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Dico des invités

HAMILTON Hugo

Irlande - Allemagne

Je ne suis pas d’ici (Phébus, 2011)

Hugo Hamilton a appris très jeune à peser ses mots. Fils d’un nationaliste irlandais intransigeant, le jeune dublinois a interdiction formelle de prononcer un mot d’anglais au sein du foyer familial, d’où est également bannie la pop music « dégénérée » de John Lennon. A côté du gaélique, seul l’allemand a droit de cité : c’est en effet la langue de la mère de l’écrivain, qui a quitté l’Allemagne en ruines de l’après-guerre pour s’installer en Irlande.

L’écrivain, né en 1953, connaît ainsi dès l’enfance un étrange « mal du pays » : cruellement moqué à l’école du fait de ses origines allemandes, à l’époque où le procès Eichmann (1961) fait la une des journaux, il subit à la maison la rigidité et les fantasmes d’Irlande éternelle d’un père tyrannique. De cette véritable « guerre linguistique » domestique, Hugo Hamilton a tiré deux romans autobiographiques, dont le premier, Sang Impur, a marqué sa consécration littéraire : traduit en français en 2004, il lui a notamment valu le Prix Femina étranger.

Avant d’écrire ce diptyque sur son enfance irlandaise, Hugo Hamilton a fait un détour par le pays de cette mère qui, tenant elle-même un journal, l’a encouragé très tôt à écrire.
Dans les années 1970, il séjourne à Berlin, où il travaille dans l’édition, puis sillonne le pays, mandoline irlandaise à la main. L’Allemagne constitue ainsi le décor de ses trois premiers romans, traversés par un questionnement autour de l’identité, des rapports filiaux et du poids de l’histoire.

C’est par le polar (Déjanté, Triste Flic) que Hugo Hamilton revient à l’Irlande : à travers les yeux vitreux et néanmoins lucides du flic Pat Coyne, il observe les bouleversements du Dublin des années 90 alors en plein boom économique. L’auteur se fait critique à l’égard de l’imaginaire clinquant qui s’est emparé de l’île pendant ces « deux courtes décennies qui se sont, selon lui, résumées à une folle virée shopping ». Les codes de la réussite matérielle, que les irlandais ont copié avec ostentation, lui semblent incompatibles avec le traditionnel mythe de l’« irlandité ».

La nation irlandaise a changé constate Hugo Hamilton : « les chants de révolte, les vieilles lamentations ne sont plus nos chansons ». L’immigration d’Européens de l’Est notamment, est un fait nouveau pour un pays qui a donné tant de fils à l’exil. A travers le regard drôle et candide d’un jeune immigré serbe, l’auteur explore cette réalité inédite dans un roman poignant, Je ne suis pas d’ici .

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Bibliographie :

  • Je ne suis pas d’ici (Phébus, 2011)
  • Comme personne (Phébus, 2010)
  • Le marin de Dublin, autobiographie (Phébus, 2007)
  • Triste Flic (Phébus, 2008)
  • Déjanté (Phébus, 2006)
  • Berlin sous la Baltique (Phébus, 2005)
  • Sang impur, autobiographie (Phébus, 2004 - Prix Femina étranger 2004))

Présentation de Je ne suis pas d’ici :

Vid Cosic est un jeune Serbe de Belgrade, charpentier de métier, venu chercher un travail à Dublin. Dès son arrivée en Irlande il noue une amitié, très alcoolisée, avec un avocat, Kevin Concannon, à qui tout semble réussir, mais qui est résolu à taire le chaos familial dans lequel s’est déroulée son enfance. Immigré doué pour l’espoir, un peu naïf, Vid Cosic croît en l’avenir de l’espèce humaine et ne songe qu’à faire le bien autour de lui. Cette amitié représente pour lui une chance d’appartenir à un nouveau peuple, mais elle sera la source de mille catastrophes, bagarre avec un électricien raciste, incendie de l’entrepôt où Vid travaille, colère plus qu’agressive de Kevin quand il apprend que Vid tente de le rapprocher de son père, un violent notoire. Décidément la bonté et l’altruisme, quand c’est Vid qui les pratique, n’ont pour écho que haine et vengeance.

  • Ecouter l’interview de Hugo Hamilton par Nathalie Crom sur Telerama.fr

Résumé de Le marin de Dublin :

Nous sommes à Dublin dans les années soixante, au cours desquelles se déroulent les premiers affrontements sanglants entre catholiques et protestants. La violence se propage à travers toute l’Irlande. A l’image de son pays, Hugo Hamilton est en état de guerre, mais lui, c’est avec son père. Le conflit entre ces deux-là s’achèvera par la victoire du fils. Il y a eu guerre, il y aura encore reniement. Le jeune Hamilton, honteux d’avoir une mère allemande, s’évertuera à éradiquer de son esprit tout ce qui la concerne, toute la culture qu’elle a cherché à lui transmettre. Il aspire à perdre toute identité, à se libérer de toute influence, à devenir le fils de personne. Mieux : il quitte l’Irlande afin de découvrir le monde, se rend en Angleterre et en Allemagne. Et cet exil volontaire lui fera enfin comprendre que son épanouissement ne passe que par l’acceptation de ses origines irlandaises et germanique.

Je ne suis pas d’ici

Phébus - 2011

Je ne suis pas d’ici Vid Cosic est un jeune Serbe de Belgrade, charpentier de métier, venu chercher un travail à Dublin. Dès son arrivée en Irlande il noue une amitié, très alcoolisée, avec un avocat, Kevin Concannon, à qui tout semble réussir, mais qui est résolu à taire le chaos familial dans lequel s’est déroulée son enfance. Immigré doué pour l’espoir, un peu naïf, Vid Cosic croît en l’avenir de l’espèce humaine et ne songe qu’à faire le bien autour de lui. Cette amitié représente pour lui une chance d’appartenir à un nouveau peuple, mais elle sera la source de mille catastrophes, bagarre avec un électricien raciste, incendie de l’entrepôt où Vid travaille, colère plus qu’agressive de Kevin quand il apprend que Vid tente de le rapprocher de son père, un violent notoire. Décidément la bonté et l’altruisme, quand c’est Vid qui les pratique, n’ont pour écho que haine et vengeance.


Sang impur

Phébus - 2004

Frontières intérieures

Saint-Malo 2011

Avec : Gary VICTOR, Hugo HAMILTON, Alfred ALEXANDRE.

Un débat animé par : Jean-Claude Lebrun.