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La petite fille de Verdun

Écrit par Marion Douzet, incipit 2, en Terminale au Lycée de la Plaine de l’Ain (01). Publié en l’état.

Et elle partit, tenant sa fille dans ses bras à la recherche, folle mais pas désespérée, d’un simple jouet d’enfant, d’une toute petite poupée de chiffon, dans ce monde cruel et obscur qu’était la guerre. Le pas pressé, observant chaque détail autour d’elle, elle descendit la rue aussi vite qu’elle le put. Elle couvrit le visage de sa fille pour lui cacher l’horreur d’un cadavre dans la boue. Elle ne croisa personne. Ses voisins, terrorisés, s’étaient sans doute terrés dans leur refuge, une sorte de cavité creusée pour l’ensemble des habitants derrière une maison. Lorsqu’elle arriva à un croisement, un frisson de peur la parcourut à la vue d’un soldat allemand un peu plus loin sur sa droite. Néanmoins, espérant qu’il ne la verrait pas, elle se remit en marche et bifurqua sur sa gauche. Elle accéléra le pas, se retourna, vit la poupée au milieu de la rue, sale et hors du temps, du côté du soldat. Elle se figea. L’homme était à quelques centaines de mètres mais ses balles pouvaient les rattraper plus vite que lui. Le cri de l’allemand détonna et le sang de la mère ne fit qu’un tour. Elle s’enfuit à toutes jambes, serrant son plus précieux trésor contre son cœur qui battait la chamade. Dans la rue déserte et silencieuse, de lourdes bottes piétinaient le sol : les soldats les prenaient en chasse. Elle entendait des voix marteler son crâne dans une langue qu’elle ne connaissait pas. Les pas et les mots tapaient contre ses tempes et ricochaient dans sa tête. La poupée gisait loin derrière elle, piétinée par les soldats en chasse. Des larmes se mirent à rouler sur le visage de la mère et tombèrent sur le petit être fragile qu’elle tentait de protéger entre ses bras. Rien ne pouvait mettre fin à la guerre, pas même la pureté et la simplicité d’un désir enfantin. La guerre déchiquète tout, comme une balle transperce la peau d’une femme, traverse ses organes, brise ses os, fait gicler le sang, broie la chair et se fige dans le cœur d’une mère aimante. Qui tombe.
Mon visage est mouillé et salé. Je dois pousser maman pour sortir d’en dessous d’elle. Un liquide rouge sort de son dos et j’en ai partout sur les mains. C’est comme du sang mais il y en a tellement que ça doit être autre chose. Maman ne répond pas quand je l’appelle. J’ai peur. Ses yeux sont tout ouverts et comme remplis d’inquiétude. Je ne l’ai jamais vue comme ça : elle a l’air de faire un cauchemar. Il y a une petite flaque rouge à côté d’elle maintenant, mais ça ne s’arrête pas de couler pour autant. J’aimerais mettre un pansement à maman comme elle le fait pour moi quand je m’égratigne genoux. J’aimerais qu’elle se relève et que tout aille bien. Je lui dis que je l’aime et que je ne veux plus qu’elle soit comme ça mais elle ne bouge pas. J’aimerais au moins avoir ma poupée. C’est bizarre parce que moi quand je cours et que je trébuche j’ai très mal. Maman, elle, n’a pas l’air d’avoir mal. Sa bouche est ouverte et toute molle. Il n’y a que ses yeux qui ont l’air de souffrir à cause de ce qu’elle voit. Ça me fait de la peine qu’elle soit triste, alors je pose mes doigts qui tremblent sur ses paupières pour les fermer. Comme ça peut-être que son cauchemar s’arrêtera et qu’elle fera un joli rêve.
