Home, Sweet Home…

Écrit par SANTERNE Sarani (2nde, Lycée de la Montagne de Valdeblore)

Home, Sweet Home…

Elle esquissa un pas à reculons, puis fit une brusque volte-face et s’éloigna en s’efforçant de ne pas courir.

L’apparition l’avait plus que bouleversée ; Lola ne se sentait pas rassurée, et avait comme le besoin ardent de se soustraire à ce regard, malgré s’être éloignée. Elle sentait encore les yeux perçants de l’homme sur ses épaules, sur son visage, comme s’il tentait vainement de lire en elle…
Avec précaution, elle rebroussa chemin jusqu’à la table. Elle se tenait penchée, comme par crainte d’être vue. Lola récupéra le journal, et glissa les ciseaux dans sa poche.
Soudain, un déclic suivi d’un grincement progressif se firent entendre. Par la suite, des pas pressés, lourds et pesants, résonnèrent sur le carrelage du vestibule : L’homme était entré !
Lola scruta rapidement les alentours : il n’y avait aucune cachette apparente, uniquement placards et armoires. Les pas se firent plus rapides encore, Lola devait s’enfuir coûte que coûte…
Elle se mit à courir : seul se cacher, échapper à cet inconnu, fuir lui importait à présent. L’homme aussi courait, désormais. La peur donnait des ailes à Lola, qui courait de plus en plus vite.
Elle louvoyait dans les couloirs, trébuchait contre les tas de vêtements jetés à même le sol, se prenait dans les meubles anguleux qui semblaient l’attendre au détour de chaque corridor…
Elle prenait des objets, aussi. Tout ce qui lui tombait entre les mains serait susceptible de l’aider à se défendre par la suite. Dans ses poches s’ajoutaient couteaux et rouleaux de pâtisserie à la
paire de ciseaux déjà présente. L’homme la poursuivait, il la traquait, mais que lui voulait-il ?
Tout à coup, Lola aperçut un paravent Japonais qui lui barrait la route ; sans même réfléchir, elle s’en empara, se retourna et le lança sur l’inconnu. Elle avait conscience que, étant donné sa carrure, cela ne suffirait pas à l’immobiliser très longtemps, mais elle avait le maigre espoir de gagner ne serait-ce que quelques secondes d’avance de par ce stratagème.
Lola continuait sa course désespérée, elle entendit de nouveau l’homme se remettre à sa poursuite, tel un chasseur traquant sa proie jusqu’à sa mort.
Soudain, son pied s’enfonça dans une masse molle par terre ; au départ, elle crut à un énième habit, mais le miaulement furieux qui s’échappa de la forme sombre lui fit rapidement abandonner cette pensée. La queue maltraitée de l’animal lui frôla les chevilles, tandis qu’il s’en allait, comme pour échapper lui aussi à un assaillant invisible. Lola se demanda, agacée :
« Mais que fait ce chat ici ? »
L’homme se rapprochait de plus en plus, il gagnait du terrain, elle le sentait.
Son souffle se faisait court, sa respiration devenait difficile. Elle abandonna.
Lola tomba sur le sol. Ici s’achevait sa course désespérée, sa fuite sans issue. Elle se sentait telle une souris acculée dans un coin, et voyant son heure arriver à mesure que le chat arrivait vers elle.
Elle avait lutté en vain contre un adversaire beaucoup trop fort pour elle.

Lola recula jusqu’à se retrouver dos au mur.
L’inconnu l’avait rattrapée, à présent. Il se pencha vers elle, les mains sur les hanches, son pied écrasant le journal que Lola avait abandonné par terre, puis prit enfin la parole.
Sa voix grave et puissante, entrecoupée par sa respiration que la course lui avait rendue difficile, tonna dans la pièce et se répercuta contre les parois de la demeure. Il lui demanda, d’un air à la fois surpris et furieux :
« Mais enfin, que faites-vous chez moi ? »

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