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CASTORE Lorenzo

Italie

Ewa et Piotr. Si Vis Pacem Para Bellum (Noir sur Blanc, 2018)

© Lorenzo Castore

Figure majeure de la photographie italienne, par ailleurs réalisateur, le Florentin a parcouru le monde, du Kosovo à New York en passant par l’Inde, avant de s’installer en Pologne. Ses séries, prises sur plusieurs années, s’intéressent à la mémoire, émotionnelle, personnelle et collective. Par son esthétique et sa volonté de rupture, son œuvre est placée dans la lignée de la « photographie tremblante », dans la continuité de grands noms de la photographie comme Robert Frank. Il signe cette année un portrait humain et sans artifices d’un frère et d’une sœur vivant dans la misère à Cracovie.

En 1997, lors d’un premier voyage en Inde, il est confronté à l’œuvre de Josef Koudelka qui change complètement sa perspective sur la photographie et marque un point de départ important dans sa carrière. Il se lance d’abord dans le photojournalisme mais après un reportage sur un zone de guerre au Kosovo en 1999, il décide d’aller non pas là où les choses se passent, mais là où elles se sont passées. De cette résolution naîtront la plupart de ses séries, comme Nero, dans les mines de charbon de Sardaigne, Ultimo Domicilio, qui documente les maisons abandonnées, mais aussi son second court-métrage Casarola, un conte entre rêve et souvenirs d’enfance, réalisé dans une des maisons de la série Ultimo Domicilio. Tout au long de son œuvre, il construit la série Present Tense, publiée en 2018 ; de 1994 à 2015, il photographie son quotidien à travers l’Europe dans ce qu’il appelle son « éducation sentimentale. »

Son travail a été présenté, seul ou dans des expositions collectives, dans plus d’une quarantaine de lieux à travers l’Italie, la Pologne et le monde, parmi lesquels Photokina à Cologne, les Rencontres d’Arles, ou bien la Galerie VU’ à Paris, avec laquelle il travaille depuis des années. En parallèle, il réalise des courts-métrages, notamment No Peace Without War, avec Adam Cohen, récompensé de la Grenouille d’or du meilleur court-métrage au festival international du film Camerimage, en Pologne.

Ce film et le livre qui est y lié, Ewa et Piotr - Si Vis Pacem Para Bellum, sont nés d’une rencontre dans son pays d’adoption, la Pologne. Il y dresse le portrait de deux personnages, un frère et une sœur, vivant dans la misère à Cracovie, à travers des photos de famille, des portraits et des photographies de leur appartement décrépi dans lequel ils vivent sans eau ni chauffage. Un portrait profondément humain, mais sans fausse pudeur, de la pauvreté extrême en plein cœur de l’Europe.


Le blog de Lorenzo Castore.


Bibliographie

  • Ewa et Piotr. Si Vis Pacem Para Bellum (Noir sur Blanc, 2018)
  • L’un par l’autre - Photo Poche (Actes Sud, 2013)
  • Agence VU’ Galerie - Photo Poche (Actes Sud, 2006)
  • Paradiso (Actes Sud, 2005)

Filmographie

  • Casarola (Young Films, 2014)
  • No Peace Without War, avec Adam Cohen (Okta Films, 2009)
Ewa et Piotr - Si Vis Pacem Para Bellum

Ewa et Piotr - Si Vis Pacem Para Bellum

Noir sur Blanc - 2018

Ewa et Piotr est un livre de photographies bouleversant. Il documente l’existence d’un frère et d’une soeur dans leur grand âge, abandonnés à
eux-mêmes dans leur appartement de Cracovie, qui acceptent peu à peu de dévoiler leur histoire et leur intimité. Face à leur dénuement, le spectateur est d’abord effrayé, puis il les apprivoise, dans le même mouvement que le photographe. Lorenzo Castore signe là une ode à la beauté, un appel à l’humanité et à la fraternité.

Lorenzo Castore est l’un des photographes italiens les plus intéressants de sa génération. Avec Ewa et Piotr, il nous livre l’histoire d’une rencontre improbable, presque monstrueuse. Elle aurait pu, comme tant d’autres, rester le fait d’un instant, mais elle s’est transformée en une grande amitié. Entre 2007 et 2013, le photographe habite en Pologne. Il croise un jour dans la rue une femme extravagante, qui refuse d’échanger le moindre mot avec lui. Lorsqu’il parvient, grâce à une amie, à retrouver sa trace, Castore découvre les conditions de vie d’Ewa et de son frère Piotr, dans un appartement décrépit d’une rue de Cracovie. Abandonnés à eux-mêmes, alcooliques, vivant sans gaz, sans électricité, sans eau chaude, Ewa et Piotr dévoilent leur existence par bribes, et se laissent peu à peu photographier. Castore entrecoupe ses propres photographies d’images d’archives, des photos de famille que lui ont confiées le frère et la soeur.
Lorenzo Castore est un photographe qui prend des risques : il va à la rencontre de la misère, de l’humanité qui souffre, des lieux de deuil, de malheur et de rejet. Il va là où personne n’a envie d’aller. Et il en ramène des merveilles… Par son travail, dans lequel l’horreur et la beauté sont si proches, Castore nous incite à regarder l’autre sans préjugés, sans oeillères et sans peur. Il nous invite à plonger dans le grand chaudron du monde d’aujourd’hui.

Traduit de l’italien par Louise Boudonnat.

Present Tense de Lorenzo Castore : projection-rencontre

Avec Christian Caujolle et Lorenzo Castore - Saint-Malo 2018

Dans le cadre de la matinée L’œil du photographe, une projection-rencontre autour de Present Tense de Lorenzo Castore, en présence du photographe et de Christian Caujolle. Animé par Christine Ferniot


Eyes Wild Open, une famille de photographes : projection et rencontre

Avec Christian Caujolle et Lorenzo Castore - Saint-Malo 2018

Rencontre et projection autour de l’exposition et du livre Eyes Wild Open, dans le cadre de la matinée L’œil du photographe.
Avec Christian Caujolle et Lorenzo Castore (traduit par Jeanne Ribatto). Animé par Christine Ferniot.


Ewa et Piotr de Lorenzo Castore : projection-rencontre

Avec Lorenzo Castore et Christian Caujolle - Saint-Malo 2018

Une rencontre avec le photographe Lorenzo Castore (traduit par Jeanne Ribatto) et Christian Caujolle et la projection des photos issues du livre Ewa et Piotr.
Animée par Christine Ferniot