« Marguerite dépêche-toi ou nous allons être en retard ! Le Seigneur n’a pas créé le dimanche pour que tu dormes plus longtemps mais pour que tu ailles à la messe ! »
Je hurle à Mme Gronier que j’arrive et me dépêche de la rejoindre en me remémorant le jour où je lui avais demandé l’autorisation de ne plus me rendre à l’église. « Si Dieu existait il n’y aurait pas de guerre et ma maman serait vivante ! », avais-je argumenté. Ce à quoi Mme Gronier avait répondu par la plus grosse gifle qu’il m’eut été de recevoir. Je la rejoins donc en courant, comme tous les dimanches. Mme Gronier m’a recueillie après la guerre il y a dix ans. Elle me nourrit et m’emploie comme couturière. Je n’ai pas à me plaindre dans l‘ensemble : tous les orphelins n’ont pas eu cette chance. Mais je ne suis pas heureuse. Je n’oublierai jamais le visage de maman le jour de sa mort. J’entends encore la voix de l’allemand qui nous poursuivait et qui l’a tuée, je vois l’acier de ses yeux. Puis un coup de feu retentit, et le soldat s’effondre. Il le méritait de toute façon. Ensuite je ne me souviens pas. Mais je me rappelle suffisamment de choses pour le haïr, même mort. Je le hais encore, lui et tous les allemands. Je hais la guerre, toutes les guerres et tous les soldats. Toute l’atrocité du monde a laissé sa marque sur moi. J’ai tant de hargne à l’intérieur que cela me ronge. En moi brûle toute la colère d’une enfant sans parents, au cœur mutilé. Ce feu bout dans ma tête et ne s’éteindra jamais. Le fantôme de maman revient toujours me hanter. Je ne suis pas de ceux à qui on souhaite de faire de beaux rêves. Mes cris la nuit ont depuis longtemps dissuadé Mme Gronier de le faire. J’ai des cernes violets, et les yeux et le cœur secs comme des cendres de poupée. Je hais les poupées. On m’a tout volé ce jour-là, à Verdun. Depuis, mon âme calcinée pend en lambeaux. Je ne serai jamais heureuse.
J’aurai bientôt quarante ans. J’ai survécu à deux guerres mondiales. Quand les Homme apprendront-ils de leurs erreurs ? Quand cessera-t-on de tuer sur commande ? Quand se lassera-t-on de compter les morts ? Je suis fatiguée de ces questions sans réponses. Les Hommes m’épuisent. Je n’ai pas voulu me marier ni avoir d’enfants. Et j’en ai vu trop se faire rafler pour regretter de ne pas en avoir mis au monde. J’ai assisté, impuissante, à leur enlèvement. Je n’ai rien fait. Non pas que mon désir de vengeance se soit amenuisé avec le temps, c’est quelque chose qui ne disparaîtra jamais. Mais la peur s’insinue en vous. Elle vous bouffe et vous cloue au mur. L’horreur vous pétrifie et vous ne savez plus rien. L’enfer est là, sur Terre, et le monde n’est plus le vôtre. Je n’ai pas été plus courageuse que les autres. J’ai passé sept ans à coudre des uniformes de soldats, à contempler le monde s’écrouler, et je n’ai rien fait. Combien parmi eux sont-ils encore en vie aujourd’hui ? Trop de questions m’assaillent et me dévorent. Je suis de ceux qui ont contemplé la guerre comme d’une autre planète, sans comprendre, dans l’attente. Je fais partie de ceux qui se sont tus. J’ai honte, mais je suis en vie. Je suis lasse. Je me sens comme après des années dans le noir, isolée de tout. Je vois mais je ne regarde pas. J’ai fermé les yeux pour ne plus les ouvrir. Qu’y a-t-il à voir ? La guerre est finie depuis cinq ans mais j’entends toujours les obus voler et les balles siffler. Mes oreilles bourdonnent. Tout grésille. Le monde s’écaille et m’assomme un peu plus chaque jour tandis que mon sang se glace et que mon humanité glisse entre mes mains plus craquelées que la peau d’un reptile. Mais je reste là, dans l’attente de la mort. Qu’elle vienne me prendre. Puisque l’Homme vivant ne vaut rien, je ne pourrai qu’apprécier l’au-delà.
