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KALOUAZ Ahmed

France

Les solitudes se ressemblent (Rouergue, 2014) ; Gino Bartali (Oskar, 2014)

Écrivain algérien pour le moins prolifique - auteur d’une trentaine d’ouvrages depuis la fin des années 80 entre pièces de théâtre, romans, récits, nouvelles et livres de jeunesse - Ahmed Kalouaz a la plume généreuse, et toute son œuvre révèle un humaniste qui n’a de cesse d’aller vers l’autre. Quand il n’écrit pas, il intervient dans des ateliers de lecture et d’écriture, en école, en prison ou encore en maison de retraite.

Né à Arzew en 1952, il quitte l’Algérie avec sa famille quelques mois plus tard pour s’installer en France. L’immigration, la mémoire et le déracinement sont par la suite devenus des thèmes phares de ses œuvres ; il raconte notamment l’histoire de sa famille et les blessures que laissent un départ dans une "trilogie familiale" parue aux éditions du Rouergue. Dans Avec tes mains (2009), le premier volet, il raconte l’histoire de son père décédé quinze ans plus tôt, sous la forme d’un dialogue qui n’eut jamais lieu. Deux ans plus tard, c’est à sa mère qu’il consacre le deuxième volet, intitulé Une étoile aux cheveux noirs. Enfin, dans À l’ombre du jasmin (2012), il s’adresse à une sœur qu’il n’a jamais connu, Mimouna, morte trois mois avant sa naissance.

Depuis quelques années, Ahmed Kalouaz s’intéresse en particulier à la littérature de jeunesse et publie, en grande partie aux éditions du Rouergue, plusieurs ouvrages par an. Avec le souci de ne pas infantiliser son public : "(...) oui, j’écris des phrases longues pour des enfants ! Je n’écris pas au rabais, et je n’ai jamais enlevé des mots soutenus pour faire plaisir aux éditeurs. Si je ne le fais pas, qui va les utiliser ?"


Bibliographie :

  • Les solitudes se ressemblent (Rouergue, 2014)
  • Gino Bartali (Oskar, 2014)
  • Après la peine (Rouergue, 2014)
  • Les sauvageons (Rouergue, 2013)
  • Ibrahim : clandestin de quinze ans (Oskar, 2013)
  • L’aventure est au bout du chemin (Rouergue, 2013)
  • À l’école du renard (Le bruit des autres, 2013)
  • Mon coeur dans les rapides (Rouergue, 2012)
  • À l’ombe du Jasmin (Rouergue, 2012)
  • Paroles buissonnières (Le bruit des autres, 2012)
  • Les chiens de la presqu’île (Rouergue, 2012)
  • Une étoile aux cheveux noirs (Rouergue, 2011)
  • Ma mère seras-tu là ? (Rouergue, 2011)
  • Traversées (Le bruit des autres, 2010)
  • Avec tes mains (Rouergue, 2009)
  • La part de l’ange (Le bruit des autres, 2009)
  • Si j’avais des ailes (Actes Sud Junior, 2008)
  • Absentes (Rouergue, 1999)

Théâtre

  • On devrait tuer les vieux footballeurs (Le Bruit des autres) 1998.
Les solitudes se ressemblent

Les solitudes se ressemblent

Rouergue - 2014

Réfugiée dans une chambre d’hôtel, une femme d’une cinquantaine d’années se remémore son enfance, passée dans le camp de harkis de Saint-Maurice l’Ardoise, dans le Gard. Les hôtels, elle connaît pour y travailler comme femme de ménage ainsi que pour des rencontres furtives avec son amant, un homme marié qui, cette fois-ci, ne viendra pas.
A sa naissance, sa famille vivait depuis trois ans déjà dans un baraquement sans confort, au bout d’une route étroite traversant les vignes. Ces soldats d’origine algérienne, leurs femmes et leurs enfants, avaient réussi à fuir l’Algérie lors de l’Indépendance, condamnés qu’ils étaient pour avoir rejoint le camp français.
Dans ce camp de Saint-Maurice l’Ardoise, la petite fille a mis longtemps à comprendre quel sort particulier leur était réservé. Les miradors et les barbelés, l’autorité quasi militaire d’un chef de camp qui gérait toute relation avec l’extérieur, le prénom français qu’on imposait à chaque enfant à l’école du camp, les mères recluses et les pères sans travail. Quelle faute, quelles exactions avaient donc commis leurs pères pour qu’ils soient tous soumis à une telle relégation ? Les incasables, on les appelait. Il fallut la révolte violente des jeunes générations au milieu des années 70 pour que les autorités ferment ces camps.
Poursuivant son travail de mémorialiste sur les populations maghrébines en France, Ahmed Kalouaz nous offre le portrait romancé d’une femme doublement stigmatisée, fille de traître et d’Arabe qui, comme tous ceux de sa génération, a eu tant de mal à trouver sa place dans la société française.

