Dico des invités

NESBO Jo

Norvège

Le sauveur (Gallimard, 2007)

Jo NESBO
© C. Hélie

Jo Nesbǿ a été propulsé sur le devant de la scène littéraire en 1998 en recevant le prix du meilleur roman policier nordique de l’année pour L’homme chauve-souris.
Musicien, auteur-interprète, journaliste économique, le norvégien Jo Nesbo est aussi écrivain. Né en 1960, Jo Nesbǿ a été propulsé sur le devant de la scène littéraire en 1998 en recevant le prix du meilleur roman policier nordique de l’année pour L’homme chauve-souris, premier tome de la série des enquêtes menées par Harry Hole. La critique a tout de suite reçu avec enthousiasme ces romans policiers qui se sont très vite trouvé un large public. Dans Rouge-gorge, Jo Nesbo reste fidèle à son personnage, Harry Hole, un vrai héros de polar, bourré de faiblesses et terriblement attachant, envoyé aux quatre coins du monde par sa hiérarchie. La nouvelle enquête de l’inspecteur Harry Hole, Le sauveur, est son cinquième roman à paraître chez Gallimard.

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Bibliographie :

  • Le sauveur (Gallimard, 2007)
  • L’étoile du diable (Gallimard, 2006)
  • Rue Sans-Souci (Gaïa, 2005)
  • Rouge-Gorge (Gaïa, 2004 ; Gallimard, 2007)
  • Les Cafards (Gaïa, 2003 ; Gallimard, 2006)
  • L’Homme chauve-souris (Gaïa, 2003 ; Gallimard, 2005)

Résumé de Le sauveur :

Noël à Oslo. L’Armée du Salut met les bouchées doubles pour venir en aide aux junkies, SDF et réfugiés de la ville. Pour récolter des fonds, les membres de l’association décident d’organiser un concert public ; de nombreuses rock stars locales, ainsi que le Premier ministre en personne doivent y participer. Mais, dans l’ombre, se trame une guerre de succession : qui remplacera le vieillissant David Eckhoff qui dirige l’Armée du Salut d’Oslo depuis des décennies ? Le calme et posé Jon Karlsen ou le plus dévoué et docile Rikard Nilsen ? Le soir du concert, en plein récital, un homme tire dans la foule et tue un membre de l’Armée du Salut avant de parvenir à s’enfuir dans la foule. Cet homme, c’est Robert Karlsen, le frère jumeau de Jon…
Naviguant entre déprime et amertume, la tête noyée dans le Jim Beam, Harry Hole va se remettre en selle grâce à cette enquête. Ce qu’il ne sait pas, c’est que l’assassin est un tueur à gages réputé venu de l’ex-Yougoslavie : à Vukovar, les armées croates le surnommait « le petit sauveur », car tout juste adolescent, il slalomait entre les lignes ennemies et plaçait des bombes sous les chars serbes. Après la guerre, il s’est reconverti dans le crime privé : s’occupant d’abord des anciens criminels de guerre serbes, puis ensuite des pédohiles, des trafiquants d’hommes et autres gros dealers. Cette mission à Oslo est sa dernière.
Bloqué à l’aéroport d’Oslo par une tempête de neige, « le sauveur » apprend le lendemain dans le journal qu’il n’a pas tiré sur la bonne cible mais sur son frère !! Alors qu’Harry Hole se lance à sa poursuite dans les rues verglacées de la capitale norvégienne, le tueur se met à la recherche de sa victime pour exécuter son contrat. Le jeu sanglant du chat et de la souris ne fait que commencer…

Un très bon thriller à la fois rythmé, accrocheur et sensible.
Soulignons que le livre s’est vendu à plus de 150.000 exemplaires dans son édition de grand format, qu’il est la meilleure vente de la maison d’édition norvégienne Aschehoug, fondée en 1872, et qu’il est traduit dans 8 pays.

Fantômes

Gallimard - 2013

Fantômes “Les cris l’appelaient. Telles des flèches sonores, ils traversaient tous les autres bruits du soir dans le centre d’Oslo, le ronronnement régulier de la circulation sous les fenêtres, la sirène lointaine qui montait et descendait, les cloches de l’église qui venaient de se mettre à sonner. C’était maintenant, le soir, et éventuellement juste avant le lever du soleil, qu’elle partait en chasse de nourriture. Elle promena son nez sur le lino sale de la cuisine. Enregistra et classa à toute vitesse les odeurs en trois catégories : comestibles, menaçantes, ou superflues pour la survie. Le parfum âcre de la cendre de tabac. Le goût doucereux et sucré du sang sur un tampon d’ouate. La senteur amère de la bière dans une capsule Ringnes. Des molécules de soufre, de salpêtre et de dioxyde de carbone montaient d’une douille métallique vide adaptée à une balle de 9 mm – 18 mm, appelée simplement Malakov d’après le pistolet pour lequel le calibre avait été conçu à l’origine. La fumée d’un mégot encore fumant, à filtre jauni et papier noir frappé de l’aigle impériale russe. Le tabac était comestible. Et là : un parfum d’alcool, de cuir, de graisse et d’asphalte. Une chaussure. Elle la renifla. Constata que ce n’était pas aussi facile à manger que le blouson dans le placard, celui qui sentait l’essence et l’animal pourrissant dont il était fait. Le cerveau de rongeur se concentrait maintenant sur la façon de franchir l’obstacle devant elle. Elle avait essayé par les deux côtés, tenté de glisser son corps de vingt-cinq centimètres et de moins de cinq cents grammes, en vain. L’obstacle était sur le côté, dos au mur, et il l’empêchait d’accéder au trou vers son nid et ses huit nouveau-nés aveugles et nus qui réclamaient ses mamelles de plus en plus bruyamment. La montagne de viande sentait le sel, la sueur et le sang. C’était une personne. Une personne encore vivante ; des oreilles très sensibles lui permettaient de distinguer de faibles signaux cardiaques sous les hurlements affamés de ses petits. Elle avait peur, mais pas le choix. Nourrir ses petits passait avant n’importe quel danger, au prix de tous les efforts, devant tous les autres instincts. Elle s’immobilisa donc le nez en l’air, dans l’attente de la solution. Les cloches sonnaient en rythme avec le cœur de l’individu. Un coup. Deux. Trois, quatre... Elle exhiba ses dents de rongeur. »


Le sauveur

Gallimard - 2007