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MADANI Karim

France

Spike Lee : American Urban Story (Don Quichotte, 2015)

Biographie

© D.R.

Arpenteur insatiable des mégalopoles occidentales, du XIIIe arrondissement parisien aux rues mal famées de Brooklyn, Karim Madani brouille les pistes et se joue des clichés des cultures urbaines. Journaliste freelance pour les magazines hip-hop Groove, Rap US ou encore Digital Hip-Hop, il se détache peu à peu de ce style à la fin des années 1990, à mesure que le genre sort de "l’underground". C’est à cette époque qu’il commence à écrire des fictions. Il publie son premier livre, Fragment de cauchemar américain, en 2005. Au fil des romans, il finit par s’éloigner du monde du hip-hop, gagne en maturité et en indépendance, tout en restant attaché au thème de la ville, de ses bas-fonds et de ses contre-cultures.

Karim Madani écrit ses romans comme l’on bâtirait des gratte-ciels. Il s’attache toujours à ériger la structure narrative de ses livres, du début à la fin. Dans un style très inspiré par le cinéma américain des années 1950, entre Howard Hawks et John Huston, il cherche à captiver le lecteur, « l’attraper par le col » pour ne plus le lâcher : « Il faut que ça cogne ». Il se réclame ainsi de la tradition romanesque américaine, où la narration tient une place forte, lorsqu’en France, elle reste d’après lui très sociologique. Néanmoins, Karim Madani n’a rien de l’écrivain de polar mainstream. Sa principale préoccupation est de dégager une atmosphère romanesque qui lui est propre. Il fait ainsi ressurgir ses influences musicales, en teintant ses phrases d’une atmosphère jazz, et faisant claquer ses mots comme un beat de hip-hop.

Dans son roman Le Jour du Fléau, Karim Madani délaisse complètement sa thématique hip-hop pour se tourner vers la ville et ses aspects les plus noirs. Elle est pour lui un véritable "laboratoire", et c’est avec une certaine jouissance qu’il se plait à bâtir sa propre cité, Arkestra, sorte de juxtaposition de tout ce que l’urbanisation a apporté de plus noir, entre Paris, New York et Gotham City. Karim Madani projette dans cette ville des personnages sombres, à la dérive entre dépressions et drogues. Si la violence tient une part majeure du roman, il se dégage aussi une mélancolie douce des personnages, lorsqu’ils parviennent à fuir, grâce aux rêves ou aux stupéfiants, cette ville qui les engloutit.

Avec Spike Lee : American Urban Story, il nous offre une ballade gonzo et « rap’n’roll » au cœur du New York populaire, hype et foisonnant des cinquante dernières années. Plus encore, à travers la vie et l’œuvre de Spike Lee (Malcolm X, Mo’Better Blues, La 25e Heure, etc.), c’est une certaine histoire de l’Amérique qui est ici contée, d’une Amérique noire pas tout à fait remise de l’épidémie de crack des 90’s, des drames nationaux provoqués par les attentats du 11 septembre 2001, des dévastations de l’ouragan Katrina en août 2005, sans oublier les bavures policières de 2014.


Bibliographie

  • Spike Lee : American Urban Story (Don Quichotte, 2015)
  • Le "Journal Infirme" de Clara Muller (Sarbacane, 2012)
  • Le Jour du Fléau (Gallimard, Série Noire, 2011)
  • Les Damnés du Bitume , (Belfond, 2008)
  • Hip-Hop connexion (Editions sarbacane, 2007)
  • Fragment de cauchemar américain (Inventaire/invention, 2005)
Spike Lee : American Urban Story

