DEUX PENSEURS POUR LES TEMPS PRÉSENTS

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HENRY CORBIN (1903-1978)
Un immense philosophe à découvrir. Un passeur entre deux mondes, Orient et Occident.
Un chercheur qui invitait à renverser sans trembler nos catégories mentales, et oser
penser enfin les puissances d’une « imagination créatrice ». Et si les hérésies (étymologiquement
« libre choix ») étaient premières ? Si les prières alors étaient vécues comme des
poèmes, appel et accueil de l’Autre ? Si les dogmes étaient seconds, tentative d’enserrer
l’effervescence rebelle du poème dans des codes, des lois ? Sa conviction était que l’on
pouvait penser l’unité des religions du Livre non par le plus petit commun dénominateur
de leurs dogmes (les dogmes, prétendant à la vérité sont toujours potentiellement des
discours de guerre) mais par le foisonnement de leurs hérésies. Pour l’évoquer, Christian
Jambet, qui fut son élève et occupe aujourd’hui la chaire d’études islamiques à l’École
des Hautes études, Souad Ayada, philosophe, Seymus Daegtekin, écrivain et poète,
qui interprétera quelques poèmes du philosophe soufi Ibn Arabi, Abdennour Bidar,
philosophe et producteur à France Culture, les écrivains Atiq Rahimi et Michel Le
Bris qui, tous deux, ont été profondément marqués par sa pensée.
►Sam. 14h, Maupertuis

ANDRÉ GLUCKSMANN (1937-2015)
On ne mesure peut-être pas bien en France l’écho suscité dans
le monde par sa disparition. « Personne n’a joué un aussi grand
rôle dans le démontage de la pensée totalitaire » écrit l’Américain
Paul Berman : « Adam Michnik m’a dit que, pendant les années
noires du communisme en Pologne, les dissidents se passaient
ses écrits sous le manteau. Vaclav Havel fut son ami. Et j’ai vu
de mes propres yeux qu’en Ukraine et en Géorgie, Glucksmann
continue d’être vénéré aujourd’hui ». Le beau film qui lui est
consacré, Éloge du charbon, André Glucksmann, riche de
documents exceptionnels (ce moment où il oblige les généraux
russes à observer une minute de silence pour leurs victimes en
Tchétchénie !) sera suivi d’une rencontre avec Raphaël Glucksmann,
Paul Berman, Pascal Bruckner, l’écrivaine algérienne
Malika Boussouf, l’écrivaine tchétchène Milana Bakhaeva et
Michel Le Bris.
► Dim. 10h30, Théâtre Chateaubriand