Téléchargez Dimanche Ouest France
(Fichier PDF - 2.7 Mo)

Dico des invités

Zahia Rahmani a fait de sa biographie le matériau de son travail littéraire. Ses cinq premières années en Algérie, son père devenu harki, sa langue maternelle, le Berbère, son éducation en Franceont nourri deux livres remarqués : Moze et Musulman. France, récit d’une enfance, s’inscrit dans la même veine.

RAHMANI Zahia

Algérie / France

France, récit d’une enfance (Sabine Wespieser, 2007)

Zahia RAHMANI

Zahia Rahmani est née en Algérie en 1962. Elle a fait de sa biographie le matériau de son travail littéraire. Ses cinq premières années en Algérie, son père devenu harki, sa langue maternelle, le Berbère, son éducation en France, ont nourri deux livres remarqués : Moze (2003) et « Musulman » roman (2005). France, récit d’une enfance, s’inscrit dans la même veine, se présentant comme le panneau manquant d’un triptyque. Elle dirige actuellement un programme de recherche à l’Institut national d’Histoire de l’art. Elle intervient et publie régulièrement sur l’art et la littérature contemporaine.

In english
En español


Bibliographie :

  • France, récit d’une enfance (Sabine Wespieser, 2007)
  • Musulman (Sabine Wespieser, 2005 - mention spéciale du Prix Wepler)
  • Moze (Sabine Wespieser, 2003)

Résumé de France, récit d’une enfance :

L’homme cultive l’imagination là où il est né. Quand l’adversité, la guerre, le font grandir en dehors de ce lieu, il est tenté d’imaginer ce qu’aurait pu être sa vie sans cette rupture, ne serait-ce que pour oublier un temps, ce que l’on pense ici de lui. Recourir en ce cas au « je » ne serait-il pas pour lui la seule fiction possible ? Zahia Rahmani

Ce livre trouve son origine dans l’ardente nécessité qu’éprouve la narratrice de dire à sa mère, gravement malade, tout ce qu’elle lui doit. Rien d’évident dans cette enfance française, malgré l’école, les fêtes villageoises, la joie de découvrir - à l’insu de tous - la littérature et l’art. Les cinq premières années en Algérie, les conflits avec un père harki, le racisme ordinaire, le rejet, ont douloureusement marqué la petite fille puis l’adolescente rebelle. Quand les souvenirs affluent, ils disent la peur, la solitude, la violence qui lui a été faite et son désir de fuir. Mais ils disent aussi l’appétit, la curiosité, et l’envie de vivre en société : si la jeune fille a donné des gages, si elle est devenue excellente élève, si elle s’est fait accepter par ses voisins, cultivant avec eux leur jardin et partageant leur histoire, c’est bien grâce à sa mère. Cette femme qui, elle, a refusé l’assimilation, qui ne parle que le berbère et libère les animaux en cage, n’a eu de cesse de transmettre à sa fille la fierté de ses origines : elle n’est pas l’enfant sans passé et sans gloire dont la société française lui renvoie l’image. Elle est riche d’une généalogie et de la possibilité de s’en inventer d’autres : car elle appartient aussi bien à sa famille réelle qu’à celle des héros de la littérature américaine qui l’ont tant marquée et au milieu rural dans lequel elle a grandi. Si Zahia Rahmani se penche aujourd’hui sur son enfance, si elle rend à sa mère un hommage bouleversant de tendresse, son livre est aussi un appel vibrant contre la violence insidieuse, celle que perpétue toute une société à l’égard de ses propres enfants.

France, récit d’une enfance

Sabine Wespieser Editeur - 2006