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MIZUBAYASHI Akira

Japon

Reine de coeur (Gallimard, 2022)

© Francesca Mantovani

Écrivain d’expression française et traducteur, cet universitaire japonais enseigne au département d’études françaises de l’université Sophia à Tokyo. Il occupe une place singulière parmi les écrivains japonais ; il écrit et s’exprime dans la langue de Molière avec une aisance et une subtilité admirables, qui lui ont valu de nombreux prix, dont celui du rayonnement de la langue et de la littérature françaises de l’Académie française pour son essai autobiographique Une langue venue d’ailleurs. L’auteur prolonge cet amour de la langue dans son premier roman Un amour de Mille Ans, écrit telle une partition, à la manière d’un virtuose. Son exploration musicale et linguistique se poursuit avec Âme brisée pour lequel il reçoit le Prix des libraires 2020. Après le succès retentissant de ce dernier, Mizubayashi revient avec Reine de cœur où une altiste parisienne et un écrivain japonais retracent le parcours de vie de leur grand-père musicien au destin tragique. Dans cette œuvre, l’écrivain renoue avec un de ses thèmes de prédilection qu’est la musique, toujours en trame de fond, imprégnant chacune des pages d’une sensibilité lyrique.


Bibliographie

Romans

  • Reine de coeur (Gallimard, 2022)
  • Âme brisée (Gallimard, 2019)
  • Un amour de Mille-Ans (Gallimard, 2017)

Essais

  • Dans les eaux profondes : Le bain japonais (Arléa, 2018)
  • Petit éloge de l’errance (Gallimard, 2014)
  • Une langue venue d’ailleurs (Gallimard, 2013)

Autobiographies

  • Mélodie, chronique d’une passion (Gallimard, 2014)
Reine de coeur

Reine de coeur

Gallimard - 2022

2007. Mizuné est une jeune altiste parisienne. À l’issue d’un concert, un spectateur lui conseille la lecture d’un roman. Mizuné y découvre l’histoire d’un musicien japonais qui a vécu les dernières années sombres de la Guerre sino-japonaise. Altiste, il avait étudié au Conservatoire de Paris juste avant la Seconde Guerre mondiale et avait dû quitter son grand amour, une jeune Française, pour rentrer au Japon en 1939. Ce destin lui rappelle étrangement celui de ses grands-parents qu’elle n’a jamais connus. Sa mère, Agnès, lui confirme la ressemblance de ce récit avec l’histoire de Jun et Anna, ses grands-parents. Mizuné décide de rencontrer l’auteur du roman, un jeune Japonais, Otohiko, qui vit à Paris. Il lui confie que son livre est né de la lecture du journal de son grand-père, Jun. Au fil du récit se précise le destin de leur grand-père commun, qui a mis fin à ses jours, hanté par les atrocités de la guerre. Mais la rencontre inattendue entre Mizuné et Otohiko aura donné naissance à une nouvelle histoire d’amour. Le passé récent du Japon et les atrocités commises au nom de la grandeur nationale ; la musique vécue comme ce que l’humanité porte en elle de meilleur ; la transmission du passé à travers les générations malgré les silences familiaux ; l’amour de la langue française : Akira Mizubayashi, continuant d’explorer les thèmes qui lui sont chers, nous offre un roman émouvant et captivant.

Âme brisée

Âme brisée

Gallimard - 2019

Tokyo, 1938. Quatre musiciens amateurs passionnés de musique classique occidentale se réunissent régulièrement au Centre culturel pour répéter. Autour du Japonais Yu, professeur d’anglais, trois étudiants chinois, Yanfen, Cheng et Kang, restés au Japon, malgré la guerre dans laquelle la politique expansionniste de l’Empire est en train de plonger l’Asie.
Un jour, la répétition est brutalement interrompue par
l’irruption de soldats. Le violon de Yu est brisé par un militaire, le quatuor sino-japonais est embarqué, soupçonné de comploter contre le pays. Dissimulé dans une armoire, Rei, le fils de Yu, onze ans, a assisté à la scène. Il ne reverra jamais plus son père... L’enfant échappe à la violence des militaires grâce au lieutenant Kurokami qui, loin de le dénoncer lorsqu’il le découvre dans sa cachette, lui confie le violon détruit. Cet événement constitue pour Rei la blessure première qui marquera toute sa vie...
Dans ce roman au charme délicat, Akira Mizubayashi explore la question du souvenir, du déracinement et du deuil impossible. On y retrouve les thèmes chers à l’auteur
d’Une langue venue d’ailleurs : la littérature et la musique, deux formes de l’art qui, s’approfondissant au fil du temps jusqu’à devenir la matière même de la vie, défient la mort.