Reflets

Écrit par Alexis Molina, incipit 1, en Terminale au Lycée Georges Duby à Luynes (13). Publié en l’état.

Le jeune homme tremble. Son nom est Gavrilo Princip et dans sa poche il tient un revolver.
Je sentais le métal, froid et dur de la crosse dans ma main. Plus je me concentrais sur cette sensation, plus je serrais. Autour de moi, la foule braillait, trop heureuse d’avoir une occasion de sortir, et ce nom, François-Ferdinand, résonnait contre les pavés blancs de Sarajevo. Un demi sourire se dessina sur mon visage. Bientôt, les cris de joie se transformeraient en hurlement d’horreur parce que j’aurais choisi de bouger mon doigt, de presser la gâchette.
Le ronronnement de la voiture se fit plus fort, plus pressant. Son nez apparut, fier, et bientôt, le véhicule passa sur le pont. Je me glissai au premier rang, me frayant un chemin à travers la foule, glissant entre les pardessus beiges et les vestons noirs et, quand le cortège passa enfin devant moi, le temps sembla s’arrêter. Un sourire qui tenait plus du rictus collé au visage, je sortis tranquillement mon arme que je pointais sur la vitre arrière et, l’espace d’un instant, dans la fraction de seconde qu’il me fallut pour presser la détente, je jurais que l’archiduc me regardait, d’un regard calme et assuré. Je fermais les yeux. François-Ferdinand, l’archiduc d’Autriche et occupant de la Bosnie-Herzégovine, était mort. Et, autour de moi, la foule hurlait, se pressait, alors que le bruit du coup de feu résonnait encore sur les pavés. L’odeur du sang commençait à se répandre sur la ville, celui du duc, mais aussi celui de tous ceux qui se pressaient pour me fuir, moi l’assassin de François-Ferdinand.
Une main se posa sur mon épaule, me forçant à me retourner pour faire face à un homme imposant.
Il me regarda un instant, puis, de sa main libre, il abattit quelque chose sur mon crâne. Le bruit de la foule se fit silence.
Mes yeux refusaient de s’ouvrir. Malgré tous mes efforts, ils restaient obstinément clos. Je passai la main devant mon visage et, j’aperçus un léger mouvement dans l’obscurité. Mes yeux n’étaient pas fermés, il n’y avait tout simplement pas de lumière. Je tâtonnais autour de moi. J’étais visiblement assis sur un banc froid, probablement en pierre, mais plus lisse, comme si c’était du marbre, et j’étais entouré par du vide. Il n’y avait rien autour de moi, si bien que je n’osais pas m’éloigner du banc. Brusquement, un bruit retentit dans mon dos, celui d’une torche qui s’allume. Je me retournais rapidement. Un flambeau était accroché au mur, diffusant une lumière chaude. Le bruit se fit de nouveau entendre et, bientôt, la pièce fut entièrement éclairée par des torches, les crépitements du feu résonnait dans la pièce que je découvris. C’était un hexagone, un hexagone dont chaque mur était un immense miroir bordé de moulures en or. L’ensemble était perturbant. Je voyais mon reflet partout, je n’avais aucun moyen de fuir l’image de jeune homme perdu que me renvoyaient les murs de la pièce. Au dessus de moi, la fumée des torches montait vers une large coupole d’or et répandait son odeur acre dans toute la pièce. A mes pieds, le sol était en marbre rose, tout comme le banc sur lequel j’étais assis.
− Bienvenue.
Une voix résonna dans mon dos, me poussant à me retourner brusquement. Un jeune homme se tenait là, tranquille, les mains dans le dos. Il portait un costume élégant et sobre. Un simple gilet noir sur une chemise blanche. Il me regardait, attendant visiblement que je dise quelque chose.
− Où suis-je ?
J’essayais de paraître le plus détaché possible, mais j’étais complètement paniqué, ce que dut comprendre l’homme qui sourit tranquillement.
− Ce n’est pas vraiment la bonne question … Si je commençais par là, vous seriez perdu … Il leva les yeux au ciel comme s’il réfléchissait avant de me ré-accorder son attention et de reprendre. Non, définitivement non. Ce n’est pas la bonne question. Faîtes un effort.
