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GRUZINSKI Serge

France

L’Aigle et le Dragon (Fayard, 2012)

© Jean-Marc Gourdon

Biographie

Historien français spécialiste de l’Amérique latine, enseignant à l’École des Hautes Études Sociales depuis 1993, Serge Gruzinski, né en 1949, est l’auteur de nombreux ouvrages en histoire anthropologique. S’intéressant aux expériences coloniales sous l’angle du métissage et des processus d’hybridation, ses essais se sont imposés comme des références en Sciences sociales.

Le mélange et l’hybridation ont toujours existé, explique le chercheur dans La Pensée métisse (1999) : l’acculturation, l’adoption par un groupe d’éléments de culture différente, est un phénomène universel et constitutif des cultures. Portant principalement sur le Mexique après la conquête espagnole, moment d’intense brassage interculturel, l’analyse de Serge Gruzinski montre comment deux populations que tout séparait ont su alors composer au point d’imbriquer leurs deux imaginaires artistiques, comme en témoignent les fresques des couvents, les chants, le plan des villes mexicaines.

Dans son dernier essai , L’Aigle et le Dragon, l’historien rapproche deux événements dont la concomitance n’a rien d’une coïncidence. Au début du XVIème siècle, à quelques mois d’intervalle, des Européens rencontrent l’empereur des Aztèques Moctezuma (1519) et celui des Chinois Zhengde (1520). Mais les destins des deux expéditions divergent : celle de l’Espagnol Hernán Cortés permet la conquête historique du Mexique, tandis que celle du Portugais Tomé Pires finit anéantie dans l’indifférence à Canton... L’historien propose une réflexion comparative passionnante sur la résistance inégale des sociétés aztèques et chinoises à l’expansion ibérique.


Bibliographie

  • L’Aigle et le Dragon. Démesure européenne et mondialisation au XVIe siècle (Fayard, 2012)
  • Quelle heure est-il là-bas ? Amérique et islam à l’orée des temps modernes (Seuil, L’Univers historique, 2008)
  • Les Quatre parties du monde. Histoire d’une mondialisation (La Martinière, 2004) prix Auguste Gérard 2005
  • Rio, ville métisse (Chandeigne, 2001) (en collaboration avec Luiz Felipe de Alencastro)
  • La Pensée métisse (Fayard, 1999)
  • Histoire de Mexico ( Fayard, 1996)
  • L’Aigle et la Sibylle. Fresques indiennes des couvents mexicains (Imprimerie Nationale, 1994)
  • Visions indiennes, visions baroques. Les métissages de l’inconscient (PUF, 1992)
  • L’Amérique de la Découverte peinte par les Indiens du Mexique (Flammarion-UNESCO, 1991
  • La guerre des images de Christophe Colomb à Blade Runner (1492-2019) (Fayard, 1990)
  • Le destin brisé de l’empire aztèque (Gallimard, 1988)
  • La colonisation de l’imaginaire, Sociétés indigènes et occidentalisation dans le Mexique espagnol, XVIe-XVIIIe siècle (Gallimard, Bibliothèque des Histoires, 1988)
  • Les Hommes-Dieux du Mexique. Pouvoir indigène et domination coloniale, XVIe-XVIIIe siècle (Editions des Archives Contemporaines, 1985)
  • Introducción a la Historia de las Mentalidades (INAH, 1979)

Présentation de L’Aigle et le Dragon. Démesure européenne et mondialisation au XVIe siècle

Depuis le XVIe siècle le destin des hommes - qu’ils le veuillent ou non - se déploie sur une scène planétaire.
Au début des années 1520, alors que Magellan fait voile vers l’Asie par la route de l’Ouest, Cortés s’empare de Mexico et des Portugais, installés à Malacca, rêvent de coloniser la Chine. L’Aigle aztèque se laisse anéantir, mais le Dragon chinois élimine les intrus – non sans avoir récupéré leurs canons. Ces deux épisodes marquent une étape déterminante dans notre histoire. Pour la première fois, des êtres originaires de trois continents se rencontrent, s’affrontent ou se métissent. Le Nouveau Monde devient inséparable des Européens qui vont le conquérir. Et l’Empire céleste s’impose, pour longtemps, comme une proie inaccessible. Serge Gruzinski raconte ce face-à-face avec des civilisations que tout séparait, mais qui, il y a cinq siècles, fascinaient déjà les contemporains. Dans cette nouvelle et superbe exploration des mondes de la Renaissance, il démonte les rouages de la mondialisation ibérique qui a fait de l’Amérique et de la Chine des partenaires obligés pour les Européens.

