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Alpha, ou ce que Steve Jobs n’a jamais révélé

Ecrit par Emmanuel Gravelat (1ère, Lycée Aristide Bergès à Seyssinet), sujet 2. Publié en l’état.

Rémi frissonna. Le holo-casque n’était pas lourd mais sa visière opaque l’angoissait. Dans quelques minutes, ce masque noir se transformerait en un monde qui lui était totalement inconnu. Et il détestait cette idée. Jeune lieutenant de police, il avait été absorbé par ses études depuis ses dix-sept ans et ne se souvenait que très peu des rares occasions où il avait testé la réalité virtuelle. Il s’y était bien sûr intéressé, comme beaucoup de jeunes de son âge, mais c’était avant que...

Une envie folle de partir en courant lui traversa la tête mais, malheureusement, il n’avait pas le choix. Cette enquête était la sienne. D’abord car il était lessivé. Fauché. Raide. Sa paye ne tomberait que dans quelques jours et un mystère résolu lui vaudrait peut-être une avance. Ensuite car il avait une revanche à prendre. A prendre sur ce nouveau monde, trop secret à son goût.

− La fille, Lucie, demanda-t-il, quel était son nom et à quoi ressemblait-elle ?
− Elle s’appelle Lucie Weimand, répondit la voix du PDG dans le micro du casque. Elle mesure dans les 1 mètre 60, elle est plutôt mince, avec des cheveux longs, et porte un jean serré, une chemise large et un foulard. D’après son accent, je dirais qu’elle vient de Londres.

− Londres... Au dix-septième étage ?

« Elle a descendu dix étages pour venir ici ? » pensa-t-il. « Ça a dû lui coûter cher de passer par New-York et San Francisco. » Weimand. Il avait déjà croisé ce nom quelque part...
− Weimand... c’est un célèbre informaticien du dix-septième étage, mort il y a trois ans !

Pensif, Rémi attendit que les portes du sas se referment derrière lui avant de continuer :

− Qui a inventé la réalité virtuelle ? demanda-t-il brusquement.

− Deux Américains, je crois, il y a très longtemps, vers 1980 quelque chose.

− Deux mille ans, compléta Rémi. Dites-moi, si j’ai bien compris, seuls les casques sont nouveaux par rapport à ceux des autres jeux de réalité virtuelle.

− Exact. La réalité virtuelle va décider de ce que vous allez vivre.

Rémi resta silencieux. Puis quelque chose bourdonna et il fut tenté de retirer son casque. Il n’en eut pas le temps car ses jambes se dérobèrent sous lui tandis qu’un flash bleu lui déchirait la rétine.

Il était allongé sur un sol mou. Son casque semblait avoir disparu de sa tête. Et la première sensation qu’il ressentit était celle de ses orteils qu’il ne parvenait plus à remuer. Il s’assit et constata avec effroi que deux enveloppes malléables s’étaient refermées sur ses pieds. Composées d’une sorte de tissu, elles semblaient déformables. De petits cordons pendouillaient de chaque côté. Et sur la tranche était apposée une inscription à la signification mystérieuse : « Nike ». Rémi se força à respirer calmement. Il marchait pieds nus depuis sa naissance, comme tous les habitants de la tour, depuis que les tapis roulants désinfectés avaient été installés. Pourtant, son virtuel professeur de la faculté lui avait déjà parlé d’objets identiques à ceux qui l’attaquaient en ce moment. Autrefois, les gens s’en servaient pour marcher. Ces « chaussures », c’était le terme exact, étaient donc inoffensives. Rémi se calma et se releva. Ne pas paniquer était la règle numéro un des officiers de police. Si le monde virtuel le surprenait dès à présent, il ne progresserait pas loin dans son enquête.

Il se trouvait sur... il ne saurait dire. C’était une sorte de moquette verte qui semblait tapisser le sol. Et un piquet se dressait devant lui. Mais il s’agissait là d’une barre qui avait sans doute eu un défaut de fabrication, la machine avait dû s’emballer : le piquet se divisait à son sommet en de multiples autres barres elles-même divisées en de petites baguettes. Et le tout lui rappelait quelque chose. Un... « arbre ». Le mot vint tout seul. Un arbre, oui, comme il y en avait dans la tour trois cent ans auparavant. Le seul qui restait à présent était en plastique et trônait au centre de New-York, au huitième étage. Ainsi c’était cela, un arbre. Rémi l’aurait imaginé plus compliqué, plus structuré.