J’étais perdu et cet homme, avec ses yeux marron brillants, ses cheveux blonds foncés coupés relativement courts et son visage juvénile ne m’inspirait pas confiance.
− Qu’est ce que … Qu’est ce que je fais là ?
Cette fois, son sourire se fit plus naturel, il semblait vraiment heureux que je le lui demande.
− Voilà la question que j’attendais ! Vous … Il se caressa le menton avant de continuer. Ça vous gène se je vous tutoies ? J’ai beaucoup de mal à vouvoyer les personnes plus jeunes que moi … J’acceptai d’un signe de tête, il reprit. Bien, je disais donc, tu es ici car tu as tué l’achiduc. A ce sujet … Je suis désolé pour … Le petit incident de tout à l’heure, tu sais l’armoire à glace qui t’a assommé ? Je fis un signe de tête. Mais c’était plus pratique que de tout t’expliquer. Tu es donc ici parce que tu as tué l’archiduc, et, parce que ce dernier a décidé que son assassin lui succéderait.
Je regardais l’homme en face de moi sans comprendre, et il semblait s’amuser de mon regard perdu, et son sourire se reflétait dans toute la pièce, rebondissant sur les miroirs. Il continua.
− Ne t’inquiète pas, les choses vont s’éclaircir. François-Ferdinand a donc décidé que tu lui succéderais. Cependant, ne vas pas croire qu’on peut devenir archiduc comme cela. Il faut …
− Je me fous de ce qu’il faut. Ce fut au tour du jeune homme de paraître surpris. Je me fous de ce qu’il faut ! Mes idées commençaient à s’éclaircir. Je ne serai pas archiduc. Savez-vous pourquoi j’ai tué cet homme ? Ma voix résonnait dans la pièce, et je m’étais mis à crier. Parce que je suis anarchiste ! Parce que je hais le pouvoir !
− Ce n’est que ça ? L’homme ne se départit pas de son calme. Et alors ? Tu peux imposer un gouvernement anarchiste si ça te chante, là n’est pas la question. Puis … Es-tu certain de l’avoir tué par idéalisme ? N’y avait-il pas un peu d’orgueil derrière tout ça ? Laisser sa marque dans l’Histoire, avoir son nom écrit dans les manuels, ce sont de plutôt bonnes raisons non ?
Sa réaction me fit perdre mes moyens. L’orgueil ? Vraiment … Il en profita pour continuer.
− Je disais donc, il faut tester ceux qui vont prendre le pouvoir, et ce, depuis la nuit des temps. Aussi, voilà ce qu’est cet endroit. Une salle de test pour les dirigeants de ce monde. Empereurs romains, pharaons égyptiens, rois français, présidents américains, tous ce sont assis sur ce banc, et je les ai tous jugés. Ce qui nous mène à ta prochaine question.
− Qui êtes vous ? Je reculais au fur et à mesure que je prenais conscience des paroles de l’homme en face de moi. S’il ne mentait pas, il avait plus de 2000 ans.
− Hermé. Le … Gardien de ce lieu. Et je suis donc chargé de définir si, oui ou non, tu pourras devenir archiduc.
− Vous avez …
− J’ai arrêté de compter à partir de 2500 ans. C’est un âge qui me plaît. Enfin … Nous ne sommes pas ici pour parler de moi, mais de toi, alors commençons.
Il passa à côté de moi, m’effleurant presque, et alla poser la main sur le miroir derrière moi.
− Si tu as tué l’archiduc, c’est parce que tu veux libérer ton pays du joug de l’envahisseur, je me trompe ?
J’hésitai avant de répondre.
− C’est bien ça.
Le miroir sur lequel il s’appuyait devint flou, et une image apparut rapidement à sa surface, un grand bâtiment où des centaines d’hommes et de femmes étaient pliés au dessus de tables, fabricants d’étranges vêtements bariolés.
− Dans 100 ans, la voix d’Hermé vint se superposer à l’image, ton peuple que tu aimes tant travaillera pour une misère, servant les pays riches qui le domineront totalement.
