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MBEMBE Achille

Cameroun

Brutalisme (La Découverte, 2020)

© G. Le Ny / Etonnants Voyageurs

Politologue camerounais, professeur d’histoire et de sciences politiques à l’Université du Witwatersrand à Johannesburg et à Duke University aux Etats-Unis, Achille Mbembe est aujourd’hui l’un des plus grands théoriciens du post-colonialisme. Critique sans renoncer à l’optimisme, il analyse l’Afrique contemporaine et ses rapports avec les sociétés post-coloniales européennes, notamment la France, qui, selon lui, "décolonisa sans s’autodécoloniser". Dans la lignée de Critique de la raison nègre (La Découverte, 2013) et Politiques de l’inimitié (La Découverte, 2016), il dénonce avec force dans Brutalisme les dangers du libéralisme économique qui "transforme l’humanité en matière et énergie" dans notre société, via le progrès technologique.

« La langue française est devenue une langue africaine. (…) Si, de fait, elle demeure l’une des composantes de ce que l’on appelle « l’identité française », cette part de l’identité nationale n’est plus le propre de la France en tant que telle. Elle est désormais transnationale. »

Après une thèse de doctorat commencée à Paris sur le mouvement nationaliste camerounais, il part en 1986 aux États-Unis pour enseigner dans différentes universités et publie Afriques Indociles. Christianisme, pouvoir et État en société postcoloniale. Établi au Cap, il publie en 2000 De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine.

Alors que s’achevait la célébration du cinquantenaire des indépendances africaines, Achille Mbembe a publié en octobre 2010 Sortir de la grande nuit : Essai sur l’Afrique décolonisée. Cet ouvrage qui allie un style tantôt sobre, tantôt poétique analyse certes les mutations, les heurts et les crises de tout un continent depuis les indépendances, mais pose sur ces mouvements un regard optimiste qui laisse entrevoir une voie possible pour l’Afrique aujourd’hui.

Participant à l’ouvrage évènement "La France noire", publié cette année sous la direction de Pascal Blanchard, Achille Mbembe a également préfacé en 2011 les “Œuvres” complètes de Frantz Fanon, rééditées à l’occasion des cinquante ans de la mort du psychiatre martiniquais. Une "pensée métallique" a laquelle il affirme devoir "l’idée qu’il y a dans toute personne humaine quelque chose d’indomptable, de foncièrement inapprivoisable, que la domination – peu en importent les formes – ne peut ni éliminer, ni contenir, ni réprimer totalement."

Parler de brutalisme pour parler d’un monde déshumanisé : c’est l’étonnant parallèle que fait l’auteur dans un nouvel essai finement documenté, Brutalisme (La Découverte, 2020) dans lequel l’auteur compare les matériaux bruts utilisés dans le style architectural du même nom, et les corps utilisés par les politiques néolibérales.


Bibliographie

  • Brutalisme (La Découverte, 2020)
  • Décolonisations françaises - La chute d’un empire (La Martinière, 2020)
  • Politique des temps – Imaginer les devenirs africains (Philippe Rey, 2019), avec Felwine Sarr
  • Écrire l’Afrique-Monde (Philippe Rey, 2017), avec Felwine Sarr
  • Politiques de l’inimitié (La Découverte, 2016)
  • Critique de la raison nègre (La Découverte, 2013)
  • Sortir de la grande nuit : Essai sur l’Afrique décolonisée(Editions La Découverte, 2010)
  • L’Afrique de Sarkozy, un déni d’Histoire avec J-P Chrétien, P.Boilley et Ibrahima Thioub (Karthala, 2008)
  • De la postcolonie : Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine (Karthala, 2000)
  • On Private Indirect Government (CODESRIA, 2000)
  • La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun (1920-1960) Histoire des usages de la raison en colonie (Karthala, 1996)
  • Le politique par le bas : Contribution à une problématique de la démocratie en Afrique noire avec J.F. Bayart, C. Toulabor (Karthala, 1991)
  • Afriques indociles. Christianisme, pouvoir et État en société postcoloniale (Karthala, 1998)
  • Les jeunes et l’ordre politique en Afrique noire (L’Harmattan, 1986)