Mon cœur s’arrête. C’est moi. J’ai l’impression de me voir quarante ans plus tôt, lorsque cette enfant entre dans l’atelier. Elle est si petite qu’elle doit pousser la porte de tout son poids pour l’ouvrir et en lâche sa poupée. Ses joues rougissent de timidité tandis qu’elle la ramasse précipitamment et croise ses mains derrière son dos. « Bonjour, me dit-elle d’une voix cristalline, c’est ici pour les costumes ?

  • Oui c’est là, lui confirmé-je. Tu fais partie du groupe pour Casse-Noisette ?
  • Oui.
  • Très bien. Approche-toi, je vais prendre tes mesures. »
    Tandis que la petite fille me rejoint, une vague de souvenirs me submerge. Cela fait longtemps que je n’ai pas repensé à tout ça. Cette fillette et sa poupée ravivent une vieille douleur au fin fond de moi. Je suis plongée dans un état mélancolique. J’entrevois mon passé et ce que mon enfance aurait pu être, sans la guerre. Cette fillette est un peu comme un bonbon acidulé, ça pique mais pourtant on en veut encore. En tant que couturière de l’école de danse, je dois confectionner tous les costumes pour les spectacles. Je vais sûrement revoir cette petite fille souvent jusqu’à la représentation de fin d’année. Elle s’appelle Anna. Elle n’est restée que quelques minutes car son père l’attendait, mais elle a été le rayon de soleil de ma journée, et peut-être même de ces dernières années. Elle a l’air heureuse. Je crois que j’ai hâte de la revoir.
    Cette nuit j’ai fait un nouveau rêve, ou plutôt, un nouveau souvenir m’est revenu. Je suis avec maman. Elle m’explique que papa est parti mais qu’il faut croire en son retour. Elle dit qu’elle m’aime. La ville s’écroule autour de nous, les détonations s’enchaînent dehors. Mais maman est là. Je tiens ma poupée contre moi et maman me serre fort contre elle. Puis je me réveille. Maman est morte à nouveau. Je sens mes yeux s’embuer, je rabats les couvertures et je me lève. Mon travail m’attend.
    Je n’ai pas vu la petite fille pendant plusieurs jours, puis elle est revenue. Elle n’est pas restée timide longtemps et est maintenant très bavarde. Elle me raconte l’histoire de Clara et de Casse-Noisette et quel rôle elle joue dans le ballet. Elle fait de grands gestes quand elle parle et est si enthousiaste qu’elle ne me facilite pas la tâche, mais elle me fait sourire alors je la laisse faire. Je lui montre le tissu dans lequel je vais couper sa jupe. « C’est rose ! » crie-t-elle alors avec émerveillement, et dans ses yeux brillent les mêmes étoiles que celles du ciel de Verdun. Sa joie me pousse à enrouler le satin autour de sa taille, et à la placer devant la glace. Je n’ai jamais vu une enfant si contente pour si peu. A ce moment le professeur de danse vient lui rappeler que son cours commence bientôt. La petite fille s’éclipse aussi vite qu’elle est arrivée.
    Anna illumine mes journées, aussi, je feins d’avoir du mal à réaliser son costume, pour la voir plus souvent. J’ai cousu un jupon trop long pour devoir le reprendre. Puis j’ai fait de même avec l’élastique à sa taille. Enfin j’ai trop serré le tissu au niveau des épaules, ce qui m’a obligée à recommencer. Son costume est désormais terminé. Je me suis attachée à elle, et je crois qu’elle aussi m’aime bien. Elle vient toujours avec sa poupée, et je suis très sensible aux soins qu’elle lui donne. Son enfance joyeuse me rappelle celle que je n’ai jamais eue. Cela me fait souffrir mais d’un autre côté cela m’apaise. Comment puis-je haïr l’Homme, puisqu’elle est humaine ? Rien en elle ne ressemble à ce que j’ai connu de cruauté et de tristesse. Elle est la douceur et la fraîcheur incarnées. Tout est beau et pur en elle. Sa personnalité pétillante tranche tant avec le monde que j’ai connu et qui est toujours le nôtre. Elle est tellement différente que j’ai peur pour elle. J’ai peur qu’un jour tout recommence et qu’elle ne soit broyée elle aussi. Alors je continue de haïr l’humanité. Seule Anna est à part. Je suis faible moi aussi, je n’ai rien fait pour lutter contre l’occupation, je n’ai pas résisté. J’ai laissé la peur me paralyser. Mais j’espère qu’Anne restera toujours aussi rayonnante.
