VUILLARD Eric

France

La tristesse de la terre (Actes Sud, 2014)

© D.R.

Eric Vuillard, Né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009), récompensé par le Grand prix littéraire du Web - mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d’Occident et Congo.

Le septième livre de l’auteur, La tristesse de la terre raconte deux histoires : les derniers massacres d’indiens à la fin du XIXème siècle et la naissance du spectacle de masse, deux phénomènes entretenant des rapports « incestueux ». Il raconte en effet la naissance du spectacle de masse au travers de l’histoire du Wild West Show de Buffalo Bill qui employait des rescapés de ces massacres en même temps que des randgers qui y avait participé. Des gens donc qui se retrouvaient dans les deux camps opposés devaient rejouer des scènes qui appartenaient à l’histoire immédiate et qui en plus étaient falsifiées par Buffalo Bill, metteur en scène inventeur du « happy end ». Cette histoire, par Eric Vuillard, de Buffalo Bill Cody et de sa création spectaculaire jette une lumière nouvelle sur le mythe de la conquête de l’Ouest comme fantasme originaire de l’Amérique industrielle puis de tout l’Occident à travers la littérature et le cinéma.


Bibliographie

  • Tristesse de la terre : Une histoire de Buffalo Bill Cody (Actes Sud, 2014)
  • Congo (Actes Sud, 2012) Prix Franz Hessel, 2012 ; prix Valery-Larbaud, 2013
  • La Bataille d’Occident (Actes Sud, 2012) Prix Franz Hessel, 2012 ; prix Valery-Larbaud, 2013.
  • Conquistadors (Éditions Léo Scheer, 2009) Prix Ignatius J. Reilly, 2010.
  • Tohu (Éditions Léo Scheer, 2005)
  • Bois vert, poésies (Éditions Léo Scheer, 2002)
  • Le Chasseur (Éditions Michalon, 1999)
La tristesse de la terre

La tristesse de la terre

Actes Sud - 2014

Alors, le rêve reprend. Des centaines de cavaliers galopent, soulevant des nuages de poussière. On a bien arrosé la piste avec de l’eau, mais on n’y peut rien, le soleil cogne. L’étonnement grandit, les cavaliers sont innombrables, on se demande combien peuvent tenir dans l’arène. C’est qu’elle fait cent mètres de long et cinquante de large ! Les spectateurs applaudissent et hurlent. La foule regarde passer ce simulacre d’un régiment américain, les yeux sortis du crâne. Les enfants poussent pour mieux voir. Le cœur bat. On va enfin connaître la vérité.

Prix Joseph Kessel

Avec Eric Vuillard - Saint-Malo 2015