, des politiques, des producteurs, des actrices, et bien sûr un immense singe que l’on aime craindre et aimer, moins sauvage que l’homme…

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Le poids d’un nuage

Éditions Bruno Doucey - 2017

Un an après la publication d’Une île en terre, Yvon Le Men nous offre le second volume de sa trilogie, Le poids d’un nuage. L’heure n’est plus à l’espace clos de l’enfance, aux parents, aux voisins, mais aux fenêtres que l’on ouvre, aux portes que l’on pousse. L’oiseau ne chante plus sur son arbre généalogique, il vole désormais à la rencontre du monde. « On grandit… On s’ouvre au dehors », écrit le poète dans les premières lignes du livre. Et de raconter cette ouverture qui passe par les paysages : ceux qui dessinent le ciel et la mer de Bretagne, les rivières, les visages ; plus encore peut-être, ceux que les peintres ont imagés ou rêvés, que les écrivains ont nommés et animés. « Comme si notre œil pressentait que regarder c’est toujours regarder une première fois, pour la dernière fois. »

Extrait :

« C’est par le ciel
que les arbres se tiennent debout
dans mon regard
et ce vert
que je connais
tant
qui tant déborde de ma fenêtre
comme les mirages débordent de nos yeux
dans le désert »


Revue de presse :