L’image de la fabrique laissa place à celle d’une rue déserte, où seul un homme marchait, le dos courbé, serrant un paquet contre sa poitrine.
− Dans 150 ans, ce même peuple se sera rebellé contre les pays l’exploitant, exigeant qu’on cesse de les oppresser. C’est ce qu’il se passera. Il n’y aura plus de travail et la pauvreté deviendra de plus en plus forte.
L’image s’effaça, mais le miroir ne redevint pas gris, cette fois, il montrait une ville ravagée, souillée par le sang, des colonnes de fumés se dressant vers un ciel en deuil.
− Dans 200 ans, le pays sera ravagé par une guerre civile sans précédent, mais aucune des puissances du monde n’interviendra. Les bosniaques s’entre-tueront, et ton pays deviendra une terre inhabitée. Voilà pourquoi tu te bas.
Je respirais difficilement, perturbé par ce que je venais de voir.
− Ces images … Ce qu’elles montrent est-il inévitable ? Ou tout ça sera la conséquence de ma prise de pouvoir ?
− Ces événements sont ... Envisageables. C’est la seule chose que je puisse te dire.
Il se mit à marcher, en suivant le mur, sa main glissant sur les miroirs. Elle caressa les ruines de Sarajevo pour quitter l’image et se poser sur un deuxième miroir. Je le suivais du regard, réfléchissant à ce que je venais d’apprendre.
− Un roi, la voix d’Hermé résonna de nouveaux dans la salle, se doit de savoir faire des sacrifices.
Le miroir s’illumina et je me vis, les cheveux grisonnants, le regard sévère, assis dans un café face à ma mère, elle pleurait toute les larmes de son corps.
− Tu ne peux pas faire ça ! Sa voix, douce, pleine de tristesse, emplit la salle. C’est ton frère !
− Il a enfreint la loi. Ce fut celle de mon image dans le miroir qui lui répondit. Si je ne le condamne pas à mort, je perdrai la confiance du peuple. Certaines causes ... Je semblais chercher mes mots, méritent des sacrifices.
Le bruit d’une gifle résonna dans la pièce, et l’image se figea, Hermé semblait prêt à reprendre la parole mais je l’arrêtai.
− Quel est l’intérêt de ce test ? De ces images, en quoi cela définira-i-il si je serais un bon dirigeant ou non ? Si j’avais tué l’archiduc par idéologie, je ne prendrais pas sa place, et si je l’avais fait uniquement par orgueil, comme vous le pensez, alors je n’accorderai aucune importance à l’avenir de mon pays, la seule chose importante serait de laisser une marque dans l’histoire.
Il me fixa avec intensité.
− Peu importe ce que tu feras après. Pour en revenir au test … Tu n’as pas encore compris ? Regarde toi. Tes mains tremblent, et je sens qu’à chacune de mes paroles, tes poings se crispent. Tu es à bout. Voilà le but de ce test. Si tu le réussis, tu pourras devenir roi, et faire ce que tu veux, être bon ou mauvais, mais si tu échoues, toutes ces images te rendront fou, et tu n’accéderas pas au pouvoir, voilà le but de ce test. Un roi, qu’il soit bon au mauvais, se doit d’avoir de la force de caractère. S’il ne sait pas résister à la pression, il n’a aucune raison de diriger. Continuons.
Je grinçais des dents pendant que sa main glissait sur le visage de ma mère, et se dirigeait vers un nouveau miroir.
− Un roi, reprit-il, peut être riche.
L’image qui apparut était fixe, comme une photo. J’étais assis sur un trône recouvert d’une étoffe en soie écarlate, la tête posée négligemment sur le poing, le regard dur, le front serti d’une fine couronne en or, et, derrière moi, l’argent s’amoncelait alors qu’à mes pieds, des hommes en haillons étaient agenouillés, attendant une aide quelconque.
J’étais tellement captivé par l’image, par mon regard glacial, que je n’avais pas vu Hermé se déplacer, il m’attendait, imperturbable devant un nouveau miroir.
− Tout comme il peut être cruel.
