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Rock killer

Ecrit par Louisa Moënne-Loccoz (4ème, Collège Jean Prévost), sujet 2. Publié en l’état.

Le P.D.G. qui était visiblement pressé, enfonça sans ménagement un casque sur le cuir chevelu du policier.

- Faites le vide dans votre tête !

Rémi acquiesça.

-Bien, mais Lucie, à quoi ressemble-t-elle ?

-Aucune idée.

Rémi trouva cette réponse intrigante, il s’apprêtait à répliquer quand soudain le noir se fit. Obéissant au P.D.G., le lieutenant fit le vide. Soudain, une image s’incrusta dans sa tête, celle du vide, et une voix retentit : « Bienvenue à New Graal ; veuillez choisir votre profil ». Rémi pensa aussitôt à Lancelot : il faisait partie des chevaliers de la Table Ronde !

-Excellent choix !

Rémi fut surpris que la voix ait un tel entrain.

-Qui êtes-vous ?

-Harry.

-Où est Lucie ?

-Je vous donne une énigme : « Où peut-on trouver l’objet dont personne ne connait l’apparence ? »

***

Lucie pesta ! Cela faisait bien vingt minutes qu’elle avait perdu le contact avec sa conscience humaine. Qu’est-ce qu’elle avait mal aux pieds ! La jeune femme baissa les yeux, évidemment des bottines de dix centimètres de hauteur n’étaient pas très pratiques pour s’enfuir en courant. Heureusement que Lucie était en jean. Elle ne comprenait pas ce qui s’était passé, d’un moment à l’autre… le lien tranché… et cet irréversible besoin de tuer ces stupides personnages de jeu vidéo. Pour la première fois, Lucie se réjouit d’être seule !

***

Rémi s’était creusé la tête longtemps malgré son esprit vif. Il en avait conclu que Lucie (le Graal) était dans un lieu où le calice n’avait jamais été cherché, dans une ville très moderne : New York. Le décor changea, la cité apparut devant lui.

-Va au centre, bonne chance !

-Merci.

Après cet ultime mot, Rémi s’en alla au pas de course. Par chance, les rues étaient vides, le policier n’eut pas de mal à arriver au cœur de la ville qui s’illumina. Les couleurs étaient si vives qu’il en eut mal aux yeux ; soudain toute une population jaillit des ténèbres. Un homme se démarqua des autres en se jetant sur l’enquêteur qui vacilla et tomba à terre. Il demanda haut et fort :

-Quel est ton nom, étranger ?

-Rémi Stryder.

-Pourquoi avez-vous ce nom ?

-Ce nom représente ma famille depuis des générations, donc ne me demandez pas d’où il vient. Je ne le sais pas moi-même !

-Milles excuses, et bien moi c’est Arthur ; Arthur de la table ronde.

-Vous voulez dire le roi Arthur ?

-Lui-même.

-D’accord… Avez-vous vu une jeune femme du nom de Lucie ?

-Oui, elle se surnommait « le Graal », et je crois qu’elle avait raison. Elle était aussi dangereuse que le calice !

-Où est-t-elle partie ?

-A l’Est, le lieu le plus sombre de cet univers. Mais c’est étrange, car elle lui apportait la lumière.

-Bien, sans vous offenser Sire, je m’en vais la retrouver.

-J’aime votre expression !
Rémi était déjà parti mais le roi le rattrapa.

-Je dois vous avertir d’un fait.

-Lequel, Sire ?

-Dans cet étrange monde où vous venez d’atterrir, dès que la moindre goutte de sang coule, nous perdons la vie.
Rémi lui lança un regard interrogateur.

-Je veux dire qu’on est renvoyé dans ton monde, seulement, étant donné que nous n’y appartenons pas, nous perdons la vie.

-Je ferai attention, adieu !

***

Lucie marchait d’un pas assuré. La jeune femme qui était très belle, déploya sa longue chevelure noire ; elle comptait dessus pour tuer le plus de personnes possible, à la manière « jeu vidéo » bien sûr ! Justement, Yvain arrivait par là.

-Aidez-moi ! Je me meurs !

Elle attendit qu’Yvain soit suffisamment près pour, par la seule force de sa volonté, plonger le chevalier dans le noir complet. Puis sans attendre, elle lui fit perdre sa voix. Lucie s’approcha discrètement du pauvre homme, et lui enfonça ses ongles dans la main. Suite à une minute d’enfoncement d’ongles dans la chair, une perle de sang, orange, se répandit sur le sol fait de terre.

Yvain commença à convulser et ses cellules se répandirent peu à peu dans l’air, enfin il ne resta plus qu’un casque fait d’acier. Lucie fut satisfaite et recommença à marcher plus rapidement. Elle se retourna : cette lumière la suivait toujours ! Elle déglutit et tenta de l’oublier.

***

Rémi s’enfonça à l’Est, comme l’avait indiqué Arthur et très vite, malgré l’heure peu tardive, il fit bientôt nuit noire sur le chemin. Il regarda attentivement les alentours pendant une trentaine de minutes et son attention commença à faiblir. Au bout d’une heure, ses efforts furent récompensés : une lumière apparut dans les broussailles. Le policier qui était agile et vif n’hésita pas une seconde avant de s’y enfoncer. Pas de chance pour le jeune lieutenant : la lumière se dissipait déjà ! Rémi courut le plus vite qu’il put et il arriva enfin à la source de cette clarté ; quand il la vit, habillée d’un jean en cuir accompagné d’une élégante et légère chemise noire, il baissa les yeux. Il aperçut des bottines rock, décidément, très glam’ pour une tueuse. Enfin si cette belle femme était Lucie bien évidemment. Elle fit pivoter sa chevelure de jais, lui lança un timide regard avec ses yeux de biche et susurra :

-Je te souhaite la bienvenue mon beau Lancelot. Je me présente : Guenièvre.
Un sourire lui fendit la bouche, Rémi fut tellement attendri qu’il faillit acquiescer mais il se ressaisit et répondit d’un ton sarcastique :

-Je suis flatté mais moi, c’est Rémi.

