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FLANAGAN Richard

Australie

Dans la mer vivante des rêves éveillés (Actes Sud, 2022)

© Colin Macdougall

Les romans de cet écrivain australien de renommée internationale dépeignent la vie en Tasmanie, territoire où l’auteur a passé la quasi-totalité de sa vie. Pour lui, l’écriture d’un roman revient à réaliser un voyage intérieur et décrire ce qu’on y voit, offrant alors un point de vue intime sur la condition humaine. Il rencontre rapidement le succès, notamment avec Dispersés par le vent, publié en France en 2002. Son œuvre est saluée pour sa profondeur historique : l’auteur se plaît à retracer des pans méconnus de l’histoire de son pays. Ainsi, la condition des prisonniers politiques australiens exploités par le pouvoir japonais pour construire un chemin de fer pendant la Seconde Guerre mondiale est évoquée dans La route étroite vers le nord lointain. Son nouveau roman est un récit plus intimiste. Relatant d’un côté l’évaporation d’un personnage et le décès imminent d’un autre, il est avant tout question de protection de l’environnement, dans ce pays perpétuellement menacé par les incendies et autres crises climatiques.


Bibliographie :

  • Dans la mer vivante des rêves éveillés (Actes Sud, 2022)
  • Première personne (Actes Sud, 2018)
  • La route étroite vers le nord lointain (Actes Sud, 2016)
  • Désirer (Belfond, 2010)
  • La fureur et l’ennui (Belfond, 2008)
  • Le livre de Gould. Roman en douze poissons (Flammarion, 2005)
  • Dispersés par le vent (Flammarion, 2002)
  • À contre-courant (Flammarion, 2000)
Dans la mer vivante des rêves éveillés

Dans la mer vivante des rêves éveillés

Actes Sud - 2022

Réunis dans une chambre d’hôpital à Hobart en Tas­ma­nie, Anna et ses deux frères veillent leur mère, Fran­cie, récemment victime d’une hémorragie céré­brale. Dehors, les incendies font rage, et, tandis que le monde se meurt, la fratrie décide de maintenir la vieille femme en vie – contre sa volonté et l’avis des doc­teurs. Alors que commence pour Francie un long cal­vaire médical, sa fille Anna est touchée par un étrange phénomène : des parties de son corps s’effa­cent. Un doigt tout d’abord, puis quelques mois plus tard un genou… Étonnamment, Anna ne ressent ni douleur ni gêne, et personne ne semble remarquer le mal qui l’affecte. Se pourrait-il que sa propre “extinc­tion” passe inaperçue, voire qu’elle suscite l’indifférence ?
Sommes-nous encore capables d’aimer, de renouer avec les êtres et les choses qui nous entourent et de vivre avec la beauté ? Face à la disparition accélérée du vivant, Richard Flanagan livre une réponse singu­lière et poignante dans cette fable écologique où stupeur et espoir s’entremêlent. Une ode à la splendeur éphémère du monde.

Traduit de l’anglais (Australie) par France Camus-Pichon.

Première personne

Première personne

Actes Sud - 2018

Kif Kehlmann est dans l’impasse. Il n’est plus capable de subvenir aux besoins de sa famille. Le roman qu’il essaie d’écrire depuis des années n’avance pas. Et pour couronner le tout, il est tasmanien – un descendant de bagnard, un moins que rien. Mais un soir, il reçoit un coup de ?l de Ray, un ami d’enfance aux relations troubles, qui assure depuis quelques mois la protection rapprochée du plus célèbre escroc d’Australie, Siegfried Heidl. Ce dernier, en passe d’être jugé pour avoir fauché plus de sept cents millions de dollars aux banques, cherche quelqu’un pour rédiger ses Mémoires.

Kif n’a-t-il pas toujours voulu devenir écrivain ? Quittant la Tasmanie et sa femme enceinte de huit mois, il rejoint Heidl dans les bureaux de son éditeur à Melbourne, où il disposera de six semaines pour produire un manuscrit. S’engage alors un singulier jeu de dupes. Paranoïaque, manipulateur, le maître fraudeur se dérobe aux questions précises, retarde l’avancée du texte, et distille à plaisir des informations contradictoires. Peu à peu Kif tombe sous l’insidieuse emprise de cet homme qui a placé son existence, par-delà le bien et le mal, sous le signe du mensonge et de la corruption de toute chose. Et qui invite Kif à la faire sienne, la vivre en miroir, tel un adieu à ses valeurs, un a ?ranchissement : une inexorable libération.

Traduit de l’anglais (Australie) par France Camus-Pichon.


La route étroite vers le nord lointain

La route étroite vers le nord lointain

Actes Sud - 2016

En 1941, Dorrigo Evans, jeune officier médecin, vient à peine de tomber amoureux lorsque la guerre s’embrase et le précipite, avec son bataillon, en Orient puis dans l’enfer d’un camp de travail japonais, où les captifs sont affectés à la construction d’une ligne de chemin de fer en pleine jungle, entre le Siam et la Birmanie.
Maltraités par les gardes, affamés, exténués, malades, les prisonniers se raccrochent à ce qu’ils peuvent pour survivre – la camaraderie, l’humour, les souvenirs du pays.
Au coeur de ces ténèbres, c’est l’espoir de retrouver Amy, l’épouse de son oncle avec laquelle il vivait sa bouleversante passion avant de partir au front, qui permet à Dorrigo de subsister.
Cinquante ans plus tard, sollicité pour écrire la préface d’un ouvrage commémoratif, le vieil homme devenu après guerre un héros national convoque les spectres du passé.
Ceux de tous ces innocents morts pour rien, dont il entend honorer le courage.
Ceux des bourreaux, pénétrés de leur “devoir”, guidés par leur empereur et par la spiritualité des haïkus.
Celui d’Amy enfin, amour absolu et indépassable, qui le hante toujours.

Les voix des victimes et des survivants se mêlent au chant funèbre de Dorrigo, se répondent et font écho. À travers elles, la “Voie ferrée de la Mort”, tragédie méconnue de la Seconde Guerre mondiale, renaît sous nos yeux, par-delà le bien et le mal, dans sa grandeur dérisoire et sa violence implacable.

Porté par une écriture d’une rare intensité poétique, « La Route étroite vers le Nord lointain » est un roman puissant sur l’absurdité de la condition humaine, une méditation ombreuse sur l’amour et la mort, un cri contre la précarité de la mémoire et l’inacceptable victoire de l’oubli.

Traduit de l’anglais (Australie) par France Camus-Pichon.


Désirer

Désirer

Belfond - 2010

Dans une colonie anglaise de Tasmanie, un peintre fait le portrait d’une petite aborigène. Elle se prénomme Mathinna, elle est la fille adoptive de Sir John Franklin et de Lady Jane. Pour le gouverneur et son épouse, l’éducation de la fillette doit illustrer le triomphe de la civilisation sur l’état sauvage.
En quelques mois, Mathinna devient la coqueluche de la colonie, avant de connaître un destin tragique…

Des années plus tard, Londres bruit du scandale entourant la disparition de Sir Franklin, accusé de cannibalisme lors de sa dernière expédition. Désireuse de laver la mémoire de son mari, Lady Jane se tourne vers Charles Dickens, alors au sommet de sa gloire.
De cette rencontre naît une pièce de théâtre qui va prendre une singulière résonance sur l’existence du grand écrivain, en proie à une grave crise conjugale…

Traduit de l’anglais (Australie) par Pierre Furlan.