L’aigle et le dragon : démesure européenne et mondialisation

Fayard - 2012

Au début des années 1520, alors que Magellan fait voile vers l’Asie par la route de l’Ouest, Cortés s’empare de Mexico, et des Portugais, installés à Malacca, rêvent de coloniser la Chine. L’Aigle aztèque se laisse anéantir, mais le Dragon chinois élimine les intrus – non sans avoir récupéré leurs canons. Ces deux épisodes marquent une étape déterminante dans notre histoire. Pour la première fois, des êtres originaires de trois continents se rencontrent, s’affrontent ou se métissent. Le Nouveau Monde devient inséparable des Européens qui vont le conquérir. Et l’Empire céleste s’impose, pour longtemps, comme une proie inaccessible. Serge Gruzinski raconte ce face-à-face avec des civilisations que tout séparait, mais qui, il y a cinq siècles, fascinaient déjà les contemporains. Dans cette nouvelle et superbe exploration des mondes de la Renaissance, il démonte les rouages de la mon- dialisation ibérique qui a fait de l’Amérique et de la Chine des partenaires obligés pour les Européens.


La pensée métisse

Fayard - 2012

Le métissage explose sous nos yeux. Toutes sortes de migrations, de circulations et d’échanges économiques favorisent son développement. L’incroyable essor de ce phénomène soulève des interrogations sur la pérennité des cultures et leur façon d’évoluer. Serge Gruzinski propose des modèles historiques pour analyser la situation nouvelle créée par la mondialisation. Il nous plonge dans le Mexique du XVIe siècle, quand les Espagnols et les « Indiens » se rencontrèrent pour la première fois. À travers les chants, les fresques ou les récits, il montre comment les cultures se mêlent et finissent par devenir indissociables. Ainsi émerge une « pensée métisse » dont Serge Gruzinski entreprend une magistrale exploration. En passant des sierras du Mexique à la Florence des Médicis, des films de Peter Greenaway au cinéma de Hong Kong, son livre démontre que la circulation, par-delà les frontières, des idées, des arts et des manières d’être est un formidable ressort de créativité.


Quelle heure est-il là-bas ? Amérique et islam à l’orée des temps modernes

Seuil - 2008

A l’échelle du globe, qu’est-ce qui circule, ou ne circule pas, entre les cultures ? Nous en faisons l’expérience à travers la mondialisation : nous vivons dans le flux immédiat des nouvelles du monde, cependant que, paradoxalement, nos vieilles façons de sentir persistent. Le démantèlement progressif d’univers cloisonnés n’est pas nouveau et il a notamment connu une prodigieuse accélération à l’orée des Temps modernes. On en trouve ici une illustration dans la confrontation de deux textes quasi contemporains : une chronique du Nouveau Monde rédigée à Istanbul en 1580, et un Répertoire des temps écrit à Mexico en 1606, qui s’attarde longuement sur l’Empire des Turcs. Pourquoi et comment les Turcs étaient-ils en mesure d’en savoir autant sur l’Amérique ? Pourquoi les lecteurs de Mexico se posaient-ils des questions sur les Ottomans ? Pratiquant l’art du montage cinématographique, Serge Gruzinski fait dialoguer ces textes pour souligner les singularités de deux visions, celle de l’islam et celle de l’Amérique, déjà attentives l’une à l’autre et pourtant irréductiblement différentes. Avec, à l’horizon, une question : que voulait dire " penser le monde " à la fin de la Renaissance ?


Les Quatre parties du monde. Histoire d’une mondialisation

La Martinière - 2004

Les quatre parties du monde. Dominer " les quatre parties du monde " : telle était l’ambition de 1a Monarchie catholique (1580-1640). Pour imposer leur présence, Espagnols et Portugais apprennent à maîtriser des milieux inconnus, tandis que du Mexique au Japon, du Brésil aux côtes africaines, de Goa aux Philippines, des peuples sont confrontés à des formes de pensée et de pouvoir qui leur sont totalement étrangers. Brassage des êtres ou résistance des traditions locales à la domination ibérique : la terre se mondialise. A l’aube des Temps modernes, ce ne sont pas seulement les modes de vie, les techniques et l’économie que bouleversent les nouveaux maîtres de la planète, mais aussi les croyances et les imaginaires. En nous conviant à un vaste tour du monde, Serge Gruzinski montre comment le passé permet de comprendre ce qui se joue depuis des siècles entre occidentalisation, métissages et mondialisation.


