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MANOTTI Dominique

Or noir (Gallimard série noire, 2015)

©Helie Gallimard

Se définissant elle-même comme "une romancière par désespoir et non par vocation", Dominique Manotti, en quelques titres, est devenue une auteure incontournable de romans noirs. Chercheuse et spécialiste de l’histoire économique du XIXe siècle, elle s’intéresse aux événements marquants de l’actualité et ancre ses œuvres dans ces contextes socio-politiques.

Agrégée en histoire économique contemporaine, elle enseigne au lycée, puis à l’université en tant que maître de conférences à Paris-VIII Saint-Denis à partir de 1968. Dès l’adolescence, Dominique Manotti s’implique corps et âme dans le militantisme politique, d’abord pour l’indépendance de l’Algérie, ensuite au sein de différents mouvements et syndicats des années 60 aux années 80, notamment à l’Union des étudiants communistes et syndicalistes à la CFDT. Considérant que l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir sonne le glas des espoirs de transformation radicale de la société, le roman noir lui apparaît alors, comme la forme la plus appropriée pour raconter ce que fut l’expérience de sa génération.

Elle se convertit à l’écriture sur le tard en se démarquant de ses confrères du néo-polar, car même si elle revendique ses engagements avec force, ils ne couvrent pas toute son œuvre. Par ailleurs, elle insiste beaucoup sur son absence de vocation, car elle n’écrit pas pour obtenir le statut social de l’écrivain, mais "c’est une manière de survivre à travers le chaos et de témoigner." Cette « absence de vocation » explique que ses ouvrages soient écrits dans un style plutôt sec, voire cinématographique, sans fioriture.

Son premier roman, Sombre Sentier, publié en 1995, a pour toile de fond une grève de travailleurs clandestins turcs dans le Sentier, à laquelle elle avait participé en 1980. Elle crée le personnage du commissaire Théodore Daquin, flic homosexuel qui sera également le héros des romans suivants. Elle réalise ensuite une série de chroniques politiques des années 1980, où elle traite de la spéculation immobilière (À nos chevaux), des implications politiques et économiques dans le monde du football (KOP), de la corruption et du commerce des armes (Nos fantastiques années fric), ce dernier étant adapté au cinéma sous le titre Affaire d’Etat.
Toujours dans des contextes économico-politiques et sociaux, elle change d’époque avec Le corps noir, mettant en scène la Gestapo française en 1944, pendant l’Occupation. Lorraine connection, qui lui vaut le Duncan Lawrie 2008 se déroule lors des affrontements entre Alcatel et l’alliance Groupe Lagardère-Daewoo pour la reprise du groupe Thomson à la fin des années 1990. Elle reçoit le Trophée 813 du meilleur roman noir pour Bien connu des services de polices en 2010.
Elle publie également des nouvelles dans des recueils collectifs.

Lors du salon du livre en 2007, Dominique Manotti rencontre DOA, "le courant passe", s’ensuit alors un projet d’écriture à quatre mains. Ils décident ensemble de « faire une radiographie de la structure politique française dite démocratique » dans L’Honorable société, lauréat du Grand Prix de littérature policière 2011. Entre deux tours d’une élection présidentielle en France, la sphère politique et judiciaire tente d’étouffer une affaire d’Etat qui risque d’éclater, mêlant à la fois politiciens, journalistes, civils, terroristes et policiers. Les styles respectifs des auteurs se confondent au point qu’il est impossible de discerner les passages écrits par l’un ou par l’autre.

Dominique Manotti signe un nouveau roman, Or noir, qui se situe à la fin de l’époque de la French Connection à Marseille.


