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Chacun sa quête

Ecrit par Sophie Descours (1ère pro, Lycée Alexis Carrel de Lyon), sujet 2. Publié en l’état.

Le casque passé, Rémi sorti un calepin abîmé par les hivers froids de la capitale. Plusieurs grands dealeurs, quelques exhibitionnistes, et les tueurs du centre ville avaient eu leur nom sur ces pages jaunies par le temps.
Un pas, puis deux et le voilà enfin dans ce monde virtuel aux milles questions.
Il ouvrit le cahier et se mit à écrire.

11 :22 : Me voilà dans un monde virtuel, tout est d’une beauté sans nom. Je redécouvre la forme des arbres qui dansent dans le Mistral. Les feuilles s’entremêlent pour créer des couleurs dont on n’imagine même pas l’existence tant que l’on ne l’a pas vue. Tout est grand, beau, parfait. Je reste sans voix. Les deux joueurs Lucas et Marion sont angoissés d’être en ma compagnie, l’uniforme sûrement. Je peux voir au loin un château extrêmement raffiné. Il est pris en otage entre deux nuages qui l’avalent chaque seconde un peu plus. Il est tant qu’on patrouille le terrain ! La fille nous attend surement, je l’espère.

12 :35 : Quelle aventure ! Nous venons de croiser un mur humain. De grands hommes. Sans doute y-a-t-il dans ce monde d’autres valeureux guerriers assoiffés de justice, des compatriotes en quelque sorte… Quel Candide je suis ! Que nenni ! Ce n’étaient que des méprisables et néanmoins monstrueux pillards, de sordides soudards sanguinaires. Je sortis ma plaque, ils se mirent à rire. Une symphonie désagréable. J’étais vexé. Je leur demandai s’il n’avait pas vu Lucie (photo à l’appui). Je n’eus aucune réponse. Alors je soulignais que nous étions pressés : le mur se mit à grogner voire à baver. L’un d’eux me parle dans une langue étrange j’en déduisis qu’il s’agissait d’un dialecte local. Je me sentis profondément désespéré face à ce premier défi. Je regardai mes acolytes et, tout à coup, ce brave Lucas répondit très naturellement au titan. Il était certes lent et un peu idiot mais il connaissait l’ancien français et autre langue vernaculaires ! Ils conversèrent devant nos yeux ébahis puis le mur se capa en deux, s’ouvrit pour créer une cours nuptiale. La première épreuve réussie, nous poursuivons notre route en direction du château...

15 :17 : Nous marchons. J’ai perdu la notion du temps. La beauté des lieux trouble tous mes sens. Mes camarades y semblent moins sensibles. Interrogés sur Lucie, ils m’apprennent qu’elle était particulièrement douée, perspicace et habile. Elle leur paraissait pressée, avide d’obtenir le fameux Graal. Je m’interroge. Qu’est-ce qui l’animait ? Ou peut-elle être à présent ? Le château nous parait encore loin. Très loin, trop loin.

18 :58 : Quelques minutes après mes derniers écrits nous avons rencontré un regroupement de hobbits. Les réalisateurs de notre monde, ne s’étaient pas vraiment trompés, quant à leur physique. Je leur demande notre chemin, car nous avions perdu notre but de vue. Ils me semblaient gentils. Je devrais arrêter de me fier à mon instinct miteux. Les petites bêtes nous provoquaient en duel. Nos fers furent croisés, si bruyamment que chaque coup faisait trembler les entrailles de la terre, Vulcain lui-même semblait prendre part à ce combat, digne d’une prestance divine, ou mesquine ; piètre combat pour être honnête car nous avions peu d’entrainement. A ce moment là, des hurlements jaillissent de la forêt. J’appelle Marion et lui demande de se protéger. Elle me regarde et se met à pleurer. Ni l’endroit, ni le moment. Ces femmes… Sont vraiment surprenantes ! Elle brandit alors son couteau, sorte de poignard. Terrorisée mais réactive, elle affronte, seule, une bête surgie de nulle part. Marion se recroquevilla, fœtus insolite, avec le couteau pointé vers les étoiles. L’être maléfique lui sauta dessus et tomba hurlant de douleur. Le doute régnait autant que le silence. Qu’était-ce ? Le descendant de Cerbère ou Minotaure. Qu’importe, L’adversaire tomba en lambeaux. Des hurlements retentirent au loin puis de moins en moins fort jusqu’au silence. Un silence pesant, spécial, et nouveau. On se sentait soulagés mais le chemin nous était encore inconnu. Quand… Tout à coup, un flash, une voix claire et distinguée hurla : « TOUT DROIT SUR DEUX CENT METRE ». Puis à nouveau le silence. Nous avons réussi a passé une étape enfin ! Plus que quelque pas et nous voilà aux portes de ce château féérique, tout n’y est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté, je le devine, je le souhaite mais la face obscure de ce pays ne me fait pas peur, je veux connaitre toute les faces cachées de ce royaume que Cendrillon jalouse.