Et cet arbre n’était pas tout seul. Derrière lui s’étendaient des centaines de ses confrères, beaucoup plus imposants. Rémi en resta bouche bée. Puis des dizaines d’ombres s’envolèrent de cette étendue verte. « Des drones ? » songea-t-il. Puis il sentit la chaleur. Et il les vit. De grandes langues orangées qui avançaient vers lui en engloutissant les arbres. Des langues vivaces, rapides et insaisissables. Elles doraient les environs en ronflant comme de gros chats. Les chats, Rémi les connaissait, ils figuraient parmi les seuls animaux de la tour. Mais ce curieux phénomène était complètement différent. C’était à la fois beau et majestueux. Et c’était chaud, très chaud. Rémi ne connaissait la chaleur que grâce au chauffage électrique et à la plaque de cuisson de la cuisine de son appartement. Ça, c’était beaucoup mieux.

Il s’avança d’un pas hésitant vers ces frétillantes langues jaunes, oranges, rouges ou même bleues et approcha sa main. Il fit glisser son doigt sur la courbe de l’une d’elle et ressentit soudain une vive brûlure. Que... que s’était-il passé ? Son casque lui transmettait toutes les sensations nécessaires pour qu’il se croie dans un monde réel. Cela signifiait-il que ces gracieuses formes étaient dangereuses ? Quand un nuage gris vint lui piquer la gorge, il ne se posa plus la question et s’enfuit en courant. Ses yeux pleuraient, il transpirait, il trébuchait sur ce sol, vert, certes, mais inégal, sans cesse freiné par de nouveaux arbres qui lui bloquaient le passage. La chaleur se rapprochait, c’était insupportable. S’il rencontrait un seul obstacle, il tomberait. Jusqu’où son casque lui ferait-il alors endurer la morsure de ces étranges langues ? Il ne tenait pas à le savoir.

C’est alors que le plus monstrueux des obstacles se dressa devant lui. Monstrueux était le mot. Haute de cinq mètres, la chose était garnie d’une rangée de dents de la taille du poing de Rémi, marchait sur deux énormes pattes et fixait le pauvre lieutenant de police qui courait vers elle. Cet animal, si c’en était un, était... colossal. A côté, les gros chiens de la cité de Montréal, au vingtième étage, faisaient figure de jouets. Et Rémi lui fonçait droit dessus. La bête poussa un rugissement et se rua vers lui. Encore deux enjambées et Rémi serait... que lui voulait cette chose, d’ailleurs ? Les chats qu’il avait côtoyés avaient joué à le griffer. Peut-être ce monstre voulait-il les imiter ? Tous les animaux avaient-ils le même raisonnement ? En tout cas, Rémi avait suffisamment d’expérience pour se rendre compte qu’il était en danger. Ça, il le savait. Mais les langues rouges et dévorantes le pourchassaient et l’animal lui faisait face. « Je suis très mal », aurait-il dû penser en bon lieutenant de police qu’il était. Il aurait dû faire preuve d’un sang-froid exceptionnel dans cette situation critique. Mais rien ne l’avait jamais préparé à ça. Et la première chose qui lui vint à l’esprit fut :

− Mais qu’est-ce que je fiche ici ! hurla-t-il alors que le monstre bondissait.
Il connaissait la peur, il était policier. Il connaissait la peur de souffrir, de tomber dans les escaliers, la peur de perdre son appartement, son travail. Mais la peur de mourir, il ne l’avait jamais ressentie. Tout simplement parce que, dans la tour, on ne mourait jamais. Le verbe « mourir » n’était réservé qu’aux programmes scolaires, qui enseignaient que l’extérieur de la tour était tellement pollué que quiconque s’y aventurerait verrait son cœur s’arrêter. Mais cette notion était complètement abstraite et, à l’intérieur de la tour, les accidents mortels n’existaient pas : les tapis roulants étaient lents et sécurisés et l’ensemble du travail dangereux était assuré par des robots, d’anciens humains qui voyaient leurs corps se mécaniser au fur et à mesure qu’ils vieillissaient. Au bout de deux cent ans environ, un homme devenait un robot au service de la société. La mort n’existait pas. Elle n’était qu’une lente transformation progressive et un terme archaïque. Aussi cette peur était totalement étrangère à Rémi. Et ce choc le secoua si fort qu’il sentit le sang monter à sa tête et faillit s’évanouir.

Et il se souvint. Il se souvint de la seule personne morte qu’il ait jamais connue. Steven. Son correspondant anglais tout droit débarqué de son collège chic de la banlieue ouest de Sydney, au vingtième étage. Steven avait passé une semaine dans la famille de Rémi alors qu’il avait quinze ans. Les deux adolescents avaient tout de suite sympathisé et Steven avait initié Rémi au monde de la réalité virtuelle. « Contrairement à ce que tout le monde pense, il est possible d’influencer ce monde. Il suffit d’imaginer plus vite que lui ce qui va t’arriver ». Cela ne semblait pas lui avoir porté chance puisque, le dernier jour de l’échange, les deux garçons avaient joué une partie de réalité virtuelle dans un centre proche et Steven... n’était pas revenu du monde qu’il aimait tant. Rémi l’avait attendu plusieurs heures, avant que le directeur du centre vienne lui annoncer que Steven était porté disparu. Pas mort. La mort n’existait pas. Ce jour-là, Rémi avait été convaincu du contraire et avait toujours gardé ses distances avec ce monde dangereux.

