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Quelques questions sur le Défi Presse Fiction 2014 à Josiane Guéguen

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Le 5 juin 2014, 21 classes de COLLEGES sont attendues au festival Étonnants Voyageurs de St Malo.

Depuis l’automne, les élèves imaginent, dans le cadre du Défi Presse-Fiction, un journal inspiré par la lecture, en classe, d’un roman traitant de grands événements historiques, vus à travers les aventures d’une héroïne ou d’un héros imaginaire, le plus souvent un jeune de leur âge. Quand fiction et Histoire se rejoignent, l’aventure est souvent au rendez-vous.
Aujourd’hui, nous rencontrons Josiane Guéguen, journaliste, qui accompagne les classes sur leur projet de journaux.

Bonjour Josiane Guéguen, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le Défi Presse Fiction ?

Le Défi Presse Fiction, c’est d’abord la lecture d’un livre sélectionné par Étonnants Voyageurs. Il s’agit ensuite pour les élèves d’utiliser le matériau du livre pour en donner leur compréhension dans des articles utilisant les différents genres journalistiques : compte rendu, interview, illustration, publicité, jeux, différentes rubriques, etc. Les classes ont la liberté de choisir de traiter l’ensemble de l’œuvre ou bien de privilégier certains épisodes significatifs.

Quatre romans ont été proposés aux classes. Comment la sélection des livres s’est faite ?

Les livres sélectionnés sont tous écrits en français, par des écrivains invités au festival Étonnants Voyageurs pour rencontrer les élèves. Il nous faut donc trouver des ouvrages récents, adaptés à des élèves d’âges différents, dont les auteurs sont disponibles pour être à Saint-Malo. Nous choisissons des livres parus en édition de poche ou dont le prix reste raisonnable (10 € maximum). Sur le thème choisi, « Quand l’Histoire entre en fiction… », il nous a fallu sélectionner et lire plus d’une cinquantaine d’ouvrages pour trouver quatre livres qui correspondent à tous les critères.

À travers les quatre romans choisis, l’Histoire débarque dans les classes. Pour les plus jeunes élèves, c’est dans les pas d’un adolescent dont la famille quitte la Normandie dans les années 1657 pour s’installer au Canada (Le pionnier du Nouveau Monde/Michel Piquemal).

À travers "Les évadés"(de Christian Léourier), les collégiens plongent, aux côtés d’un adolescent "recruté", dans la vie d’un réseau de Résistance qui raccompagne des parachutistes abattus par l’armée allemande jusqu’à la frontière espagnole

Dans "À l’autre bout du monde" (Philippe Nessmann), la grande aventure d’exploration de Magellan est racontée par l’un des membres de l’équipage.

Le dernier livre, réservé aux collégiens les plus âgés, évoque le génocide au Rwanda vu par une toute jeune fille qui réussit à accompagner un convoi humanitaire (Bienvenue à Goma/Isabelle Colombat).

Ces deux derniers livres trouveront un écho dans l’actualité en raison des commémorations prévues ce printemps 2014, les vingt ans du génocide d’une part, les 70 ans du Débarquement d’autre part.

Quelle forme le journal doit-il prendre ?

En format A 4, il comporte quatre pages, soit deux pages recto et verso. Ou alors une seule page format A 3, recto et verso (format possible mais peu adapté à une mise en page facile).

La page de "Une" comporte d’abord le titre du journal. Il peut être en relation avec l’environnement proche des élèves, (comme peut l’être le titre Ouest-France qui joue sur la proximité géographique avec ses lecteurs), ou en relation avec le titre du livre étudié. On y trouve aussi le nom de l’établissement, date, prix de vente, par exemple.

La "Une" est importante puisque c’est sur elle que se pose le premier regard du lecteur. Elle doit donc être attractive avec une photo ou une illustration importante (dessin, carte), ainsi que des ouvertures vers ce qui va être développé dans le reste du journal. C’est aussi en première page que l’éditorial a sa place : il explique, sans faire la morale, le point de vue de la classe ; ou bien il explique comment le projet a été réalisé.

Ensuite, on développe les autres pages, de façon variée, autant dans le choix des personnages que dans le traitement des illustrations, en mêlant articles et publicités, en créant éventuellement des rubriques, comme dans n’importe quel journal ou magazine). Même s’il faut bien sûr écrire à partir du livre choisi, le journal peut s’ouvrir à d’autres thèmes liés à l’œuvre. Par exemple, dans Les Évadés, dont l’action se passe pendant la Seconde Guerre mondiale, les élèves peuvent parler de la Résistance.

Ne pas oublier l’ours, c’est-à-dire un encadré précisant les noms des élèves qui ont participé au journal. Il trouve place n’importe où dans le journal.

Le contenu est important, mais la présentation l’est aussi. En effet, la maquette du journal doit être simple, harmonieuse, pour rendre les textes bien lisibles, avec des titres et des photos ou illustrations légendées, sans chercher à compliquer la "promenade" de l’œil dans les pages avec une maquette trop compliquée.

Pour voir ce que le jury a apprécié les années précédentes, vous pouvez télécharger les journaux des années précédentes ci-dessous.

Qu’est-ce qu’un journal réussi, pour vous ?