Spike Lee : American Urban Story

2015

Trente ans avant les événements de Ferguson, Spike Lee créait la polémique avec Do the Right Thing, brûlot sur les tensions raciales et la frustration urbaine à Brooklyn. Jamais avant lui un réalisateur n’avait filmé le ghetto du point de vue d’un camé au crack se vantant d’avoir "fumé la télé Sony de sa mère" ou d’un sneaker addict accro aux baskets Jordan. En inventant la street culture, creuset d’une nouvelle mythologie urbaine, l’auteur de Jungle Fever, Clockers, He Got Game… est devenu le père fondateur du "film hip-hop", en intégrant le rap à son espace narratif.
Celui qui dit "emmerder John Wayne" et a menacé, à Cannes, le cinéaste Wim Wenders avec une batte de baseball aura influencé, dans le monde entier, la mode, le langage, les codes, l’esthétique, l’attitude, voire le folklore, de plusieurs générations.
Spike Lee : American Urban Story est une ballade gonzo et "rap’n’roll" au coeur du New York populaire, hype et foisonnant des cinquante dernières années. Plus encore, à travers la vie et l’oeuvre de Spike Lee (Malcolm X, Mo’Better Blues, La 25e Heure, etc.), c’est une certaine histoire de l’Amérique qui est ici contée, d’une Amérique noire pas tout à fait remise de l’épidémie de crack des 90’s, des drames nationaux provoqués par les attentats du 11 septembre 2001, des dévastations de l’ouragan Katrina en août 2005, sans oublier les bavures policières de 2014.

Casher Nostra

Seuil - 2013

Comment échapper à son destin ? Vieille question. Des années après sa grise adolescence, Maxime habite toujours le quartier d’Hannouka, seul avec Hannah, sa vieille mère, son alzhei-mère, qui danse en écoutant Sun Ra. Il est coursier, et justement, il en a vraiment plein les bottes d’être coursier, car il pleut tous les jours sur Arkestra, la ville qui ne dort jamais, ghettoïsée et violente, où tentent de vivre les personnages de Karim Madani. Fils d’un petit truand fiché à la Casher Nostra, la mafia du quartier juif, Maxime ne sait pas dire non quand il le faut. D’autant que les services sociaux lui mettent la pression pour qu’il abandonne sa mère, devenue folle, dans un mouroir municipal. Et que sa copine Sarah ne voit pas où est le problème. Le voilà donc entraîné dans un deal d’herbe particulièrement foireux. De quoi se mettre à dos tous les caïds des Tours Organiques, dont Max pique la clientèle, et l’ensemble des services de police d’Arkestra, qui n’en est pas avare. Évidemment, ça va mal tourner. Mais ce n’est pas le problème. Le problème, c’est la question. Comment échapper à son destin ?


Le journal infirme de Clara Muller

Sarbacane - 2012

« Mon nom : Clara Muller. Ma ville, Paris en 2015 – capitale coupée en deux, Ville Haute et Ville Basse. Mon univers, les quartiers chics de la Ville Haute. Au lycée, ils passent leurs journées à m’insulter. M’appellent FFO, Fille Frappée d’Opprobre. Tout ça parce que je suis née in vitro, grâce à un logiciel de procréation. Mes séquelles : affectation de la structure psychique – chaque nuit, je me balade dans la Ville Basse via une connexion au Vortex Urbain. C’est comme ça que j’ai rencontré le Vengeur Toxique, un super-héros cabossé et super mignon. Personne ne me croit, à part Karine, une FFO, comme moi. Et amoureuse d’un de ces CP (Connards Populaires) qui nous mènent la vie dure. Sûr que cette histoire va mal finir : quand vous lirez ce Journal Infirme, je serai morte… »

  • Le journal intime d’une ado gothique
  • Un objet graphique (dessin, jeux, recette) révélant une héroïne rebelle et attachante
  • Un mix détonant : roman urbain, chick-litt parodique et univers comic book !

