Laurent Maréchaux, Villalet, le 29 juin 2010

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© Didier Pruvot / Flammarion

Mais vous ? Où êtes-vous ? Première journée de chaleur estivale où le corps, après un printemps hivernal, sort enfin de sa léthargie. Malgré l’heure avancée, la nuit peine à tomber, contrariée par une pleine lune qui éclaire avec indiscrétion les champs environnants. Pareil à Du Bellay, rêvant de revoir son petit village où fume la cheminée, j’ai regagné mes pâturages normands arrosés par l’Iton. La maison reste humide, les fenêtres sont grandes ouvertes pour laisser entrer la touffeur du soir et le feu crépite dans l’âtre. Il n’y a pas de hasard, juste des causes séquentielles. Depuis ce matin, j’ai décidé, après une longue abstinence de dix huit mois, de me remettre à l’écriture. Dix huit mois où tout me semblait vain, inutile, laborieux aux regards des romans, récits et nouvelles de mes maîtres en littérature : Joseph Conrad, Alvaro Mutis, Jack London, Bruce Chatwin, Jim Harrison, Sylvain Tesson ou Joseph Boyden ; mon dernier coup de cœur. Sa rencontre à Saint-Malo, lors d’un diner impromptu organisé par Francis Geffard – un découvreur hors pair de talents nord –américains – restera le grand moment du salon. Boyden – gêné par mes louanges - rosissait de plaisir, j’en rougissais d’émotion. Les écrivains peinent à dire du bien de façon désintéressée des livres d’auteurs contemporains qui les ont transportés, comme si faire l’éloge d’un autre les privait de reconnaissance ou diminuait leurs ventes. Retour à l’écriture. Le feu crépite et me tire de ma paresse. Le bleu aquarium de mon ordinateur s’ouvre sur une page blanche. Il est temps de reprendre le large et de m’embarquer sur les traces de Slocum pour un tour du monde en solitaire - sans muse pour m’inspirer - qui retracera la vie des écrivains-voyageurs qui me sont chers. Une expédition à risques.

Laurent Maréchaux

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