Le rêve révélateur (incipit 1)

écrit par Elise QUESNEL, en 4ème au Collège Félix Buhot à Valognes (50)

Il me prit la main et m’entraîna parmi les loups.

Tel s’arrêta mon rêve, se dit Europe ce matin là en se réveillant. Puis elle se ressaisit en pensant que cela ne voulait sûrement rien dire et elle décida d’aller se promener à la mer avec ses amies Amérique et Afrique.

Zeus les observait une à une du haut de son nuage et prononça son jugement :

— Afrique ? Non, trop sauvage.

— Amérique ? Non, trop maquillée.

Dès qu’il vit Europe, il en tomba fou amoureux et décida de prendre la forme d’un taureau blanc pour séduire cette belle jeune fille. Au début Europe fut surprise de se retrouver face à un taureau, mais elle se reprit et commença à le caresser. Puis quand elle se sentit en confiance elle monta sur son dos. Soudain, alors qu’elle était bien assise, le taureau s’emballa, courut dans la mer et l’entraîna parmi les poissons.

Il s’arrêta le lendemain sur les côtes de l’île de Crète, choisit un endroit calme près d’une source et reprit sa forme humaine pour l’emmener à la fête de l’Olympe, fête où l’on présentait sa compagne aux autres dieux et où l’on pouvait espérer gagner le concours de la plus belle compagne mortelle. Zeus avait pour idée de gagner ce concours et enfin de dépasser ce cher Amphitae, dieu des combats, qui, lui, savait se tranformer en gladiateur pour pouvoir séduire les plus belles femmes mortelles. Ce qui avait le don d’agacer Zeus puisqu’il ne pouvait rien faire pour l’arrêter. En effet, dans ce concours, ce n’était pas la force qui aidait mais la séduction. En arrivant, Zeus ordonna à Europe de rester sur ce banc en attendant qu’il revienne. Mais Zeus ne connaissait pas Europe et ne savait pas que lorsqu’on lui donnait un ordre qui ne lui plaisait pas elle n’avait qu’une envie : celle de faire tout le contraire de ce qu’on lui demandait et, malheureusement pour lui, la jeune fille ne supportait pas de rester assise en se tournant les pouces. Elle décida donc de partir à la découverte de cet étrange lieu.

Le château soufflait de la musique dans la nuit.

Les invités étaient si nombreux que l’on peinait à avancer dans les couloirs pour passer d’une salle à l’autre.

— Tu t’appelles vraiment Europe ? me demanda le jeune homme à la tête de taureau. Ce n’est pas un surnom ?

— C’est vraiment le prénom que m’ont donné mes parents.

Toges maculées de vin, gantelets de chevaliers, longues poulaines à la mode tudesque, chasubles avec orfroi brodé gorgées de sueur, ivoire sculpté des cols de dentelles parsemés de débris de chips ou tachés de rouge à lèvres, robes à paniers en velours de soie imprégnées de tabac froid, justaucorps léopard, masques, tout cela se mêlait dans une explosion de couleurs et de parfums.

— Tu es la première Europe que je rencontre.

— Je crois bien être la seule.

Fête où Zeus lui-même et quelques autres divinités étaient sans doute venus s’encanailler et poursuivre de jeunes mortelles chavirées dans les couloirs de l’Histoire. Une soirée comme Europe n’en avait jamais vécu. Une opulence scandaleuse !

— Suis-moi et ferme les yeux ! lui dit ce garçon à la voix grave dont elle ne voyait que les yeux dans les trous du masque. Lorsqu’il s’arrêta et qu’elle ouvrit les yeux, elle resta sans voix. Devant elle se trouvait un magnifique jardin entouré d’extraordinaires fleurs. Il lui montra un banc sur lequel elle s’assit. Ils commencèrent à discuter et découvrirent qu’ils avaient les mêmes centres d’intérêts. Mais lorsqu’elle lui demanda pourquoi il se cachait sous ce masque et quel dieu il était, elle découvrit un magnifique visage de … Mortel !

— Comment, tu n’es donc pas un dieu ?

— Non je suis un simple mortel et voilà pourquoi je me cachais sous ce masque. En réalité, je m’appelle Josselin Delafaurer artisan peintre à mon compte .

— Oh mais je vous connais ! Vous êtes venu faire mon portrait l’année dernière au château. Je ne vous cache pas que lorsque l’on vous a vu, moi et mes amis, nous étions sans voix. Vous étiez si beau et si gentil .

— Oh serait-ce des avances ?, lui demanda t-il.

— Et si je te réponds en t’embrassant ?

— Je pense, oui, dit-il en répondant à son baiser .

Lorsque les deux jeunes gens rentrèrent, ils décidèrent de se marier. Ils eurent deux enfants et vécurent heureux jusqu’au moment où Zeus, fou de colère, ayant enfin retrouvé Europe, tua ses enfants et son mari devant elle, mais l’épargna pour qu’elle souffre durant toute sa vie de mortelle.

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