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Le dîner de Jeanne

Écrit par Coline Girard, incipit 2, en 4eme au Collège Sévigné Saint Louis à Issoire (63). Publié en l’état.

Et elle partit, tenant sa fille dans ses bras à la recherche, folle mais pas désespéré, d’un simple jouet d’enfant, d’une toute petite poupée en chiffon, dans ce monde cruel et obscur qu’était la guerre. Plusieurs abus firent leur apparition pendant ce court mais très dangereux trajet. Jeanne, la jeune mère, pensait à son mari.
En effet, ce dernier était parti à la guerre, et elle n’avait aucune nouvelle depuis bientôt deux mois. Une légère pression de sa fille la ramena à ce qui la préoccupait. Était-ce réel ? Elle ne savait plus, mais la vue de son enfant lui redonnait courage.
Plusieurs voisins eurent l’air choqué en les apercevant. Mais personne ne leur portait énormément d’attention, ils étaient tous bien trop effrayés pour cela, trop occupés à se soucier de leur vie, de leur maison. Tout dans ce lieu était désagréable : l’odeur de souffre nauséabonde qui faisait suffoquer l’enfant, le bruit infernal, les nuages opaques de poussière, la vision d’horreur qu’offrait les cadavres, le peu de lumière que le ciel chargé et sombre laissait transpercer.
Elles évitaient les cadavres, escaladaient les gravats, elles y étaient presque. La mère prit son enfant dans ses bras afin de le protéger. Elles étaient à moins de quinze mètres, maintenant, de la poupée. Jeanne l’apercevait, et sa fille aussi. La petite sourit, heureuse à l’idée de retrouver sa poupée. Cette mère courage sentit l’excitation de son enfant, et elle sourit. Elle reposa l’enfant qui lui tenait toujours la main tandis que, de l’autre, la petite attrapait sa poupée de chiffon, sa poupée chérie, compagne de chaque instant, témoin de toute son enfance. Puis elle trouva la tête vers sa mère, qui lui sourit.
« On retourne à la maison, maintenant, demanda-t-elle doucement.

  • Oui, oui on y va. »
    La petite s’accrocha fermement à sa mère et à sa poupée. Toutes deux redoutaient quelque peu le chemin du retour. Elles ne souhaitaient pas revoir ces images d’épouvante mais elles ne pouvaient pas rester au milieu des cadavres non plus, elles partirent donc, un peu plus rapidement cette fois-ci, pour retourner chez elles, du moins dans ce qui restait de leur humble maison. Elles avaient eu de la chance de ne pas avoir une maison à étages, car cela facilite grandement les chances d’être touché. Les bombes n’avait pas fait d’exceptions, tout le monde avait été touché, les plus riches en premier.
    Le ciel s’obscurcit brutalement, ce qui rendait le trajet encore plus difficile, en plus des cadavres qui se multipliaient. La poussière devenait de plus en plus épaisse et le bruit assourdissant s’était considérablement accru depuis une heure.
    Jeanne cherchait surtout à préserver son enfant. C’était son unique but, son seul destin. Elle travaillait d’arrache pied pour cela. En ce moment même, elle faisait en sorte que son bébé ne voie rien de ce désastre, n’exhale pas cette odeur insupportable. Elle ne voulait pas que son enfant connaisse la guerre, ni quoi que ce soit d’aussi rude, cruel et hasardeux. La petite n’y échapperait pas, et elle le savait. C’était son destin de son enfant : affronter la guerre. Et peut-être même combattre pour son pays. Elle lui caressait les cheveux et la serrait fort contre sa poitrine.
    Elles avançaient, la maison ne se trouvait plus qu’à quelques mètres. Les obus avaient cessé depuis quelques minutes. Mais Jeanne pensait que cela n’allait pas durer. Ils ne pouvaient pas arrêter d’en envoyer d’un seul coup, il y avait forcément une raison, ou peut-être étaient-ils à court de munitions.
    « Emilie ! On mange !
  • J’arrive ! »
    La jeune Emilie prit le papier qui lui servait de marque page, le mit à l’endroit où elle s’était arrêtée puis posa son livre sur le rebord de son bureau. Elle se leva, mis ses chaussons, et descendit les escaliers deux à deux.
    Elle n’avait pas vraiment faim, Emilie mourrait d’envie de terminer son livre, même si ce n’était pas la première fois qu’elle le lisait, et qu’elle connaissait la fin par cœur.
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