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KHOURY-GHATA Vénus

France

Éloignez-vous de ma fenêtre (Mercure de France, 2021) ; Ce qui reste des hommes (Actes Sud, 2021)

© Catherine Hélie

Depuis son premier roman les Inadaptés (1971), cette poétesse et romancière d’origines libanaises, vivant en France depuis 1972, s’est imposée comme l’une des plus grandes figures de la littérature contemporaine française. Elle a publié une quarantaine de romans et de recueils de poésie traduits en 15 langues, où l’on retrouve le thème de l’émancipation des femmes et leur besoin de révolte dans un monde masculin qui les opprime. Elle a reçu pour son oeuvre de nombreuses récompenses au cours de sa carrière, dont le Grand prix de poésie de la SGDL en 1993, le Grand prix de poésie de l’Académie française en 2009 ou encore le prix Goncourt de la poésie en 2011 pour son recueil Où vont les arbres (Mercure de France, 2011). Après son roman Ce qui reste des hommes où une femme cherche un ancien amant avec qui partager sa tombe, elle publie en 2021 un nouveau recueil de poèmes, Éloignez-vous de ma fenêtre, qui nous emporte dans un tourbillon de sensations, où les matières s’entrechoquent.

Bibliographie

Romans et nouvelles

  • Ce qui reste des hommes, (Actes Sud, 2021)
  • Marina Tsvétaïéva, mourir à Elabouga (Mercure de France, 2019)
  • L’adieu à la femme rouge (Mercure de France, 2017)
  • Les Derniers Jours de Mandelstam (Mercure de France, 2016)
  • La femme qui ne savait pas garder les hommes (Mercure de France, 2015)
  • La fiancée était à dos d’âne (Mercure de France, 2013)
  • Le Facteur des Abruzzes (Mercure de France, 2012)
  • La Revenante (L’Archipel, 2009)
  • Sept pierres pour la femme adultère (Mercure de France, 2007)
  • La Maison aux orties (Actes Sud, 2006)
  • Quelle est la nuit parmi les nuits (Mercure de France, 2004)
  • Le Moine, l’ottoman et la femme du grand argentier (Actes Sud, 2003)
  • Zarifé la folle (François Jannaud, 2001)
  • Privilège des morts (Balland, 2001)
  • La Maestra (Actes Sud, 1996, collection Babel, 2001)
  • Une maison au bord des larmes (Balland, 1998, réédition Babel 2005)
  • Les Fiancées du Cap Ténès (Lattès, Lattès 1995)
  • La Maîtresse du notable (Seghers, 1992)
  • Les Fugues d’Olympia (Régine Deforges/Ramsay, 1989)
  • Bayarmine (Flammarion, 1988)
  • Mortemaison (Flammarion, 1986)
  • Les morts n’ont pas d’ombre (Flammarion, 1984)
  • Vacarme pour une lune morte (Flammarion, 1983)
  • Le Fils empaillé (Belfond, 1980)
  • Alma, cousue main ou Le Voyage immobile (Régine Deforges, 1977)
  • Dialogue à propos d’un Christ ou d’un acrobate (Les Éditeurs Français Réunis, 1975)
  • Les Inadaptés (Le Rocher, 1971)