« Il est possible de contrôler la virtualité. », songea-t-il, au bord de l’inconscience. « Et si j’essayais ? ». La chaleur lui léchait les cheveux, qui semblaient se décomposer à son contact, la bête ouvrait déjà sa gueule pour le... -pour le quoi déjà ? - et il ferma les yeux. Et il pensa à la seule chose qui lui vint à l’esprit : « De l’eau. Beaucoup d’eau, des litres et des litres. De l’eau, encore et encore. Il fait trop chaud. J’ai soif. De l’eau... ».

Le sol s’ouvrit sous lui. Où était-il en train de s’évanouir ? Il chuta durant une éternité dans le noir... avant de plonger. Plonger dans de l’eau, froide. De l’eau... en énorme quantité. Il était complètement immergé. Et il... il n’arrivait plus à respirer. Comme lorsqu’il jouait, enfant, à retenir sa respiration le plus longtemps possible, sauf que l’air avait disparu cette fois-ci. L’eau n’était pas rare, dans la tour, mais jamais il n’avait été englouti à ce point. Il n’y avait pas dans la tour de ces antiques piscines qui existaient deux mille ans auparavant. Et il se rappela que s’il ne remontait pas rapidement à la surface, il allait mourir. Il commença sérieusement à paniquer mais, en dépit de ses mouvements désordonnés, il était irrésistiblement attiré par le fond. Il allait couler. Il allait...

Une main ferme lui attrapa l’épaule et le tira hors de l’eau. Il aspira goulûment une énorme gorgée d’air et toussa. Il était trempé et avait froid. Mais vraiment froid. Il éternuait quand une épaisse couverture atterrit sur son dos.

− Ça va mieux ? demanda quelqu’un derrière lui.

Quand il se retourna, il fut pétrifié. Ce qui se tenait devant lui n’était quand même pas un homme ! Ses cheveux étaient décolorés, blancs, comme ceux des anciennes momies des années 2100, et sa peau était plissée, pliée, rêche, brunie. Tout son visage était anormalement boursouflé et son corps trapu semblait trop gros pour être réel. Comme s’il avait vieilli sans faire remplacer ses organes obsolètes par des neufs électroniques ! Pourtant, il parlait la même langue que Rémi.

− Dieu merci tu es de retour parmi nous ! continua le drôle d’homme.

« Dieu ? » songea Rémi. « Ils ont de drôle de noms par ici. Et merci ? Qu’est-ce que ça veut dire ». Il regarda alors autour de lui. Il était à côté d’un... d’un énorme réservoir d’eau, un réservoir difforme, ni carré ni circulaire, tout étiré sur des kilomètres comme un long ruban bleu. Et une ville était bâtie sur les bords. Plutôt petite, d’ailleurs. Et... il s’arrêta. Au loin de dessinait la pointe de la « tour morte », le seul monument en métal du septième étage. Elle était construite sur le plus grand bidonville de Paris et servait de prison à cause de ses arches en métal en forme de barreau. « Qu’est-ce qu’elle fait ici ? » se demanda Rémi.

Il se retourna et aperçut plusieurs ponts qui enjambaient le long réservoir. Des bancs y étaient construits. Et dessus, des gens, jeunes comme lui cette fois-ci, étaient en train de... coller leurs lèvres ? Mais c’était tout sauf hygiénique ! Et les gens qui passaient à côté d’eux semblaient indifférents. Certain promenaient même des enfants ! Des enfants qui se déplaçaient individuellement ! Rémi écarquilla les yeux. Dans la tour, les enfants vivaient ensemble, encadrés jusqu’à leur six ans par des fonctionnaires, avant qu’on leur choisisse une famille d’accueil. Mais que se passait-il dans ce monde de fous ?

C’est à ce moment-là que Rémi vit l’homme. Jeune, grand, tout habillé de noir, il lui fonçait dessus en brandissant un étrange objet. Rémi était policier. S’il y avait bien une chose qu’il savait reconnaître, c’était une arme. Dans la tour, les armes les plus dangereuses étaient les tasers, qui ne délivraient pas de charges mortelles. Dans la tour, les armes ne tuaient pas. Celle-ci si.

