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KHAN Rachel

France - Gambie

Racée (L’Observatoire, 2021)

© Hannah Assouline

En visio

À la fois européenne et africaine, blanche et noire, juive aux origines chrétienne et musulmane, elle se définit, citant Roman Gary, comme une « additionnée », et se dessine à la jonction de ses racines « telle un Arlequin coloré ou une barbe à papa sucrée ». Coauteure de Noire n’est pas mon métier, cette juriste, scénariste et actrice refuse de rentrer dans les cases. Dans un premier essai coup de poing où elle se définit comme « racée », elle condamne « les mots qui séparent », questionne l’entre-soi et les revendications identitaires radicales, perçues comme autant de cloisons qui étriquent la pensée critique et nuisent à l’universalisme.

« Grâce au français, à la nuance, à la complexité de notre langue commune, on peut aussi essayer de se rapprocher le plus possible. Il y a des mots qui sont « artistes » de nous-même : quand on les emploie, c’est une première énergie pour s’émanciper, pour se créer soi-même. » (Jeune Afrique)

Racée

Racée

Editions de l’Observatoire - 2021

« On est tous des additionnés », affirmait Romain Gary dans Pseudo. Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d’origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire « racée ». Mais comment vivre cet excès de « races » à l’heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce « pedigree » alors que l’injonction est de choisir un camp ?

À travers une série de mots, notions et expressions « politiquement correctes », Rachel Khan pose un regard tant critique que malicieux sur notre époque idéologisée qui interdit toutes formes de nuances. Elle condamne les « mots qui séparent » ‒ souchien, racisé, afro-descendant, intersectionnalité, minorité… : présentés comme des outils indispensables pour combattre le racisme, ils enfoncent en fait le couteau dans les plaies qu’ils prétendent cicatriser. Puis les « mots qui ne vont nulle part » : vivre-ensemble, diversité, mixité et non-mixité, etc., qui appauvrissent le langage et, dans une « bienveillance inclusive », alimentent la haine et les silences. Mais elle défend avec force les « mots qui réparent » ‒ intimité, création, désir ‒ qui, eux, rétablissent le dialogue, favorisent la pensée non unique et unissent notre société, gangrénée par les crispations identitaires et les oppositions stériles entre les genres.

Y-a-t-il des valeurs universelles ?

Théâtre de l’Opéra - Grands débats
Avec Rachel KHAN, Souleymane Bachir DIAGNE, Laurent GAUDÉ, Maïssa BEY -

Animé par Maya KSOURI

Masque de l’impérialisme occidental, disent les uns – et vive donc le relativisme généralisé. Quid alors de la Déclaration universelle des droits de l’Homme ? L’Homme : un et multiple, toujours. Un défi d’humanité sans cesse à relever. L’universalisme des droits de l’homme est-il compatible avec la diversité des cultures ? Comment les mettre en dialogue ? Peut-être en cessant de considérer les valeurs universelles comme un corpus de valeurs figées, et en acceptant l’idée d’une universalisation des valeurs découlant processus de mise en mouvement. La construction d’un espace-monde, espace de dialogue et de partage entre les cultures, credo du festival Étonnants Voyageurs depuis sa création.


Unes et multiples

Grands entretiens et rencontres
Avec : Simone SCHWARZ-BART, Anna MOÏ, Rachel KHAN - Saint-Malo 2021

Animé par : Christine FERNIOT


Race, genre, religion...

Grands débats
Avec : Rachel KHAN, Thomas C. WILLIAMS, Dany LAFERRIÈRE - Saint-Malo 2021

Animé par : Julien BISSON

Omniprésentes en ce moment dans notre quotidien, les questions de religion, de race, de genre et d’identité envahissent notre espace vital. Écriture inclusive, mots en passe d’être censurés... Au-delà des groupes identitaires, cette idéologie diffuse à plus grande échelle dans notre société. Jusqu’où ira-t-on ? Au point qu’un traducteur blanc ne pour- rait plus traduire la poésie d’une jeune femme noire ? Cette montée en puissance des revendications identitaires empêche désormais tout débat contradictoire. Là est peut- être le principal danger. L’enjeu n’est-il pas finalement d’accepter d’écouter la pluralité des points de vue, d’être capable aussi d’assumer nos contradictions. Pas de roman qui vaille sans ce passage à l’autre, écrivait Michel Le Bris (Je est un autre, Gallimard, 2010), quand l’auteur s’imagine homme, femme, traverse les siècles et les cultures, tour à tour soldat, infirmier, écrivain, trappeur dans le grand Nord, épouse au foyer, paysan ou mandarin chinois, cherche pour chacun un ton, des attitudes, doit entrer en sympathie avec les plus abominables s’il veut les faire exister pour ses lecteurs. Nous ne sommes pas réductibles à notre sexualité, notre couleur de peau, notre religion ou notre condition sociale. N’y a-t-il pas une dimension autre qui est le fondement même de notre commune humanité ? L’enjeu de la littérature n’est-il pas de faire vibrer ce supplément d’âme qui nous rassemble ?
Avec Dany Laferrière, Rachel Kahn, Thomas C. Williams


Grand entretien

Grands entretiens et rencontres
Avec : Rachel KHAN - Saint-Malo 2021

Animé par : Jean-Luc HEES