Poésie

  • Éloignez-vous de ma fenêtre (Mercure de France, 2021
  • Demande à l’obscurité (Mercure de France, 2020
  • Gens de l’eau (Mercure de France, 2018
  • Lune n’est lune que pour le chat, poèmes pour enfants (Bruno Doucey, 2017
  • Kaddish pour l’enfant à naître, poèmes pour enfants, avec Caroline Boidé (Bruno Doucey, 2017
  • Les mots étaient des loups (Poésie/Gallimard, 2016
  • Le Livre des suppliques (Mercure de France, 2015
  • La Dame de Syros (éditions Invenit, 2013
  • Où vont les arbres ? (Mercure de France, 2011
  • Orties (Al Manar, 2011
  • À quoi sert la neige ?, poèmes pour enfants (Le Cherche Midi, 2009
  • Les Obscurcis (Mercure de France, 2008
  • Stèle pour l’absent (Al Manar, 2006
  • Six poèmes nomades avec Diane de Bournazel (Al Manar, 2005
  • Compassion des pierres (La Différence, 2001
  • Version des oiseaux, illustrés par Velikovic (François Jannaud, 2000)
  • Le Fleuve, suivi de Du seul fait d’exister, avec Paul Chanel Malenfant (Trait d’Union, 2000)
  • Alphabets de sable, illustrés par Matta (Maeght, 2000)
  • La Voix des arbres, poèmes pour enfants (Cherche-Midi, 1999)
  • Elle dit, suivi de Les sept brins de chèvrefeuille de la sagesse (Balland, 1999)
  • Anthologie personnelle (Actes Sud, 1997)
  • Ils, illustrés par Matta (Amis du musée d’art moderne, 1993)
  • Fables pour un peuple d’argile, suivi de Un lieu sous la voûte et de Sommeil blanc (Belfond, 1992)
  • Leçon d’arithmétique au grillon, poèmes pour enfants (Milan, 1987)
  • Monologue du mort (Belfond, 1986)
  • Un faux pas du soleil (Belfond, 1982)
  • Qui parle au nom du jasmin ? (Les Éditeurs Français Réunis, 1980)
  • Les Ombres et leurs cris (Belfond, 1979)
  • Au Sud du silence (Saint Germain des Prés, 1975)
  • Terres stagnantes (Seghers 1968)
  • Les Visages inachevés (1966)
Éloignez-vous de ma fenêtre

Éloignez-vous de ma fenêtre

Mercure de France - 2021

C’est un monde de matière et d’émotion brute qui se déploie dans les pages de Éloignez-vous de ma fenêtre, empli de nuit, de vent, de terre, d’os, de boue et de pierre que l’on mange lorsqu’on n’a plus rien à se mettre à la bouche. C’est aussi une réaction bouleversante à la tragédie survenue à Beyrouth l’été dernier qu’elle nous livre aussi, sous le titre « 4 août 2020 - Beyrouth ».

Ce qui reste des hommes

Ce qui reste des hommes

Actes Sud - 2021

Diane, qui a atteint un âge qu’on préfère taire, se rend dans une boutique de pompes funèbres pour acheter un caveau et se retrouve avec un emplacement prévu pour « deux » cercueils… Au fil de sa vie bohème, Diane a aimé des hommes, s’est lassée de certains, a été quittée par d’autres, a enterré celui qui comptait le plus. Bref, elle est seule, n’a même plus de chat, et il ne sera pas dit que cette solitude la poursuivra dans l’au-delà. La voilà qui recherche, parmi les encore vivants qui l’ont aimée, celui qui serait prêt à devenir son compagnon du grand sommeil.

Dans cette quête, elle est encouragée et volontiers taquinée par son amie de toujours, Hélène, veuve partie mettre en vente la villa sur la Riviera dans laquelle est mort son époux, et qui trouve là une manière inattendue d’ensoleiller sa vie.

Ce roman aussi grave que fantasque, qui parle de mort, de solitude et de chagrin avec l’élégance de la légèreté, offre deux portraits de vieilles dames indignes délicieusement complices, bouleversantes et merveilleusement inspirantes.


La femme qui ne savait pas garder les hommes

La femme qui ne savait pas garder les hommes

Mercure de France - 2015

Tu écris comme on crie pour appeler à ton secours, transformer les morts en vivants, retrouver des lieux perdus. Jamais de plan, tes personnages te dictent les mots qu’il faut. Tu écris comme tu jardines, la terre creusée en profondeur comme pour mieux t’ancrer dans le sol français, écris pour liquider un contentieux avec toi-même et ton passé. Tu as rarement recours à l’imagination, ta vie dépasse toute fiction. C’est dans ta nature de perdre les hommes qui t’aiment, dans ta nature d’écrire ce que tu vis, le vécu ne prend sens qu’une fois écrit noir sur blanc ou serré, braise dans ta main, la brûlure confirme que tu es encore en vie.

Une femme s’interroge : pour quelle raison n’a-t-elle pas su garder les hommes qui ont partagé sa vie ? La passion d’écrire est-elle incompatible avec l’amour ?
Vénus Khoury-Ghata parle de toutes les femmes qui vivent dans une grande solitude après une disparition.
Vénus Khoury-Ghata rend le deuil presque supportable.