    Lorsqu’Anna pousse la lourde porte aujourd’hui, pour la dernière fois puisque son costume est prêt, je suis un peu triste. Son sourire remplit immédiatement la pièce d’une autre couleur, comme si on ouvrait une fenêtre. Je réajuste son costume et lui dis qu’elle est jolie. Nous discutons un peu, elle me fait rire. Puis la porte de mon atelier s’ouvre de nouveau et une voix grave l’appelle : « Anna dépêche-toi je t’attends !
  • Oui papa j’arrive. »
    L’homme maintient la porte ouverte de l’extérieur. Anna s’extirpe en quelques secondes de son costume, le laisse comme un chiffon sur le sol puis s’en va en me faisant un petit signe de la main. « Au revoir Marguerite ! » Au revoir oui. Tu vas me manquer petit soleil.
    Je continue mon travail avec lassitude. Avant de fermer l’atelier, je range avec précautions le costume d’Anna. Lorsque je soulève le jupon qu’elle a laissé sur le sol négligemment, il y a sa poupée. Anna est partie si vite qu’elle l’a oubliée. Je dois la lui rapporter. Une petite fille veut toujours avoir sa poupée. Il ne faut pas l’en séparer car des choses horribles peuvent se produire. A mon tour, je quitte l’atelier précipitamment, sans prendre la peine d’éteindre la lumière ou de fermer la porte. Je cours au secrétariat demander à Madeleine l’adresse d’Anna. Lorsque je lui explique le problème, elle veut simplement téléphoner à ses parents, mais je refuse. Madeleine ne comprend rien à mon emportement, et à ma panique. Quelle gourde ! Elle ne sait rien des poupées. Il faut qu’Anna retrouve la sienne au plus vite. La secrétaire me contemple avec des yeux de merlan frit puis griffonne l’adresse sur un bout de papier qu’elle me tend. Puis elle me regarde partir, presque inquiète pour moi.
    Je parcours le chemin en vingt minutes à pieds. Une chance qu’Anna n’habite pas loin. Je frappe à la porte, les mains tremblantes. On m’ouvre, et c’est lui, ou presque. Je reste bouche bée tandis que la scène défile sous mes yeux. Je suis assise auprès de ma mère dans son sang et dans la boue, le soldat se rapproche. Ses yeux gris sont plus froids et plus durs que l’acier. Ses yeux… L’homme debout devant moi, le père d’Anne sûrement, a les mêmes. Il voit la poupée que je tiens et comprends que je suis venue pour la rendre à sa fille. Il crie « Anna viens vite voir ! Une dame est là pour toi avec ta poupée ! » Alors les mots s’évadent tout seuls de ma bouche, libérant toute la haine enfouie en moi pendant si longtemps : « Qui êtes-vous ? » Il me dévisage, interloqué, et semble attendre que je m’explique. Je poursuis alors : « Je ne peux pas me tromper. Vous avez les mêmes yeux que le soldat qui a abattu ma mère. » Le père d’Anna reste bouche bée, les yeux écarquillés, puis sans que j’aie la force de me débattre ou de partir, il pose ses mains sur mes épaules et m’attire chez lui. Anna arrive à ce moment. Son père lui tend sa poupée et lui dit d’aller dans sa chambre. Ce que nous avons à nous dire ne concerne pas les enfants, seuls ceux qui ont grandi peuvent savoir. Je me sens molle et faible, comme anesthésiée. L’homme m’assoie sur un fauteuil. Il se place sur un autre siège en face de moi et se penche pour me voir de plus près. Nous attendons un moment, gênés et perdus, puis il se lance lentement, comme s’il craignait ma réaction. « Vous êtes la petite fille de Verdun ? » me demande-t-il. Je hoche la tête en silence, alors il continue, avec toujours autant de précautions. « Mon père était un soldat allemand. Il est tombé amoureux de ma mère, là-bas, à Verdun. Elle est française bien sûr. Lorsque votre mère a été tuée, il a été blessé, mais il a survécu. Mes parents ont patienté jusqu’à la fin de la guerre pour se marier, puis quelques années encore pour avoir un enfant. » Il s’arrête un instant, pour attendre ma réaction. Je ne fais rien. « Mon père n’est pas un monstre. déclare-t-il.