Rio de Janeiro, la ville métisse

Chandeigne - 2001

De Jean-Baptiste Debret Textes complémentaires de Luiz Filipe de Alencastro, Serge Gruzinski & Tierno Monénembo. Barbiers ambulants, vendeurs de paniers, de maïs et de poules ; Africains affamés à la merci des tra quants, esclaves de location rêvant d’affranchis­se­­ment, Noirs libres orga­nisés en confréries... Le Rio de Janeiro du début du XIXe siècle est le parangon de la société esclavagiste. Près d’un tiers de ses habitants est né en Afrique, mais grand nombre d’Européens est venu avec la cour portugaise, fuyant les invasions napoléoniennes. Telle est la ville, aux ethnies, religions et cultures mêlées, que Jean-Baptiste Debret, membre de la mission artistique française arrivée au Brésil en 1816, peint et décrit. Soixante-dix lithographies et commentaires tirés de son Voyage pittoresque et historique au Brésil sont ici éclairés par les regards croisés des historiens Serge Gruzinski et Luiz Felipe de Alencastro et du romancier guinéen Tierno Monénembo. L’œuvre de Debret, précise, détaillée et d’une grande force évocatrice, ne livre pas seulement un témoignage unique de la vie à Rio au début du XIXe siècle. Première illustration de la société urbaine du Brésil indépendant, le Voyage pittoresque peut aussi être vu comme la véritable naissance de l’image d’une nation.


Histoire de Mexico

Fayard - 1996

L’histoire de Mexico est prodigieuse, à l’image de la Vierge de la Guadalupe qui protège la ville. C’est que les cartes du temps, les hommes et les cultures n’ont cessé de s’y mêler. Autrefois indienne, naguère espagnole, demain ville de science-fiction, elle exhume en grande pompe les ruines du Templo Mayor et ressuscite la poétesse Juana Inès de la Cruz en restaurant le cloître de San Jerónimo.Dans les années 1920, quand s’élèvent les premiers gratte-ciel, l’art, le cinéma et la révolution s’y donnent rendez-vous. Eisenstein découvre la terre de Zapata et fait partager sa passion dans Que viva México. Trotski se réfugie dans la Maison Bleue où Frida Kahlo séduit André Breton et Graham Greene admire sur les murales les maîtres d’école ruraux vêtus de blanc aux visages d’apôtres.La mégalopole d’aujourd’hui a englouti l’âme de cette époque exaltée, tout comme le libéralisme au XIXe siècle et le goût des affaires avaient fait disparaître la cité baroque dont les fastes émerveillaient les Européens. Artistes, savants, comédiens, aventuriers affluaient depuis longtemps dans cette Venise américaine où les attendait un autre monde. Découvrant les plaisirs de l’exotisme, ils se promenaient sur l’Alameda où, côte à côte, esclaves maures et belles mulâtresses, nobles et bourgeois dégustaient le chocolat, l’atole et les tamales. La ville donne l’impression qu’elle va devenir la plus populeuse du monde ", écrivait un marchand anglais en 1555. Déjà, la capitale aztèque où habitaient les maîtres de la Terre était précipitée dans l’orbite occidentale. Mais la ville indienne continuerait de battre au coeur de la ville européenne, nous rappelant que l’histoire est faite de métissages.Et là sera notre cité Mexico-Tenochtitlán, là où glatit l’aigle, là où il se déploie et mange, là où bondissent les poissons, la où gronde le serpent, et il s’y fera de grandes choses.Chronique mexicaine, fin XVIe siècleDes hommes et des femmesde couleurs et de métiers différents,différents par leurs langueset leurs nations ;et parfois leurs lois et leurs opinions.Et tous, à force de détourset de raccourcis,dans la grande cité disparaissenttels des géants mués en pygmées.Balbuena, 1604Là-bas, à Mexico, vous avez beaucoup de choses à manger et à boire, vous pouvez vous amuser et vous promener, parce que là-bas il y a de tout et l’on gagne mieux.Un Indien Mazahua, 1960" Compro, luego existo. "[J’achète, donc je suis.]G. Loaeza, 1992Là-bas au tréfonds de la vieille enfance,il y avait des arbres...Il n’en est rien resté.Même dans la mémoireles ruines font placeà de nouvelles ruines.J.E. Pacheco, 1980Nous mélangeons le tepacheavec un petit pulqueavec un peu d’anis et un petitmezcal,et on finit derrière le comptoir.Groupe Maldita Vecindad, 1994Serge Gruzinski est directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il est l’un des meilleurs spécialistes du Mexique et a écrit avec Carmen Bernand une Histoire du Nouveau Monde (Fayard, t. I, De la découverte à la conquête, 1991 ; t. II, Les Métissages, 1993)."