Il se mit à courir, tandis qu’une partie du mur qu’il longeait se détachait près de lui. Une arme à distance. Pas de chance. « La rue se prolonge. » pensa-t-il. L’impasse qui lui faisait face se transforma en un boulevard très éclairé. Rémi inventa tour à tour un escalier, un pont et un carrefour, mais son poursuivant ne le lâchait pas. L’imagination avait ses limites, même dans ce monde. Il n’eut alors plus d’autre choix que celui de se battre. Sans cesser de zigzaguer, il jeta un coup d’œil derrière lui et regarda l’arme de son ennemi. « J’en veux une comme ça », songea-t-il.

Instantanément, l’objet se matérialisa dans sa main, sa paume posée sur la crosse et son index crispé sur la gâchette. Il se retourna et appuya sur cette gâchette. L’engin émit un bruit qui déchira l’air, le coup partit avec un recul impressionnant. Son poursuivant fut arrêté en pleine course, éjecté en arrière par une force invisible. Rémi s’en approcha avec prudence puis faillit vomir. Il avait déjà vu du sang, il s’était déjà coupé une ou deux fois dans sa vie. Ici, c’était un mare rouge qui teintait le sol. L’homme à terre regardait dans le vague, sans un geste. Ainsi, c’était cela la mort. Il vomit, pour de bon cette fois. Mais pourquoi tout cela lui arrivait-il ? Il s’était lancé sur les traces d’une ado disparue et il se retrouvait à tuer quelqu’un. Que se passait-il ?

− Tu te poses des questions, n’est-ce pas ?

Il tressaillit et regarda dans les environs : les gens se précipitaient vers lui, formant un cercle autour du mort, mais aucun ne lui adressait la parole. « Qui parle ? », pensa-t-il.

− Tu n’avait jamais vu autant de sang avant, tu n’avais jamais vu la mort ? Et bien c’est fait.

La voix semblait sortir de nulle part. Elle jouait avec lui.

− Tu crois que Lucie Weimand est la première à disparaître ? Non. Tu ne le crois pas, contrairement aux autres. Parce que tu as connu Steven.

« Ce n’est pas vrai ! » se rassura-t-il, « Il cherche mon point faible ».

− Steven. Un informaticien très doué. Il a commencé à se poser des questions sur la réalité virtuelle dès douze ans. Il a découvert certains tuyaux pour survivre dans ce monde. Il a failli tout découvrir. Tu connais la suite.

− Qui êtes vous ? cria-t-il.

− Ils demandent tous ça. Appelle-moi Alpha. Je suis un logiciel. Tout le monde connaît la réalité virtuelle mais personne ne sait que, dans les année 1980, deux Américains m’ont créée. Créée pour protéger la Terre des hommes. Vous, les hommes, êtes devenus immortels. Le seul moyen de vous tuer est de vous attirer dans ce monde où votre vie ne vaut plus rien. C’est ainsi que Steven, Lucie Weimand, son père et tous les autres qui ont soupçonné mon existence ont « disparu ».

− Mais pourquoi faites-vous tout cela ? demanda Rémi, en proie à la panique.

− Au moment de la grande catastrophe, les hommes décidèrent de s’enfermer dans une tour et de vivre leur vie comme si rien ne s’était passé. Ils n’ont gardé qu’une fenêtre, des souvenirs du monde qu’ils avaient quitté, un logiciel où je me suis aussitôt installé. Ils ont appelé cela la « Réalité virtuelle ». Mais cette fenêtre de souvenirs est dangereuse, elle pourrait leur donner envie de revenir vers le monde qu’ils ont failli détruire. C’est pourquoi je tue ceux qui s’y intéressent trop. Réalité virtuelle... Avant que nous nous quittions, Rémi, réfléchis bien : es-tu déjà sorti de ta tour, as-tu déjà vu l’extérieur de cette tour ? Combien d’espèces d’animaux connais-tu, à part celle des chiens, des chats et des poulets d’élevage ? Connais-tu tes parents ? Tes vrais parents, ceux qui t’ont mis au monde, pas ceux qui t’ont adopté par la suite ? Non. Maintenant, regarde autour de toi. Que vois-tu ? Des arbres, des fleuves, du feu, l’amour, la mort. Connaissais-tu tout cela ? Non. A ton avis, quel monde, du tien ou du mien, est le plus virtuel ?

Alpha se tut. Et, tandis qu’un petit point rouge, guidage laser, apparaissait sur le front de Rémi, celui-ci comprit. L’instant d’après, le coup de feu partit et le jeune inspecteur mourut, au septième étage de la gigantesque station spatiale construite en forme de tour, qui accueillait ce qui restait de l’Humanité dans l’orbite autour de l’étoile d’Alpha du centaure, bien loin de la Terre, une Terre jadis ravagée par la grande catastrophe, qui à présent renaissait de ses cendres, couverte de verdure, débarrassée pour toujours des Hommes et de leurs folies.
*

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