Présentation de Sortir de la Grande Nuit

spip_logo La décolonisation africaine n’aura-t-elle été qu’un accident bruyant, un craquement à la surface, le signe d’un futur appelé à se fourvoyer ? Dans cet essai critique, Achille Mbembe montre que, au-delà des crises et de la destruction qui ont souvent frappé le continent depuis les indépendances, de nouvelles sociétés sont en train de naître, réalisant leur synthèse sur le mode du réassemblage, de la redistribution des différences entre soi et les autres et de la circulation des hommes et des cultures. Cet univers créole, dont la trame complexe et mobile glisse sans cesse d’une forme à une autre, constitue le soubassement d’une modernité que l’auteur qualifie d’« afropolitaine ».
Il convient certes de décrypter ces mutations africaines, mais aussi de les confronter aux évolutions des sociétés postcoloniales européennes - en particulier celle de la France, qui décolonisa sans s’autodécoloniser -, pour en finir avec la race, la frontière et la violence continuant d’imprégner les imaginaires de part et d’autre de la Méditerranée. C’est la condition pour que le passé en commun devienne enfin un passé en partage.
Écrit dans une langue tantôt sobre, tantôt incandescente et souvent poétique, cet essai constitue un texte essentiel de la pensée postcoloniale en langue française.

Revue de presse :

  • "Achille Mbembe invite à défricher les voies d’une possible renaissance, à étendre contre l’emprise, sur le continent, de la mort et de la violence, des réserves de vies." L’Humanité (06/11/2010)
  • "Il y a du principe espérance dans ce livre écrit dans une langue flamboyante qui donne autant à voir qu’à penser." La Quinzaine littéraire (29/12/2010)
  • "Partant de la « volonté de vie » qu’exprima la décolonisation, l’auteur esquisse "l’énorme travail de réassemblage" des structures de la pensée en cours en Afrique. D’une plume ardente, souvent poétique, englobant dans sa réflexion tous les traits de l’Afrique contemporaine, il interroge au passage la France, "qui décolonisa sans s’autodécoloniser", et son propre pays, le Cameroun. " La Croix
  • "Un ouvrage dense et au style par moments ardu, mais à même d’éclairer bien des débats actuels." Alternatives Economiques
  • "Mêlant l’histoire et l’intime, la désillusion de la postindépendance et sa propre histoire à l’ombre de la dictature d’Ahmadou Ahidjo (1960-1982) au Cameroun, l’historien et philosophe camerounais offre un deuil aux espérances trahies et redonne du sens à la mort sans sépulture des militants indépendantistes (...) L’essai devient incisif en entrant dans le débat français. Dans une défense convaincante mais critique des études postcoloniales, Mbembe réhabilite l’analyse des discours et des représentations. Seule solution pour l’Afrique : tourner le dos à cette France en pleine crise de nostalgie coloniale et en voie de "provincialisation", et miser sur "l’afropolitanisme", citoyenneté créole en mouvement qui serait le propre de l’Afrique, avec l’Afrique du Sud "arc-en-ciel" pour modèle. Addition d’articles rassemblés pour l’occasion, le livre est quelque peu hétéroclite, dans un style parfois hermétique, mais souvent lumineux." Alternatives Internationales
Brutalisme

Brutalisme

La Découverte - 2020

Toutes les sphères de l’existence sont désormais pénétrées par le capital, et la mise en ordre des sociétés humaines s’effectue dorénavant selon une seule et même directive, celle de la computation numérique. Mais alors que tout pousse vers une unification sans précédent de la planète, le vieux monde des corps et des distances, de la matière et des étendues, des espaces et des frontières, persiste en se métamorphosant. Cette transformation de l’horizon du calcul se conjugue paradoxalement avec un retour spectaculaire de l’animisme, qui s’exprime non sur le modèle du culte des ancêtres, mais du culte de soi et de nos multiples doubles que sont les objets.

Avec le devenir-artificiel de l’humanité et son pendant, le devenir-humain des machines, une sorte d’épreuve existentielle est donc engagée. L’être ne s’éprouve plus désormais qu’en tant qu’assemblage indissociablement humain et non humain. La transformation de la force en dernier mot de la vérité de l’être signe l’entrée dans le dernier âge de l’homme, celui de l’être fabricable dans un monde fabriqué. À cet âge, Achille Mbembe donne ici le nom de brutalisme, le grand fardeau de fer de notre époque, le poids des matières brutes.

La transformation de l’humanité en matière et énergie est le projet ultime du brutalisme. En détaillant la monumentalité et le gigantisme d’un tel projet, cet essai plaide en faveur d’une refondation de la communauté des humains en solidarité avec l’ensemble du vivant, qui n’adviendra cependant qu’à condition de réparer ce qui a été brisé.

De la postcolonie. Essai sur l'imagination politique dans l'Afrique contemporaine

De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine

La Découverte - 2020

Désormais classique dans le monde anglophone, ce livre est une puissante contribution à la critique de la tyrannie et de l’autoritarisme, cette facette inavouée et longtemps réprimée de notre modernité tardive.

