GRAND DEBAT

Écrire la guerre

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SAM. 17H30, SALLE MAUPERTUIS (PALAIS DU GRAND LARGE)

J. Rouaud, H. Mingarelli, D. Daeninckx, W. Tochman

Comment dire la guerre ? Comment, au plus simple, dire la vérité de l’expérience
vécue, donner à voir, à entendre, donner la parole aux sans voix,
quand de toutes parts se déchaînent les discours de propagande ? Certains,
refusant la fiction, ne voudront croire qu’aux témoignages. Mais la guerre
conduit bien au-delà : au sentiment de vivre une expérience psychologique,
métaphysique, fondamentale, révélant « au coeur des ténèbres » une dimension
jusque-là inconnue, ou refoulée, de l’âme humaine. Avec ce soupçon,
alors, que cette puissance de destruction à l’oeuvre sur les champs de
bataille est celle aussi de l’enfantement d’un nouveau monde – que renforce
la révolution de 1917… Écrire la guerre : après elle, on n’écrira plus de la
même manière, on ne filmera plus, on ne pensera plus son rapport aux
autres et à soi-même de la même manière. Et ce sont Le voyage au bout
de la nuit
de Céline, Les réprouvrés d’Ernst von Salomon, Les falaises de
marbre
de Junger, L’homme sans qualités de Musil : n’est-ce pas la fiction,
au final, qui aura le mieux dit la guerre ? Écrire la guerre : une question qui
interpelle les écrivains, alors, et continue de le faire au long du siècle. Et
aujourd’hui plus que jamais. Parce qu’elle renvoie à l’essence même de la
littérature.

Avec Pierre Schoentjes, Jean Rouaud, Hubert Mingarelli,
Didier Daeninckx, Patrick de Saint-Exépury
et Wojciech Tochman.