21 :36 : Nous voilà aux portes de ce magnifique château, il est encore plus beau que ceux de mon enfance il me rappelle ma première princesse (première femme, qui était un peu névrosée, amoureuse de la vie féérique, elle vivait dans un monde irréel, je n’étais pas un prince si charmant que ça, alors nous avons divorcé.) Trêve de nostalgie, il nous fallait entrer dans la demeure et c’était une autre affaire. Pénétrer ici, c’était affronter la lumière, une lumière vive et éblouissante. D’anciens diront qu’il faut accepter la grâce de Dieu, mais je suis un mécréant. Soit on voulait nous aveugler, soit on cherchait a signaler la présence de notre chère Lucie ! Je fonce et mes camarades me suivent Quand tout à coup, j’eu peur, très peur. La terreur me pénétrait de part en part. Une angoisse palpable. Lucas glissa sur un caillou. Il trébucha sur Marion quelques mètres au-dessous. Elle glissa aussi. J’oubliais a quel point nous avions eu du mal à traverser ce mur quand une centaine de mouches naines vinrent nous sucer le sang. Blasphème ! La nature s’était retourné contre nous. Malgré tous les éléments qui se mettaient contre nous, nous avions réussi à entrer a l’intérieur du château par la petite fente placé toute en haut de cette porte. Il est tout prêt je le sens.

22 :49 : Nous venions de rentrer dans le château. Tout était d’une beauté majestueuse. La table ronde de mes contes enfantins était si belle, que Chrétien de Troyes n’eut pas trouvé les mots qui décrivaient une telle beauté. Le silence chantait sans bruit. C’est spécial dit de la sorte mais j’en reste complètement stupéfait. C’est la septième merveille du monde et pas des moindre. Nous voilà donc entrée dans ce palace chevaleresque. Nous regardions, partout, empruntions un long couloir, avec de longs tableaux, de longs tapis au sol. Tout était long. Une porte était entre ouverte. J’entrainais mes jeunes acolytes, les chevaliers en herbe dans cette pièce. Elle était vide. Extrêmement vide. Un silence pesant. Un vide néant. C’était angoissant. Marion pleurait. Pour changé. Je m’approche de la fenêtre, je reste sans voix. Un paysage magnifique… Quand tout a coup… Une bête monstrueuse surgit de nulle part. Elle me regarde droit dans les yeux, son iris est dilaté. Ses yeux sont semblables aux camés de la rue Bondars dans le huitième. Qu’était cette bestiole aussi haute que large ? Un dragon. Oui c’est exact. Sa peau craquelait. Il mit un coup un coup de tête à l’intérieur, contre la fenêtre. Il fonça contre les murs, nous étions à terre. Je hurlai aux collègues de partir. Nous rampions. Parcours de santé, pour des militaires improvisés, peu agiles mais efficaces. Nous sortions de la pièce, enfermant le dragon à l’intérieur. Nous étions faibles mais rapides. Nous voilà à nouveau dans le couloir, les murs de la pièce vibraient des coups agressifs de la bête féérique droguée. Je chercherai son dealer dès que le temps me le permettra.

23 :59 : J’ai résolu une énigme que je n’imaginais pas si difficile. Après les soudards éructant, les hobbits songeurs et agressifs, les mouches sanguinaires, le dragon accro à la cocaïne, et la faiblesse de mes acolytes, je reste sans voix sur cette fameuse Lucie. J’ai ri. A l’instant où ma plume bouge sur ce papier j’esquisse encore quelques sourires.
Nous étions donc derrière la porte du dragon quand tout à coup, je sens une main me tapoter l’épaule, je me retourne rapidement, mon arme de service pointée en direction de la présence. J’avais peur. Mais… Se n’était que Lucas que je retrouvais en face de moi. Il avait envie d’uriner. Je lui explique que ce n’est ni l’endroit ni le moment. Il me dit que c’est urgent. Les enfants, même adolescents ne prennent jamais leurs précautions. Alors je l’accompagne, suivi de Marion qui nous attend devant la porte des latrines. Confort minimum. Qu’importe, il resterait debout en toute circonstance.

Je l’attendais, préoccupé par mon enquête, quête moins bien triviale, quand… j’entends un petit sifflement, léger, féminin, très raffiné. Je m’approche. Et là… Que vois-je ? Laissez-moi encore rire quelques instants. Lucie, ma belle Lucie, le Grall tout près de sa bouche, qui s’enivre en fredonnant l’air de la dernière chanson des Daft Punk. Elle m’explique qu’elle est venue boire le sang de Dieu (qu’on appellera quelques décennies plus tard le vin).
Entre deux hoquets et trois sourires béats, elle me raconte son goût immodéré pour le sacré, la liqueur suprême, l’élévation ultime. Elle savait en entrant dans ce jeu que sa quête pourrait la transcender. Elle avait gagné…

Elle est bien, elle est heureuse.
Monsieur, soyez certain que chacun prend un plaisir de quelque nature qu’il soit a votre jeu !
Jamais encore je n’avais vécu des choses si belles. Quand j’aurais un fils il s’appellera Arthur.
Au plaisir de vous revoir monsieur.
Lieutenant Rémi Lénaire.

Il souri, ferma le cahier et l’envoya au jeune PDG de Vidéo Games One Line.

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