Achille Mbembe interroge la manière dont les formations sociales issues de la colonisation s’efforcèrent, alors que les politiques néolibérales d’austérité accentuaient leur crise de légitimité, de forger un style de commandement hybride et baroque, marqué par la prédation des corps, une violence carnavalesque et une relation symbiotique entre dominants et dominés. À ces formations et à ce style de commandement, il donne le nom de postcolonie.

Si l’anthropologie, l’histoire et la science politique y ont leur place, cette réflexion est avant tout d’ordre esthétique, car elle porte sur la stylistique du pouvoir. Elle tire son inspiration de l’écriture romanesque et de la musique africaine du dernier quart du XXe siècle. En allant à la rencontre de la création artistique et des esprits des morts, ce texte montre que dans des espaces apparemment voués au néant et à la négation gisent des possibilités insoupçonnées, celles-là mêmes qui permettent de ressusciter le langage.


Politique des Temps - Imaginer les devenirs africains (02)

Philippe Rey - 2019

Des grands intellectuels africains s’interrogent sur l’avenir du Continent
Dans les Suds du monde, des voix neuves et originales s’élèvent et tentent de prendre en charge une pensée de notre terre commune. L’Afrique n’est pas seulement le lieu où se joue une partie de l’avenir de la planète. Elle est l’un des grands laboratoires d’où émergent des formes inédites de la vie sociale, économique, politique, culturelle et artistique d’aujourd’hui.

Ce livre est le produit des Ateliers de la pensée, tenus à Dakar en novembre 2017. Les auteur(e)s y convoquent pêle-mêle la littérature, la philosophie, l’histoire, la géographie, les arts, l’économie, la sociologie, la pédagogie et la poésie pour tisser des problématiques, les étendre, les traduire et les déplacer. Est-il possible d’habiter l’Afrique – et par-delà, le monde – différemment ?


Écrire l'Afrique-Monde

Écrire l’Afrique-Monde

Philippe Rey - 2017

En ce début de siècle, l’Afrique apparaît comme l’un des théâtres principaux où se jouera l’avenir de la planète. Pour ses habitants et ses diasporas – tous ceux qui pendant longtemps ont été pris dans les rets du regard conquérant d’autrui –, le moment est propice de relancer le projet d’une pensée critique, confiante en sa propre parole, capable d’anticiper et de créer des chemins nouveaux à la mesure des défis de notre époque. 
Il nous a semblé qu’il fallait inventer une plate-forme libre, qui favorisât l’énonciation d’une parole plurielle, ouverte sur le large. C’est pour cette raison que s’est tenue du 28 au 31 octobre 2016 à Dakar et à Saint-Louis- du-Sénégal la première édition des Ateliers de la pensée. Une trentaine d’intellectuels et d’artistes du Continent et de ses diasporas se sont réunis pour réfléchir sur le présent et les devenirs d’une Afrique au cœur des transformations du monde contemporain. 
Leurs textes, présentés dans cet ouvrage, traitent de questions liées à la décolonialité, à l’élaboration d’utopies sociales, à la condition planétaire de la question africaine, à la quête de nouvelles formes de production du politique, de l’économique et du social, à l’articulation de l’universel et du singulier, à la littérature et à l’art, à la reconstruction de l’estime de soi, à la pensée de l’en-commun… Des regards croisés qui éclairent d’un jour nouveau les enjeux d’une Afrique en pleine mutation, ouverte à l’univers de la pluralité et des larges. 
Ce livre est un appel général et pressant à reprendre de vieux combats jamais clos et à en engager d’autres qu’appellent les temps nouveaux.
Achille Mbembe et Felwine Sarr.


Revue de presse

  • “Ecrire l’Afrique-Monde est un ouvrage majeur qui sera discuté plusieurs décennies encore, au même titre que la première session des Ateliers qui l’ont fécondé.” (Hamidou Anne, Africultures)