Blog de l’auteur

https://www.dominiquemanotti.com/


Bibliographie

Romans

  • Or noir (Gallimard, 2015)
  • Le Rêve de Madoff (Allia, 2013)
  • L’Évasion (Gallimard, 2013)
  • L’Honorable Société Coécrit avec DOA (Gallimard, 2011)
  • Bien connu des services de police (Gallimard, 2010)
  • Lorraine Connection (Rivages, 2006)
  • Le Corps noir (Seuil, 2004)
  • Nos fantastiques années fric (Rivages, 2001)
  • Kop (Rivages, 1998)
  • À nos chevaux (Rivages, 1997)
  • Sombre Sentier (Seuil, 1995)

Nouvelles

  • Printemps 1972 (1998), dans le magazine Caïn Hors-Série no 3, Éditions La Loupiote
  • La Blanche (2000), dans le recueil collectif Tanger, Eden Publications
  • Garde-à-vue, mon amour (2000), dans le recueil collectif Les Sept Familles du polar, Éditions Baleine
  • Carnet rose (2004) dans le recueil collectif 36 nouvelles noires pour l’Humanité
Or Noir

Or Noir

Gallimard - 2015

Marseille, 1973. Le commissaire Daquin, 27 ans à peine, prend son premier poste au commissariat de l’Évêché. Il découvre une ville ensanglantée par les règlements de compte qui accompagnent la liquidation de la French Connection, des services de police en guerre larvée les uns contre les autres, et la prolifération de réseaux semi-clandestins comme le SAC ou la franc-maçonnerie.
Il enquête sur l’assassinat d’un ancien caïd de la drogue et de son associé, un vétérant des services secrets, tous les deux reconvertis dans les affaires ; assiste à la naissance mouvementée d’un nouveau marché des produits pétroliers, à l’ascension fulgurante des traders assoiffés d’argent frais qui le mettent en œuvre ; et constate que les requins les plus dangereux ne sont pas ceux que l’on croit.


L'Évasion

L’Évasion

Gallimard - 2013

« Qu’est-ce que tu fais ? C’est quoi, ce machin ?
– J’écris.
– Je vois bien, mais t’écris quoi ?
– J’écris mon histoire.
– Alors, tu es un écrivain ? »

1987, Paris. Filippo Zuliani, jeune délinquant italien évadé de prison, se réfugie en France. S’il se met à écrire, c’est pour séduire une femme, pour retrouver les souvenirs d’un ami, pour exister tout simplement, et sortir de l’extrême solitude dans laquelle il se trouve. Il se raconte sa vie en prison, son évasion, la suite. Finalement, à travers ce travail de création, il devient écrivain. L’écriture est sa vie, lui construit une personnalité, lui bâtit sa propre vérité.
Et il se trouve pris à son corps défendant dans un jeu très complexe entre réfugiés politiques, police et services secrets italiens. Vrai ou faux, son roman ? En tout cas, un genre d’histoire dont on peut mourir…


Le rêve de Madoff

Le rêve de Madoff

Allia - 2013

"Je tablais sur deux ans de prison, comme dans la jurisprudence des années 80. Je pris 150 ans. Ce fut un tremblement de terre. Rien à voir avec une quelconque justice. On m’a fait un procès en sorcellerie. C’est une habitude chez mes concitoyens : quand ils ne supportent plus de se regarder dans une glace, ils brûlent une sorcière, et repartent ensuite, exorcisés, l’âme en paix et le regard clair. Mais je ne me reconnais pas dans ce rôle de sorcière que l’on veut me faire jouer, à contre-emploi. Je ne suis pas un criminel. Je suis l’un des fondateurs de la nouvelle économie."

En entrant dans ce "rêve", le lecteur entre dans la peau d’un des personnages les plus décriés de cette dernière décennie, Bernard Madoff. Issu d’une famille modeste, Madoff incarne l’American Dream. Dès 1960, il flirte avec l’illégalité pour devenir ce qu’il a toujours souhaité être : riche et influent. Dans les années 90, grâce à des fonds d’investissements privés, il devient l’un des hommes les plus courtisés de la planète. Mais bientôt, la crise des subprimes ébranle le système. Madoff est jugé coupable. La faillite est totale : il écope de 150 années de prison ferme. À la fois vainqueur et victime d’un système ? L’auteur montre que l’époque ne pouvait que favoriser ce type d’escroquerie. L’ère Reagan, en supprimant les contrôles, facilite les transactions. Madoff n’est que le maillon d’une chaîne, l’un des noeuds d’un système qui avait déjà tissé sa toile : la puissance du marché. S’il est économique, politique et social, le prisme adopté par l’auteur est aussi personnel : reclus en prison, Madoff déroule sa propre vie sous forme de flash-back. Et cette vie, qu’il aura voulu héroïque, n’est que le symptôme d’une culture qui a fait de son émergence un mythe fondateur : celui du pionnier, de l’aventurier.