La jeune femme parut décontenancée et, sans réfléchir, il tenta le tout pour le tout.

-Lucie ? Lucie est-ce toi ?

Elle releva la tête précipitamment.

-Qui êtes-vous ? Etes-vous de mon monde ?

-Je vous l’ai dit, je suis Rémi et si votre monde est la Terre, oui je suis votre compatriote !

-Compatriote ? Osez-vous vous égaler à moi ? Moi Lucie, la première femme à détruire le poison moderne : les jeux vidéo.

-Euh… Non bien sûr je ne suis pas aussi doué pour m’en vanter.

Alors un long combat de regards opposa les deux humains et Lucie poussa un soupir désespéré ; visiblement Rémi avait gagné, gagné quoi, il ne savait pas, mais il avait gagné. Soudain Lucie reprit sa marche rapide vers l’Ouest.

-Comment fais-tu pour que la goutte de sang coule ?

-Avec mes ongles ; je les enfonce dans la chair.

-Ah vraiment ? Intéressant…

L’esprit de Rémi tournait à toute vitesse, et enfin il trouva la solution : il devait enfoncer ses ongles dans la main de sa future prisonnière et ensuite se l’infliger à lui-même. Il trouva la solution plutôt simple après avoir décrété qu’il la suivrait. Le mauvais coup était prévu à un certain arbre qu’il avait particulièrement remarqué pour ses branches basses très tranchantes…

***

Lucie se demandait pourquoi ce dénommé Rémi était là. Peut-être pour venir la chercher ? Non elle ne l’aimait pas ! Mais il était intelligent… Non, pas assez de style ! Bref, elle se demandait si cet homme était un ami, un « petit » ami ou bien un ennemi ? Elle aurait préféré la deuxième proposition, car malgré sa belle allure, les hommes ne faisaient pas foule à ses pieds. Donc pendant qu’elle rêvassait sur ces points négatifs, elle ne remarqua pas Rémi qui s’approchait d’un arbre très aiguisé. Elle essaya de se raisonner ; elle était quand même la femme responsable de l’abolition des jeux vidéo…

***

Rémi s’approcha de la jeune femme par derrière, pas très loyal mais très efficace. Il la prit par le cou et lui murmura méchamment :

-Retour à la case départ, ou devrais-je dire à la case -x !

Elle se défendait déjà, ce n’était pas faute d’essayer pour la jeune tueuse, mais c’était sans succès : Rémi sortit de son blouson la pointe de branche, elle hurla si fort qu’une troupe de soldats accourut. Rémi fut surpris et elle en profita pour lui enfoncer sa propre arme dans la poitrine. Il sentit la blessure lui arracher les entrailles, il aurait préféré mourir que de rester dans une vie faite de douleurs si atroces. Mais il tint bon pour Lucie, pour la sauver de ce cauchemar de New Graal ! Il arracha la branche de sa cage thoracique et se pressa pour l’enfoncer dans le bras de cette traîtresse.

Elle hurla encore, mais cette fois de rage : elle savait que c’était la fin, de son jeu ou de sa vie…

Rémi sentit une atroce douleur et quelqu’un murmurer son nom :

-Lieutenant, lieutenant, Rémi ! Vous transpirez comme un bœuf, monsieur le policier ! Lucie est réapparue ! Mission réussie !

-Non, non.

Le silence se fit, tout le monde regardait Lucie se réveiller. Même Rémi était de la partie, il s’était relevé péniblement sous le regard interrogateur du P.D.G. Soudain un cri déchira le silence, Lucie ouvrit brutalement les yeux et hurla de nouveau.

-Mais qu’ai-je fait ? J’ai tué des personnes ! Oh non !
Elle se ressaisit, se releva et arrêta son vacarme.

-Je suis si fatiguée, puis-je avoir une boîte d’aspirine, enfin tous les médicaments qui puissent se trouver ici ?

-Mais bien sûr mademoiselle !

-Non.

Rémi n’avait pas su se retenir. Il regretta aussitôt sa parole.

-Je veux dire qu’elle a tué des personnes, elle est troublée psychologiquement, enfin vous voyez ce que je veux dire !

-Taisez-vous Rémi ! Mais bien sûr, mademoiselle, tout de suite.

Le P.D.G. claqua des doigts et sourit de toutes ses dents.
Elle absorba les médicaments en un rien de temps, et très vite elle s’évanouit, plus exactement, tomba dans le coma.

***

Lucie ouvrit péniblement les yeux et pesta intérieurement, elle ne devrait pas être ici ! Elle vit alors Rémi et l’interrogea du regard. Alors il lui raconta tout : comment il l’avait portée jusqu’à l’ambulance, comment il avait veillé sur elle pendant un mois entier, puis des semaines à son chevet. Elle était très touchée par cette attention mais il stoppa ses pensées :

-Ton nom, prénom et âge.

- Reguiveen, Lucie Reguiveen. J’ai vingt-trois ans.

-D’accord. Comment se fait-il que tu sois encore en vie alors que ton corps avait entièrement basculé dans New Graal ?

Soudain, la bouche de Lucie devint sèche.

-Je n’en ai aucune idée. On dirait que nous avons un nouveau problème mathématique, scientifique, physique ou tout ce qu’on veut, et celui-ci, est d’ordre universel.

-Oui, effectivement, on dirait…

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