Un homme portant une longue cape rouge brodée d’or marchait dans la rue, d’un pas sur, poussant du pied les cadavres sur son chemin. L’odeur des corps pourris sembla envahir la pièce depuis le miroir et me fit me boucher le nez. Une femme s’accrocha au manteau de l’homme en l’implorant.
− Seigneur ! S’il vous plaît, prenez mon enfant ! Amenez le au palais ! Sauvez le de l’épidémie.
L’homme s’arrêta, comme touché par la femme à ses pieds, et se retourna brusquement pour la frapper au visage, d’un coup de pied qui lui arracha un cri de douleur et de surprise. J’étais cet homme au regard vide et froid, qui se mit à s’acharner sur la femme au sol, recroquevillée, en hurlant :
− Ne me touche pas avec tes mains immondes ! Un rictus de haine figé sur le visage, les yeux déformés par la folie.
L’image se figea sur le corps inanimée de la vielle femme sur lequel pleurait un enfant.
J’étais secoué par des hauts le c ?ur, et je réprimais une violente nausée. Intraitable, Hermé continua à éclairer les miroirs.
Cette fois, celui sur lequel il posa la main devint totalement noir. Il me regarda.
− Un roi doit être fort.
Et le noir m’envahit, me privant de mes sens. Il me priva de ma vue, mais aussi de l’odeur de la fumée des torches, ou du bruit du crépitement des flammes. Seule la voix du jeune homme continuait à m’atteindre.
− Si un roi n’est pas fort, il n’est pas digne de la confiance de son peuple. Il doit trouver des solutions, réussir à lutter contre ses peurs.
Je perdais le contrôle, battant des bras autour de moi, cherchant un appuis, quelque chose à quoi me raccrocher, autre que la voix de mon bourreau qui résonnait.
− Sors toi de là, Gavrilo. Prouve moi que tu n’es pas juste un homme comme les autres qui a voulu prouver qu’il était capable de faire quelque chose de sa vie, prouve moi que tu es vraiment différent ?
J’essayai de me calmer, en respirant lentement.
− Comment ? J’essayai de cacher le tremblement de ma voix, tout en fermant les yeux.
Une main se posa sur mon épaule.
− En faisant le calme dans ta tête, en luttant pour garder le contrôle, comme tu viens de le faire. Tu peux rouvrir les yeux tu sais.
J’étais de nouveau dans la pièce, en face du dernier miroir renvoyant mon reflet, contre lequel Hermé était appuyé, il souriait, et tenta même de détendre l’atmosphère.
− Heureusement que tu n’as que la phobie du noir et peur de perdre l’usage de tes sens. Une fois, je suis tombé sur un homme qui avait peur de l’eau, alors, j’ai remplis la salle d’eau. Je n’avais pas pensé qu’il avait besoin de respirer et il s’est noyé …
Il parlait de cette anecdote avec un détachement qui me fit frissonner, il avait tué un homme et cela ne lui faisait rien. Comme s’il lisait dans mes pensés, il reprit :
− Ce n’est pas le premier homme que j’ai tué, beaucoup sont morts dans cette salle, les premiers me posaient quelques difficulté, je me sentais mal pour eux mais, au fur et à mesure, j’ai compris qu’il était inutile d’avoir des sentiments pour les morts. Mais, peu importe, reprenons.
Il posa la main sur le dernier miroir, mais celui ci ne s’illumina pas immédiatement.
− C’est presque fini, et j’ai conscience de ne pas avoir été tendre avec toi, à vrai dire, alors, pour la dernière image, je serais moins … méchant.
Le miroir prit forme, et je me découvris, perché sur un cheval au pelage immaculé, une épée de cérémonie à la main, face à une armée. Les hommes devant moi portaient des baïonnettes, des fusils, des grenades pendaient à la ceinture de leurs uniformes, et tous me fixaient avec espoir.
− Je ne peux pas me venter de connaître chacun d’entre vous, à vrai dire, je ne connais même pas vos noms, en revanche, je connais vos rêves. Car nous avons tous le même, celui d’un jour où notre pays n’aura plus à courber l’échine, d’un jour où vous pourrez dire fièrement que vous êtes bosniaques ! C’est pour ce rêve que vous êtes ici, pour ce rêve que nous sommes ici, et pour ce rêve que nous nous battrons !