L'Honorable société

L’Honorable société

Gallimard - 2011

Prenez un homicide, par exemple celui d’un employé du Commissariat à l’énergie atomique – et quel employé ! –, ajoutez un groupuscule écoterroriste, des agents troubles, une femme trahie, un père inquiet pour sa fille unique, des policiers du Quai des Orfèvres, une grande patronne, des journalistes, des politiciens en campagne – tout cela se passe entre les deux tours de l’élection présidentielle –, l’avenir stratégique et financier de l’industrie nucléaire française, Dominqiue Manotti et DOA, et vous obtenez une véritable affaire d’État... Ou presque. Comme toujours, toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé est évidemment fortuite.


Bien connu des services de police

Bien connu des services de police

Gallimard - 2010

Le commissariat de Panteuil, banlieue nord de Paris, incarnation de la « nouvelle politique de sécurité » du ministre de l’intérieur ? C’est en tout cas ce que souhaite sa commissaire en cet été 2005. Ce haut fonctionnaire de la police ne manque pas d’ambition : sa politique de maintien de l’ordre dans les quartiers, radicale, théorisée, doit servir les objectifs du ministre et, en passant, sa propre carrière. Ses hommes, sur le terrain, s’y emploient à leur manière. Ils font comme ils peuvent, donnent des gages à la hiérarchie, s’arrangent avec les faits, avec les statistiques, avec les règles – ils font le métier, quoi ! – dans un climat de tension, de violence et de mensonge, avec la population, avec les « jeunes », avec les autres.
Noria Ghozali, commandant aux Renseignements généraux, observe avec intérêt la vie et les soubresauts de ce commissariat, et notamment les contacts qui sont noués – sans doute pour la bonne marche des enquêtes –, entre certains policiers et certains grands voyous. Et puis, soudain, des squats, peuplés de travailleurs immigrés, brûlent...


Lorraine connection

Lorraine connection

Rivages - 2008

Pondange en lorraine, l’usine du groupe Daewoo fabrique des tubes cathodiques. C’est la seule source d’emplois dans cette ancienne région sidérurgique complètement sinistrée, alors personne n’est très regardant sur les conditions de travail. Jusqu’au jour où une révolte éclate.
L’usine prend feu. Mais cet incendie est-il vraiment accidentel ? Nous sommes à l’automne 1996, et l’usine Daewoo se trouve au coeur d’une bataille stratégique dont l’enjeu n’est autre que le rachat de Thomson, fleuron de l’économie française. Matra allié à Daewoo a remporté le marché, mais Alcatel, rival évincé, ne se laisse pas faire. Et quand une entreprise de cette taille lance la contre-attaque, c’est avec des moyens redoutables. Meurtres, coups fourrés, manipulation, les adversaires qui s’affrontent dans ce Monopoly géant ne reculent évidemment devant rien.


A nos chevaux

Rivages - 1999

Kop

Rivages - 1998

Saint-Malo, Barcelone et Marseille en fiction

Avec Anthony Doerr, Dominique Manotti et Victor Del Árbol - Saint-Malo 2015


Avec Anthony Doerr, Dominique Manotti et Victor Del Árbol, une rencontre animée par Dominique Chevallier


Série Noire : elle mord toujours ?

Avec Aurélien Masson, Bertrand Tavernier, Dominique Manotti, Chantal Pelletier et DOA. Débat animé par Hubert Artus - Saint-Malo 2015

Avec Aurélien Masson, Bertrand Tavernier, Dominique Manotti, Chantal Pelletier et DOA. Débat animé par Hubert Artus