  • Il l’est ! m’écrie-je comme on crache du venin.
  • Il n’a jamais voulu vous faire de mal.
  • Il a pourtant détruit ma vie.
  • Ce n’est pas lui ! Ecoutez-moi je vous en supplie… Mon père n’a jamais voulu toucher aux civils. Il était en conflit avec les soldats de son infanterie à cause de son amour pour une française. Quand il vous a vues, vous et votre mère, dans cette rue, il a crié pour vous dire de partir, car une bataille était sur le point d’éclater à cet endroit même. Il voulait simplement vous prévenir. Mais ses alliés n’étaient pas d’accord. Ce sont eux qui ont tiré sur votre mère, puis sur lui, car ils le considéraient comme un traître. Mon père a eu la chance de s’en sortir, grâce à ma mère qui l’a soigné puis abrité et protégé. Je suis navré que votre mère n’ait pas eu cette chance. Mais c’est tout ce qui s’est passé. Mon père a voulu vous aider et ce n’est pas un monstre. »
    Ma tête est sur le point d’exploser. Je ne sais plus quoi penser ou quoi dire, tout est embrouillé. J’ai mal au crâne et mes sentiments pêle-mêle se battent en duel dans mon cœur. Tout est remis en question. L’homme se lève et part un instant puis il revient avec ma poupée, toute abîmée et déchirée, mais c’est elle, c’est la mienne. Il m’explique que c’est sa mère qui l’a récupérée et qui l’a conservée, pour peut-être me la retourner un jour. Ensuite il me donne sa carte et me raccompagne à la sortie. Je me retrouve seule au milieu de la rue.
    Epuisée, je rentre chez moi, serrant ma poupée contre moi. Je me sens mieux je crois. J’ai l’impression qu’un poids énorme a quitté mes épaules. Pourtant maman est toujours morte et c’est toujours un Homme qui l’a tuée, mais ce n’est pas cet Homme-là. Ce soldat et ses yeux de fer qui ont si longtemps peuplé mes cauchemars ne sont pas coupables. Cet homme n’était pas une machine à tuer, ce n’était pas non plus un monstre, mais simplement une âme perdue sur un champ de bataille, comme maman et moi. Il a voulu nous prévenir, nous épargner la mort. Soudain ses mots allemands aboyés dans mes souvenirs me semblent plus doux. Tous les Hommes ne sont finalement pas mauvais. Certains ont compris et savent. Ce soldat en est la preuve. Peut-être en existe-t-il d’autres ? Des humains comme maman, comme cette petite Anna rayon de soleil et comme son père bienveillant. Je me surprends à regarder en arrière sans haine. La douleur reste et ne partira pas, mais désormais, l’espoir est permis.
    L’Homme n’est pas perdu. Dans ce monde complétement ravagé, les miracles ne sont possibles que si nous croyons.
    A partir d’aujourd’hui, moi, Marguerite, la petite fille de Verdun, je crois en l’humanité.
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