TROIS GRANDES RENCONTRES POUR S’INTERROGER SUR CE QUE NOUS NE COMPRENONS PLUS : LE RELIGIEUX.

ET DIEU, DANS TOUT ÇA ?

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PENSER LE RELIGIEUX
Nous nous croyons irréligieux en diable, libérés de la superstition, même si nous cédons aux modes,
aux courants d’opinion, aux idéologies – sans même comprendre que c’est cela, aussi, le religieux.
Qui peut parfaitement se proclamer athée – à preuve, le communisme. En sorte que nous nous
trouvons aujourd’hui à peu près démunis devant les intégrismes. Et si nous reprenions les choses au
commencement ? Avec Jean Birnbaum (Un silence religieux : la gauche face au djihadisme), Jean-
Claude Carrière (Croyance), Michel Le Bris (Nous ne sommes pas d’ici). Entre savoir et croire, il
faut choisir, dit-on – mais de quel ordre, dans ce cas, l’imaginaire ? Plaidoyer pour la fraternité et
Lettre ouverte au monde musulman d’Abdenour Bidar ont fait entendre une voix forte et neuve.
►Lun. Maupertuis 11h30

DU GOUVERNEMENT DIVIN
Christian Jambet, très loin du
tohu-bohu des « experts », est
des plus grands spécialistes aujourd’hui
de l’Islam, à la réputation
mondiale. Son ouvrage
Qu’est-ce que la philosophie islamique ? est un
ouvrage de référence. À chacune de ses venues
au festival il a fait salle comble. Il publie ce mois
Du gouvernement divin : comment au sein de
l’Islam pense-t-on le gouvernement des hommes
au regard de la Révélation ? En compagnie
d’Abdennour Bidar et de Souad Ayada.
►Dim. à 10h, Maupertuis

LIRE LE CORAN
La série de Gérard Mordillat sur le Coran en
aura surpris plus d’un. Que sait le public, y
compris musulman, du Coran ? Quand s’est-il
constitué ? Par les apports de qui ? « Le Coran
est plein d’incertitude et de mystères » nous
dit Gérard Mordillat. Et si l’on essayait d’y voir
un peu plus clair ? Avec Gérard Mordillat et
Abdennour Bidar, philosophe et producteur
à France Culture.
►Dim. Grande Passerelle 3, le film à 15h45 et
la rencontre à 16h45.

PENSER L’ISLAMISME
Comprendre, ou penser ? Ce n’est peut-être pas exactement la même chose. Comprendre, étymologiquement,
c’est intégrer en soi – ce que garde en lui le langage populaire « faut le comprendre, le
petit gars » (suivent les causes, la famille, la mère alcoolique, la misère sociale, la Camarde). En ce
sens-là, oui, comprendre c’est (allons, disons : un peu) excuser. Et si nous pensons dans le fond que
nous sommes déterminés par le social comme le ressassent nombre de sociologues, que nous sommes
mus, en somme, par des causes, alors, oui, ce sont les causes qui sont, à la fin des fins coupables (donc
nous, pour être clairs). Pour penser, au contraire, comme pour voir, trop de proximité nuit : penser suppose la mise à distance. Deux attitudes bien différentes. Et si l’on s’efforçait de penser l’islamisme ?
►Lun. 15h30, Maupertuis avec Pascal Ory, Paul Berman, Fethi Benslama

ANNULÉ : RIRE AVEC DIEU, UN SPECTACLE D’ATIQ RAHIMI
« Pourquoi le rire et le sexe sont-ils deux sacrilèges
 ? Pourtant l’un est l’expression de notre
bonheur, l’autre le garant de notre survie sur cette
terre. Quel mystère, la volonté divine ! Le sexe
sera un autre sujet, pour une autre soirée. Ce soir,
on va rire. L’adage est maintenant bien connu :
« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe
qui ! » Et surtout pas avec Dieu ! nous diraient les
esprits ténébreux. »
Sayd Bahodine Majrouh, le grand poète et philosophe
afghan, assassiné en 1989 par les islamistes,
nous dit le contraire : « Il vaut mieux rire avec
Lui que rire de Lui ». À partir de ce postulat, il
a composé un livre magnifique, une anthologie
d’aphorismes des grands mystiques musulmans,
dont « l’humour possède une double fonction : à
l’égard des hommes, il est un fluide spirituel, il fait
« passer le courant » de la sagesse et de l’humilité ;
à l’égard du divin, il se révèle un canal supérieur
de communication. À l’heure où les rieurs sont
haïs par certains musulmans qui ne connaissent
pas leur tradition, cette anthologie est la preuve
que le sourire, le décalage, voire la dérision sont
partie intégrante de la civilisation islamique : dans
le monde des soufis, le rire, le paradoxe qui bouscule
le « religieusement correct ont toujours été
l’une des voies légitimes d’approche du divin. »
Des extraits de cette anthologie du grand Majroud
seront comme des « méditations humoristiques »,
entre les histoires du Mollah Nasrodin qui remet
en question les dogmes religieux. » Atiq Rahimi.
►Dim. 18h, Grande Passerelle 3