Un journal réussi, c’est un journal varié et qui a su explorer les possibilités ouvertes par l’écrivain : personnages de premier plan comme de second plan, situations, etc. C’est un journal qui mêle différents épisodes du livre, et qui sait sortir du récit pour emmener le lecteur vers un contexte plus général.
Ce qui me plaît, c’est quand on sent l’âge et l’intérêt des élèves transparaître dans leurs observations et leurs questions, ou dans les jeux, même si c’est parfois maladroit ! Ce ne sont tout de même pas des professionnels ! J’aime aussi leur humour dans les dessins et les publicités.

Vous suivez les classes depuis quelques années, avez-vous des faits marquants à nous donner ?

Avant mon arrivée en 2009, le Défi Presse Fiction existait déjà, sous forme de concours. Le défi a évolué et il m’a été demandé d’accompagner les classes pour valoriser le travail des élèves.
J’ai beaucoup de plaisir à lire les journaux, à découvrir la créativité des élèves, les différents talents mis en valeur (écriture, dessin), la solidarité entre les enfants. Le projet permet vraiment de les fédérer autour du journal, mais aussi de la rencontre avec un auteur. Même si c’est parfois difficile, ils s’accrochent. C’est un engagement des enseignants, un engagement financier pour les établissements inscrits.
C’est gratifiant de recevoir de plus en plus de classes demandeuses de participer au projet. On a même dû refuser des classes, ce qui nous a obligés à opérer une sélection, ce qui a été difficile.

Avez-vous des conseils pour la réalisation du journal ?

Nous conseillons aux classes, avec leur professeur, de se constituer en "rédaction". On y trouve un petit groupe (2/3 personnes maximum) chargé de la rédaction en chef qui choisit et commande les articles aux rédacteurs, puis établit le chemin de fer du journal, c’est-à-dire la répartition des articles page par page. Ensuite, il y a des rédacteurs qui écrivent, des illustrateurs qui réalisent photos et dessins, des concepteurs de jeux et de publicité... Ainsi que des secrétaires de rédaction qui sont chargés de recueillir les articles, de les corriger et de les mettre en page.

D’abord, je conseille d’imaginer une maquette du journal assez rapidement dans le processus de création, sans chercher de complications inutiles dans la forme, en n’hésitant à demander des conseils à des professionnels. Lorsqu’elle est possible, l’interdisciplinarité dans le collège donne des résultats intéressants...

Le plus difficile, selon moi, c’est de faire un choix dans les textes qui ont été écrits individuellement ou en groupes par les élèves sur un même personnage ou sur un même épisode du livre, puisque le journal ne peut pas comporter plus de quatre pages. La diversification des personnages et genres (compte rendu, interview, illustration, publicité, jeux, différentes rubriques, etc.) donne une première réponse. On peut aussi regrouper des textes dans un article commun.

Tout comme il faut essayer d’imaginer la maquette très vite, il faut aussi penser aux illustrations en même temps qu’on "commande" les textes aux journalistes en herbe, que ce soit des cartes, des dessins ou les photos où les élèves peuvent se mettre en scène. Ne jamais oublier que l’utilisation de photos d’Internet peut poser des problèmes : droits d’auteur, qualité (pas de photo en basse définition).

Enfin, il faut faire attention aux anachronismes : pas d’adresse internet dans un article censé se passer au XVIIe siècle, pas de monnaie en euros avant 2002... Et relire une dernière fois, avant d’imprimer, pour chasser les fautes d’orthographie oubliées.
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Au cours de la réalisation des journaux, comment intervenez-vous auprès des classes ?

Mon travail commence bien avant l’inscription des classes. A partir de mon expérience professionnelle en presse écrite et des éditions passées du Défi Presse Fiction, je prépare les fiches de travail proposées aux participants, en les adaptant chaque année aux livres choisis pour lesquels je propose des idées de découpage. Les suggestions et recommandations de ces fiches pratiques servent aussi d’outil d’analyse des journaux pour les membres du jury à la lecture de tous les journaux.

Je peux intervenir dans les classes, notamment quand l’équipe bloque sur un problème d’organisation ou de maquette. En apportant un regard extérieur, ça permet d’avancer. Je réponds aussi à toutes les demandes des professeurs ou des élèves qui peuvent m’être adressées par mail (gueguenjosiane@yahoo.fr).

La date de retour des journaux a été fixée au jeudi 24 avril. Une fois, les productions remises, pouvez-vous nous dire ce qui se passe ?

Au cours du mois de mai, un jury se réunira au Conseil général d’Ille et Vilaine et examine tous les journaux, en faisant des commentaires sur ce qui est réussi et ce qui l’est moins. Une fiche par journal est alors rédigée et figurera dans la brochure réunissant tous les journaux, éditée par le Conseil Général d’Ille-et-Vilaine et remise aux classes lors de leur journée au festival à Saint-Malo. Comme l’an dernier, cette fiche sera adressée aux établissements avant leur venue à Étonnants Voyageurs. Pendant leur journée, je rencontre toutes les classes pour un "debriefing" de leur journal...

Retrouvez ci-dessous les journaux réalisés par les classes de collèges en 2013 :

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