L’Aigle et la Sibylle. Fresques indiennes des couvents mexicains

Imprimerie Nationale Editions - 1994

Visions indiennes, visions baroques. Les métissages de l’inconscient

PUF - 1992

Histoire du nouveau monde, Tome 1, De la découverte à la conquête 1492-1550

Fayard - 1991

Une entreprise colossale dont on a peine à se représenter la démesure : en un demi-siècle, une poignée de conquistadores s’emparent de 2 millions de km2 pour y bâtir une réplique de leur société. Les incroyables richesses qu’ils découvrent leur font vite oublier la quête des épices. Une gigantesque machine colonisatrice se met en route.La conquête de l’Amérique nous apparaît aujourd’hui comme le prélude à l’occidentalisation du monde. Mais pour ses acteurs, avides de gloire et de récompenses, elle fut d’abord un face à face quotidien avec l’inconnu. Leurs récits de voyage, leurs lettres nous montrent leur peur de se perdre, leur obsession de la nourriture qui souvent chasse celle de l’or, mais ils nous disent aussi leur émerveillement lorsqu’ils découvrent Mexico, qui leur rappelle Venise, la saveur d’un fruit exotique, le silence des mangroves du Pacifique...Tandis que les cartes se précisent, les protagonistes vieillissent : Colomb, le héros de la première heure, Cortés, le conquérant du Mexique, Pizarre, le gouverneur du Pérou, assassiné dans son palais de Lima... De ces aventures américaines, le Vieux Monde ne reçoit que des échos lointains. Il ignore tout des horreurs de la conquête, du cortège de maladies et des ravages écologiques qu’elle provoque. A défaut d’informations précises, il imagine ce Nouveau Monde peuplé de sauvages et de chimères. Qui douterait de la légitimité de la Conquête dans une Europe qui vient de chasser les Juifs et convertir les Morisques ? A l’heure où le péril turc menace l’empire de Charles Quint, l’or des Indes permettra de financer la Reconquête. L’Amérique bascule dans l’orbite occidentale, entraînant Européens, Noirs et Indiens dans la construction d’un monde nouveau.


L’Amérique de la conquête peinte par les Indiens du Mexique

Flammarion - 1991

Histoire du nouveau monde, Tome 2, Les métissages

Fayard - 1991

Européens, Indiens, africains et même Japonais, la diversité des peuples qui coexistèrent et s’affrontèrent dans l’Amérique du XVIe siècle illustre le brassage des populations avec lequel, depuis toujours, se confond l’histoire du monde.Quelques personnages exceptionnels incarnent les bouleversements de cette Amérique espagnole : une princesse inca qui séduit les conquistadores, un métis du Pérou venu s’installer en Andalousie où il croise Cervantès et consacre un livre à la mémoire de ses ancêtres. Ou encore ce marchand de Mexico qui écrit à son neveu de Madrid : Vous trouverez un peu fort mon mariage avec une Indienne. Ici, ce n’est pas du tout un déshonneur, car la nation des Indiens jouit d’une haute estime. "Vision trop idyllique, certes. A preuve, les innombrables procès qui évoquent le sort réservé aux vaincus : sorcières indiennes ou mulâtresses que l’Inquisition accuse de vendre des herbes magiques, Juifs envoyés au bûcher, Noirs fuyant l’enfer des champs de canne à sucre, Indiens s’épuisant à extraire des montagnes l’argent dont l’Espagne a tant besoin.Et pourtant l’opulence de Mexico et de Lima émerveille les Européens venus bâtir une société à l’image de celle qu’ils ont laissée. En quelques années, tout se transforme, les rapports entre les êtres, les habitudes, la nourriture, mais aussi les croyances. Fascinante époque où, conscients de la fragilité de leur monde, les métis des nouvelles générations interrogent les anciens pour garder le souvenir de leurs traditions, comme si déjà ils cherchaient leurs racines.Aux frontières de ce gigantesque empire, d’autres univers émergent. Ceux qui s’y risquent connaissent un destin peu banal. Les missionnaires de la jungle brésilienne et les colons du Río de la Plata, les pirates des Caraïbes, les aventuriers du Nouveau-Mexique en quête d’un Eldorado, les trappeurs français du Canada, les puritains de Boston vont inventer une seconde Amérique, sans savoir qu’ils construisent l’avenir du continent.