Écrire l’Afrique-Monde

Philippe Rey - 2017

En ce début de siècle, l’Afrique apparaît comme l’un des théâtres principaux où se jouera l’avenir de la planète. Pour ses habitants et ses diasporas – tous ceux qui pendant longtemps ont été pris dans les rets du regard conquérant d’autrui –, le moment est propice de relancer le projet d’une pensée critique, confiante en sa propre parole, capable d’anticiper et de créer des chemins nouveaux à la mesure des défis de notre époque. 
Il nous a semblé qu’il fallait inventer une plate-forme libre, qui favorisât l’énonciation d’une parole plurielle, ouverte sur le large. C’est pour cette raison que s’est tenue du 28 au 31 octobre 2016 à Dakar et à Saint-Louis- du-Sénégal la première édition des Ateliers de la pensée. Une trentaine d’intellectuels et d’artistes du Continent et de ses diasporas se sont réunis pour réfléchir sur le présent et les devenirs d’une Afrique au cœur des transformations du monde contemporain. 
Leurs textes, présentés dans cet ouvrage, traitent de questions liées à la décolonialité, à l’élaboration d’utopies sociales, à la condition planétaire de la question africaine, à la quête de nouvelles formes de production du politique, de l’économique et du social, à l’articulation de l’universel et du singulier, à la littérature et à l’art, à la reconstruction de l’estime de soi, à la pensée de l’en-commun… Des regards croisés qui éclairent d’un jour nouveau les enjeux d’une Afrique en pleine mutation, ouverte à l’univers de la pluralité et des larges. 
Ce livre est un appel général et pressant à reprendre de vieux combats jamais clos et à en engager d’autres qu’appellent les temps nouveaux.
Achille Mbembe et Felwine Sarr


Critique de la raison nègre

La Découverte - 2013

De tous les humains, le Nègre est le seul dont la chair fut faite marchandise. Au demeurant, le Nègre et la race n’ont jamais fait qu’un dans l’imaginaire des sociétés européennes. Depuis le XVIIIe siècle, ils ont constitué, ensemble, le sous-sol inavoué et souvent nié à partir duquel le projet moderne de connaissance - mais aussi de gouvernement - s’est déployé. La relégation de l’Europe au rang d’une simple province du monde signera-t-elle l’extinction du racisme, avec la dissolution de l’un de ses signifiants majeurs, le Nègre ? Ou au contraire, une fois cette figure historique dissoute, deviendrons-nous tous les Nègres du nouveau racisme que fabriquent à l’échelle planétaire les politiques néolibérales et sécuritaires, les nouvelles guerres d’occupation et de prédation, et les pratiques de zonage ? Dans cet essai à la fois érudit et iconoclaste, Achille Mbembe engage une réflexion critique indispensable pour répondre à la principale question sur le monde de notre temps : comment penser la différence et la vie, le semblable et le dissemblable ?


Sortir de la grande nuit : Essai sur l’Afrique décolonisée

La Découverte - 2010

Sortir de la grande nuit : Essai sur l’Afrique décolonisée La décolonisation africaine n’aura-t-elle été qu’un accident bruyant, un craquement à la surface, le signe d’un futur appelé à se fourvoyer ? Dans cet essai critique, Achille Mbembe montre que, au-delà des crises et de la destruction qui ont souvent frappé le continent depuis les indépendances, de nouvelles sociétés sont en train de naître, réalisant leur synthèse sur le mode du réassemblage, de la redistribution des différences entre soi et les autres et de la circulation des hommes et des cultures. Cet univers créole, dont la trame complexe et mobile glisse sans cesse d’une forme à une autre, constitue le soubassement d’une modernité que l’auteur qualifie d’" afropolitaine ". II convient certes de décrypter ces mutations africaines, mais aussi de les confronter aux évolutions des sociétés postcoloniales européennes - en particulier celle de la France, qui décolonisa sans s’autodécoloniser-, pour en finir avec la race, la frontière et la violence continuant d’imprégner les imaginaires de part et d’autre de la Méditerranée. C’est la condition pour que le passé en commun devienne enfin un passé en partage. Ecrit dans une langue tantôt sobre, tantôt incandescente et souvent poétique, cet essai constitue un texte essentiel de la pensée critique en langue française.

Nouveau roman africain : entre exil et mégapoles

Nouveau roman africain : entre exil et mégapoles

Saint-Malo 2011

“Pendant presque 40 ans, la littérature africaine a été assignée à résidence.” Felwine Sarr

Les écrivains Felwine Sarr et Sami Tchak dialoguent avec le politologue Achille Mbembe. La littérature du continent est-elle à la hauteur de l’Afrique qui naît ? . Présenté par Jean-Claude Le Brun. (1h)
 


Une nouvelle Afrique en train de naître

Une nouvelle Afrique en train de naître

Rencontre avec Achille Mbembe. - Saint-Malo 2011

“Le continent africain est au seuil d’un grand basculement, il est au seuil de ce qu’on pourrait appeler sa "grande transformation"”

Achille Mbembe

(01h05)