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Une rencontre divine (incipit 2)

écrit par Arnaud Pierre COT, en 3ème au Collège Sainte Ursule à Pau (64)

Il me prit la main et m’entraîna parmi les loups.

Il se faufilait avec souplesse parmi la foule et nous atteignirent enfin une salle un peu plus calme. Sur une somptueuse table étaient dressés des plats et des friandises à faire pâlir d’envie les dieux de l’Olympe.

Nous nous approchâmes d’un groupe de jeunes gens qui riaient aux éclats.

– Tiens ! Te voilà enfin, séducteur du dimanche ! Qui as-tu pris dans tes filets cette fois ?

Se tournant vers moi, mon cavalier me dit :

– Je te présente Héra, la plus jalouse des filles que je connaisse.

Je ne voyais pas son visage caché par son loup mais je sentis qu’elle me détestait déjà.

– Là, poursuivit-il d’un ton moqueur, c’est Arès. Ne t’approche pas trop de lui. Il n’aime que la bagarre et il finit toujours la soirée aux urgences. Ici, avec ses jolies sandales ailées, c’est Hermès. C’est un beau parleur qui vendrait père et mère : il devrait se reconvertir dans le commerce. A côté, voici le tombeur de ses demoiselles : Apollon. Prétentieux mais un bon copain ! Enfin, là-bas, affalé dans le canapé, Dionysos. Il a encore trop bu et cette fois il n’a plus un point sur son permis de conduire.

On me servit un délicieux nectar et à peine en avais-je bu deux gorgées que la tête commença à me tourner. Je sortis sur le balcon prendre l’air.

– Tu t’appelles Europe d’après ce qu’on m’a dit ?

Je sursautai. Les nouvelles allaient vite ! J’étais venue avec trois copines dans cette fête où je ne connaissais personne et déjà ce garçon savait mon nom. Caché dans l’ombre, appuyé contre le mur, il jouait avec son briquet qui éclairait son visage.

– Arrête Héphaïstos ! Un de ces jours, tu finiras par mettre le feu ! s’écria mon inconnu à tête de taureau. Va plutôt voir Hadès. Il boude seul dans son coin parce que Perséphone lui a encore refusé un baiser. Décidemment, il est toujours d’une humeur d’enfer celui-là.

Il me reprit la main et y déposa ses lèvres délicatement.

– Viens, me dit-il. Allons nous rafraichir dans la piscine, derrière le château.
Quel éclat de rire ! Un garçon déguisé en poisson faisait des pirouettes dans l’eau et éclaboussait tout le monde.

– Poséidon, viens donc que je te présente la plus jolie fille de la soirée.

– La plus jolie peut-être mais si elle t’a choisi, elle n’a aucun goût !

Soudain, un grondement assourdissant retentit. Les murs s’effondrèrent, la foule hurla et courut dans tous les sens. Surgirent alors de gigantesques monstres sortis d’on ne sait où.

– Les Titans ! Ils attaquent ! cria une voix horrifiée.

Mon cavalier me tira brusquement contre lui et m’emmena au pas de charge au premier étage du château. Il ouvrit la porte d’une immense armoire et me dit avec autorité de rester cachée là puis il disparût aussi vite que l’éclair !

J’entendais des bruits de lutte et je ne pus m’empêcher de sortir de ma cachette pour savoir ce qui se passait.

Du haut de l’escalier, j’entendis mon bel inconnu hurler :

– Ils sont trop nombreux ! Appelle les Cyclopes et les Hécatonchires ! Ils sont sur le mont Olympe ! Vite !

A peine deux minutes plus tard, une horde de sauvages entra. Les uns étaient géants et portaient des masques avec un seul œil au milieu du front et les autres étaient affublés de cinquante têtes et cent bras. Je crus que j’allais vomir tellement leurs déguisements faisaient peur.

– Brontès, Argès et Stropétès ! Prenez la direction des opérations et encerclez-les ! cria mon protecteur.

Le combat était inégal et les assaillants furent vite stoppés. Dans la panique, je reconnus les garçons qui m’avaient été présentés, tous unis pour ce combat auquel je ne comprenais rien.

Le calme revenu, je décidai de redescendre et revint dans la salle principale du château. Dionysos vint vers moi et me proposa un remontant. Il riait et était tout à fait sobre à présent. Poséidon lui tapa amicalement sur l’épaule et planta son trident dans la table avec rage :

– On ne peut jamais être tranquille. Une soirée chez les mortels pour profiter des bonnes choses et ces minus viennent nous gâcher la fête ! Où est Zeus ?

A ce moment-là, un beau jeune homme entra et se dirigea vers moi :

– Je te cherchais, me dit-il gentiment. Tu as dû avoir peur. Viens avec moi.

Je reconnus sa voix grave et ses yeux, et mon cœur chavira. Je tremblais de peur et me blottis dans ses bras.

Il enleva mon loup :

– Je savais que tu étais très belle, Europe. Je te protègerai. Toujours. Sais-tu qui je suis ?

– Non, lui répondis-je.

– Mon nom est Zeus.

S’adressant à sa bande de joyeux copains, il dit :

– Allons finir la fête ailleurs. Adès, enlève Perséphone, au passage. Elle va encore faire des histoires si on la laisse ici.

Et nous partîmes tous.

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