La guerre des images de Christophe Colomb à Blade Runner

Fayard - 1990

Peut-on comprendre la guerre des images qui secoue notre temps sans chercher à en explorer les manifestations passéesoe Peut-on mesurer l’importance de l’image aujourd’hui si l’on oublie le rôle décisif qu’elle a joué dans l’expansion planétaire de la culture occidentaleoe Une piste s’ouvre, qui mène de Christophe Colomb à " Blade Runner ", de 1492 à 2019. Elle traverse l’Amérique hispanique des côtes de Cuba à Los Angeles, après avoir sillonné le Mexique colonial et moderne. Au fil des siècles, l’image venue d’Europe servit à propager la culture occidentale, à coloniser les êtres et uniformiser les mondes vaincus. Par vagues successives et ininterrompues, les images ont déferlé sur le Nouveau Monde : de l’image médiévale à l’image renaissante, de l’image didactique à l’image miraculeuse, et jusqu’aux images électroniques. Loin d’affronter passivement ces invasions, les populations indiennes, noires, métisses et espagnoles ne cessèrent de s’emparer des images qu’on prétendait leur imposer. Beaucoup parvinrent à en faire l’expression d’une identité, parfois l’instrument d’une résistance et d’une révolte. Rien n’est plus fragile que la maîtrise des images. A suivre les rebondissements de la guerre des images, on découvre un Mexique colonial et baroque qui paraît étrangement proche du monde où nous nous engouffrons : la fascination et l’omniprésence de l’image partout reproduite, le métissage des races, des religions et des cultures, le recours banalisé à la drogue, le déracinement des êtres et des mémoires. Terre luxuriante de l’hybride et des syncrétismes, le Mexique colonial déroule sous nos yeux un décor exotique et déroutant, en passe peut-être de devenir notre quotidien.


Le destin brisé de l’empire aztèque (1492-2019)

Gallimard - 1988

Comment une poignée d’Espagnols a-t-elle pu conquérir une contrée de 200 000 km², forte de plusieurs millions d’hommes, pour y imposer le christianisme et la soumission à la couronne d’Espagne ? Quelle faiblesse minait cet immense empire que nous appelons aztèque ? Quelle civilisation est née de ce choc politique et religieux ? Vers le milieu du XIVe siècle, la tribu des Mexicas, guidée par son dieu Huitzilopochtli, se fixe sur le plateau d’Anáhuac et fonde la ville de Tenochtitlán. Par un jeu d’alliances, la puissance aztèque se consolide en l’espace d’un siècle. L’arrivée en 1519 d’Hernán Cortés, qui coïncide avec le retour annoncé de Quetzalcóatl, le Serpent à plumes, jette le trouble dans l’empire. Serge Gruzinski nous montre et nous raconte comment Tenochtitlán devint Mexico, de la domination toltèque à l’indépendance du Mexique en 1821.


La colonisation de l’imaginaire, Sociétés indigènes et occidentalisation dans le Mexique espagnol, XVIe-XVIIIe siècle

Gallimard - 1988

Transformation de la mémoire indigène, diffusion du surnaturel européen, introduction de l’écriture alphabétique n’empêchent pas les survivances telles que la transmission orale et la pictographie, la réinterprétation du passé. Sans s’enfermer dans une théorie préconçue, en utilisant un énorme matériel neuf, l’auteur donne un brillant exemple d’histoire des mentalités et fait une remarquable percée dans la connaissance du mexique colonial.


Les Hommes-Dieux du Mexique. Pouvoir indigène et domination coloniale, XVIe-XVIIIe siècle

Editions des Archives Contemporaines - 1985

Du XVIe au XVIIIe siècle, sur les hauts plateaux du Mexique colonial, des Indiens se dressent contre la domination espagnole et adoptent une identité divine. À partir de leurs propres témoignages, l’auteur se propose de suivre l’émergence, la trajectoire et la personnalité de ces leaders indigènes, de préciser les modalités de leur impact et de leur emprise sur leurs fidèles et de sonder la substance de leurs discours où s’expriment les rares exemples d’une critique systématique de la société coloniale. Issus de couches populaires socialement et culturellement marginalisées ces Hommes-dieux s’emploient à comprendre et à maîtriser les bouleversements qui les affectent et les écrasent, au prix d’entreprises vouées à l’échec mais révélatrices d’un dynamisme et d’une créativité trop souvent ignorés.

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