Tsofa

Rufin MBOU MIKIMA (Inzo Ya Bizizi, 2012’52)

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« Tsofa » raconte la mésaventure de 34 jeunes Noirs du Congo Démocratique engagés comme chauffeurs de taxi à Bucarest, capitale de la Roumanie. Victor, Christian, Papa Lambert et les autres ont été recrutés à Kinshasa courant 2008 pour venir travailler en Roumanie. De grandes promesses leur ont été faites sur le salaire et les conditions de travail.
Une fois à Bucarest, le rêve s’est très vite transformé en cauchemar : tout d’abord exploités, leurs contrats de travail ont été résiliés. Un autre calvaire commence pour eux : la légitimité de leur présence en Roumanie. Ceux qui n’ont pas encore été expulsés se battent pour rester et s’intégrer en Roumanie, confrontés à une nouvelle réalité. Pour les autres, le retour a un goût amer.

IN ENGLISH
Tsofa recalls the sad story of 34 young Congolese, hired as taxi drivers in Bucharest, the capital of Rumania. Victor, Christian, Papa Lambert and the others were recruited in Kinshasa in 2008 to go and work in Rumania. They were promised good salaries, good working conditions. Once they were in Bucharest, the dream turned into a nightmare, first, they were exploited, then their contracts were cancelled. A new ordeal was awaiting them : their staying in Rumania had become illegal. Those who had not been expelled fought to stay and become integrated in Rumania, facing a new reality. For the others, returning back home had a bitter taste


Note d’intention de Rufin MBOU MIKIMA

En lingala populaire (langue nationale des 2 Congo), « Tsofa » veut dire chauffeur.
Ce terme est amicalement attribué aux chauffeurs des transports en commun (taxi,
bus…).

A l’origine de ce film, la découverte d’un article de presse, classé dans la rubrique des faits divers des journaux roumains, fin 2008 lors de mon séjour en Roumanie.
Imigration-Expatriation.
A quel moment sommes-nous imigrés ? A quel moment sommes-nous expatriés ?
En avril 2008, j’ai été engagé par l’Organisation Internationale de la Francophonie
(OIF) comme volontaire chargé de l’animation linguistique et francophone. Dans le
train qui m’emmenait de la capitale vers Cluj (ma ville d’affectation), une question
surprenante m’a été posée : « Etes-vous footballeur ? ». « Non », répondis-je. Ce
n’est que quelques mois plus tard que j’ai compris le sens de cette question. En effet, après 12 mois passés en Roumanie, j’en suis arrivé à la conclusion suivante : pour les Roumains, les Noirs qui y vivent sont forcément soit footballeurs, soit étudiants (en médecine dans la plupart des cas).
La Roumanie m’est apparu comme un pays schizophrène. Elle peut à la fois être
capable de formidables élans de générosité, d’ouverture, de curiosité mais aussi mais
aussi prêt à s’enfoncer dans des considérations xénophobes et/ou racistes. Aussi, la
communauté Rom est stigmatisée et, des clichés les plus dévalorisants circulent
notamment sur les Moldaves et la communauté hongroise de la transylvanie
roumaine.
J’ai été personnellement confronté à cette bipolarité durant mon séjour en Roumanie.
Pour les Roumains que je rencontrais, j’étais quelque fois « l’immigré » avec son lot de préjugés quand ils pensaient que j’étais étudiant ou footballeur : celui qui a choisit la Roumanie pour trouver son bonheur. Aussi, quand je répondais que je n’étais ni l’un, ni l’autre, cela surprenait les gens. Et, de « l’immigré », je passais au statut de « l’expatrié » : celui dont la Roumanie a besoin pour ses compétences.
Je fus moi-même surpris quand j’ai appris un jour dans la presse, l’arrivée de 30
jeunes Congolais à Bucarest. Ils venaient de leur Afrique natale et n’étaient ni
footballeurs, ni étudiants mais devaient travailler comme chauffeurs de taxi, engagés
par l’une des plus importantes sociétés de taxi de Bucarest.
Des expatriés ?
Je me suis tout de suite intéressé à ce groupe. La proximité de nos pays d’origine
(moi du Congo-Brazzaville et eux de la RD Congo) a d’autant plus motivé cet intérêt.
Je voyais en eux, des « compatriotes », des « frères », des « compagnons
d’infortune ».
Ce film dénonce une injustice mais aussi veut aussi échanger
sur la l’expérience du déracinement avec les personnes avec lesquelles j’ai les mêmes origines. Même si l’immigration est parfois perçue comme une option de survie, il n’en demeure pas moins que le déracinement change des vies. Ce sont ces vies et ses parcours désormais modifiés dont je veux témoigner dans mon film.

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