Après la peine

Après la peine

Rouergue - 2014

Un matin, le père de Ludovic est arrêté pour escroquerie, alors que la famille vivait jusque-là une vie des plus ordinaires. Pourquoi ce comptable sérieux a-t-il ainsi failli ? Il refuse de s’expliquer. Mais lorsqu’il sort de prison des mois après, le père embarque le fils dans un vieux camping-car, direction les Cévennes. L’occasion de renouer les liens et de dévoiler son secret, en revisitant son histoire... et des paysages magnifiques.
Ludovic vit une vie paisible de lycéen quand, un matin, la police vient arrêter son père, Pierre Brigneau, pour une escroquerie appelée « chaîne de Ponzi ». Sa mère et lui ne savent pas pourquoi ce comptable sérieux a basculé dans la délinquance, et à quoi cet argent gagné a servi. Lorsque son père sort de prison au bout de plusieurs mois, la confiance est brisée, d’autant qu’il reste toujours silencieux sur son acte. C’est alors qu’il propose à son fils de partir en vacances tous les deux, dans un vieux camping-car. En parcourant les paysages magnifiques des Cévennes, père et fils commencent à se parler vraiment, ce qu’ils n’ont jamais fait dans leur vie banale d’avant. Pierre raconte notamment sa jeunesse, sa rupture avec ses parents, et la rencontre d’un vieux mineur, résistant durant la Seconde Guerre mondiale, qui fut comme un père d’adoption pour lui. Mais Ludovic attend toujours l’essentiel : que son père révèle son secret pour que la cicatrice se referme...

Ahmed Kalouaz offre ici un très beau portrait de père et de fils, subtil et émouvant.


Gino Bartali

Gino Bartali

Oskar - 2014

Les Sauvageons

Rouergue - 2013

Au milieu du XIXe siècle, les aventures d’un jeune garçon, Hippolyte, enfermé dans la colonie pénitentiaire de Boussaroque, dans le Cantal. Arrêté comme vagabond, il raconte les difficiles conditions de vie de ces centaines d’enfants, pas tous délinquants, vivant quasiment comme des bagnards. Un récit d’aventures façon XIXe siècle, s’appuyant sur des faits réels, pour lequel l’auteur a mené une recherche documentaire. Un "Sans famille" d’aujourd’hui !


À l’ombre du jasmin

Rouergue - 2012

Un jour d’automne, Ahmed Kalouaz rend visite à sa mère, cette étoile aux cheveux noirs dont il a magistralement dressé le portrait dans son précédent récit. Lors d’une conversation, elle ouvre leur livret de famille et, pour la première fois, l’écrivain voit inscrit sur ces feuillets jaunis le nom d’une soeur disparue avant sa propre naissance. Elle s’appelait Mimouna. D’elle, la mémoire familiale n’a rien conservé. Aucune photo. On ne sait pas même de quoi elle est brutalement morte, à l’âge de quatre ans, dans ce village-carton misérable où la famille vivait dans les années 1950, en Algérie.
Remontant le temps perdu, Ahmed Kalouaz va redonner vie à cette soeur oubliée. Elle était belle comme un diamant, se souvient sa mère, et sa disparition la brisa de chagrin.

Avec la force et l’émotion de son écriture, Ahmed Kalouaz explore le mystère le liant à Mimouna. Car c’est sans doute à son absence qu’il doit d’être devenu écrivain, en dépit du désert de mots dans lequel il a grandi. Venu au monde au coeur d’un drame, il s’est saisi du langage pour embellir l’existence, redonner vie aux morts et célébrer les vivants.


Une étoile aux cheveux noirs

Rouergue - 2011

Aux portes de l’automne, un homme entreprend un lent voyage vers sa mère.
Elle a 84 ans, vit depuis quarante ans au huitième étage d’une cité de Grenoble dont elle va devoir partir. La barre est sur le point d’être détruite, mais elle ne se résout pas à abandonner ses souvenirs et ses fantômes, dans cet appartement où elle a élevé ses quatorze enfants. Lui doit parcourir mille kilomètres, depuis la Bretagne où il s’est installé pour la retrouver. Ces mille kilomètres, il a choisi de les faire sur la vieille Motobécane bleue de son père ajourd’hui décédé, celle-là même que ce dernier prenait chaque matin pour rejoindre ses chantiers.
Avec le narrateur, on embarque donc pour une traversée en diagonale de cette France dont il aime tant la langue, les luttes et les espérances. Morbihan, Touraine, Puy-de-Dôme… Il y croise au bord des routes des gens ordinaires, avec qui il échange des mots, un verre. Mille kilomètres à vitesse lente, comme s’écrivent les poèmes, pour mieux retrouver cette femme qui a passé toute sa vie confinée dans les tâches ménagères, depuis sa jeunesse d’orpheline employée dès l’enfance dans les maisons de colons d’Algérie.
Après le portrait bouleversant de son père dans Avec tes mains (Rouergue, 2009, Prix Beur-FM Méditerranée), Ahmed Kalouaz fixe son regard et sa mémoire sur cette mère exilée d’Algérie, arrivée en France dans les années 50 sans rien d’autre que son petit Ahmed dans les bras. Cette femme qui connut les masures sans confort, la peur et le racisme, la soumission, et qui s’est aujourd’hui réfugiée dans la religion.
Elle dont le compte à rebours a commencé : le départ dans un nouvel appartement neuf, mais aussi la vieillesse, le gel de la mémoire, la solitude et la dépossession. à cette mère restée illettrée, Ahmed Kalouaz écrit une lettre d’amour bouleversante, qui réussit à toucher au coeur de chaque humain. C’est aussi une mémoire de l’immigration qu’il nous livre là, une mémoire silencieuse, dont peu de traces demeurent, hormis dans la mémoire de leurs descendants.

Les solitudes se ressemblent - Ahmed Kalouaz

Saint-Malo 2014

Avec Ahmed Kalouaz.
Animé par Sophie Ekoué.