L’image se figea et Hermé me rejoignit au centre de la pièce, et me lança :
− Un roi doit savoir se battre pour son pays, en première ligne.
Je tournais sur moi même. Il n’y avait plus de miroirs, seulement des images d’un futur possible, seulement des images de moi ou de ce que je pourrais créer, seulement des possibilités. Mais, aucune ne m’enchantait, je n’avais pas envie de mener une armée au combat, tout comme je n’avais pas envie de devenir un tyran, car je n’avais pas envie de prendre le pouvoir.
− Bien. Tu as quelque chose à me dire ?
− A vous dire ? Hermé me fixait calmement, et semblait pouvoir attendre indéfiniment. Et bien … Je pense que la seule chose que je puisse affirmer à cet instant est que je vous déteste. Profondément … Je n’avais pas à voir ces images, vous n’aviez pas à …
Il m’interrompit :
− C’est bon. Pas la peine de continuer. Vous me tenez tous le même discours à la fin. Et c’est normal, ça fait partie du test, l’honnêteté, la capacité de juger les gens. Ce sont des qualités importantes pour un roi. Et si quelqu’un ne comprend pas que je suis quelqu’un de mauvais, il échoue.
− Tu a donc réussi. Bravo. Il se gratta le menton en silence, et leva le doigt brusquement. Ne prends pas mal le traitement que je t’ai infligé, j’ai juste fait mon travail, il n’y a rien de personnel dans tout ça. Tu as été payé pour tuer l’archiduc, et moi je suis … payé, en quelque sorte, pour ce que je viens de faire. Peu importe, te voilà archiduc.
− Et si je ne veux pas ?
− Tu n’as pas le choix, dès le moment où tu es entré ici, tu n’avais plus que l’option de devenir fou ou archiduc. Je vais bientôt te libérer de cette pièce, mais avant, il me reste une dernière chose à faire. En fait, il m’en reste deux. La première et de te prévenir que la mort de François-Ferdinand va entraîner une guerre, la plus terrible que l’humanité ait jamais connue, tu vas donc devoir travailler pour limiter les morts. La deuxième est que chaque personne qui sort de cette pièce a le droit à un v ?u que j’exaucerai. Ce v ?u ne doit impliquer que lui, aussi, tu peux faire une croix sur la paix dans le monde ou la richesse pour ton pays. L’ancien archiduc avait demandé, par exemple, de savoir qui le tuerait et quand, et toi, que veux-tu ?
Sa question me surprit, je ne m’attendais pas à ça. Je fermais les yeux, et les images que je venais de voir défilèrent dans ma tête. Ma mère, Sarajevo en ruine, cette vielle femme, la guerre, un v ?u qui puisse éviter tout cela …
− Je sais ! Je relevais là tête, brusquement, je souhaite revenir dans le temps, cinq minutes avant l’assassinat de François-Ferdinand !
Hermé me fixa surprit, et se mit à rire. Quand il se calma et redevint sérieux, il hocha la tête.
− Tu es le premier, et tu seras probablement le seul, à sortir d’ici sans couronne, et en étant sain d’esprit. A vrai dire, tu es le premier à sortir sain d’esprit de cette pièce, car le pouvoir est une forme de folie. Bien, alors ferme les yeux.
Quand je les rouvris, je fus étourdit par la lumière du jour et les cris de la foule, la voiture s’avançait sur le pont blanc de Sarajevo, alors que je tournais le dos et m’enfonçait pour disparaître au milieux de la foule. La crosse de mon arme, froide et dure contre ma main. Un coup de feu résonna dans la ville, mais cette fois, je n’étais pas celui qui avait tiré. Un spectacle aux airs de déjà vu se déroula sous mes yeux. La foule se pressant, les cris, l’odeur de sang. Pourtant, malgré tout, je restais calme.
Alors comme ça, je n’étais pas le seul à vouloir laisser une trace dans l’histoire …

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