Le jour du fléau

Gallimard - 2011

Le jour du fléau Arkestra. La ville qui ne dort jamais. Gangrenée par la came et les gangs. Une ville schizophrène, bipolaire. Les pires criminels y ont élu domicile tandis que la revitalisation urbaine amorce son long processus. Dans le quartier maudit de l’Antre maraude un flic dépressif accro au sirop pour la toux, Paco Rivera. Ex-flic des sups, il ne s’est jamais pardonné la mort de son informatrice, Katia, exécutée par des narcotrafiquants. D’hallucinations en cauchemars éveillés, Paco déambule dans les rues crades d’Arkestra. Muté à la brigade des mineurs, avec sa coéquipière Gina, il a pour mission de retrouver Pauline, une adolescente dont la disparition est qualifiée d’« inquiétante ». Elle est entre les mains d’une brochette de psychopathes patentés : tueur sadique et castrat, photographe voleur d’âmes, flic corrompu drogué au sucre... Commence alors une fulgurante descente aux enfers. C’est le jour du fléau qui se lève sur Arkestra. Le “journal infirme” de Calara Muller, Sarbacane janv 2012 « Mon nom : Clara Muller. Ma ville, Paris en 2015 – capitale coupée en deux, Ville Haute et Ville Basse. Mon univers, les quartiers chics de la Ville Haute. Au lycée, ils passent leurs journées à m’insulter. M’appellent FFO, Fille Frappée d’Opprobre. Tout ça parce que je suis née in vitro, grâce à un logiciel de procréation. Mes séquelles : affectation de la structure psychique – chaque nuit, je me balade dans la Ville Basse via une connexion au Vortex Urbain. C’est comme ça que j’ai rencontré le Vengeur Toxique, un super-héros cabossé et super mignon. Personne ne me croit, à part Karine, une FFO, comme moi. Et amoureuse d’un de ces CP (Connards Populaires) qui nous mènent la vie dure. Sûr que cette histoire va mal finir : quand vous lirez ce Journal Infirme, je serai morte… »

Avec Le jour du fléau Karim Madani s’affirme comme l’enfant terrible d’Ed McBain et d’Abel Ferrara. A l’instar du grand auteur américain, Karim Madani s’est appliqué à créer une ville de toutes pièces : Arkestra, golem urbain qui rappelle aussi bien les quartiers nord de Paris, le Bronx ou Gotham City.
Dans cet univers halluciné, nous suivons un flic à la dérive qui pourrait être tout à fait être le cousin français du Bad Lieutenant. Madani écrit avec ses tripes, sa rage, sa haine devant un monde qui devient fou. L’auteur nous promène le long de faubourg malfamés et décrépis promis à une disparition certaine, nous fait croisés des destins brisés, cassés. Mais cette noirceur assumée ne saurait cacher une douceur onirique et désabusée : ouaté par la codéine qui s’enfile par rasade, Paco danse avec les fantômes de sa vie. Les spectres des amours perdus planent au dessus d’Arkestra et les cauchemars s’épanchent dans le réel et les trottoirs de cette ville maudite qui semblent engloutir chacun de ses habitants.

Revue de presse

  • "Le Jour du Fléau n’est pas celui d’une naissance pour Madani : c’est son quatrième roman. C’est celui d’une intronisation dans la prestigieuse Série Noire.
    Un événement pour lequel il a créé et cartographié une ville fictive : Arkestra, une cité très sombre, traversée par un fleuve et composée d’enclaves, voire de « ganglions », qui en forment les districts. Arkestra est une mégapole à l’américaine, qui rappelle forcément la ville d’Isola créée par Ed McBain. L’Américain compte parmi les références du jeune Français ; son roman plaira aux aficionados du grand auteur défunt." Hubert Artus pour Rue 89

Les Damnés du bitume

Belfond - 2008

Dans le quartier mexicain de Los Angeles ravagé par la guerre des gangs, Emilio Estevez, jeune inspecteur des stups, essaie tant bien que mal de tenir son petit frère Hector à l’écart des dangers de la rue. Mais, pris dans une spirale infernale de business illicite, de violence, de trafic de dope et de flingues, de magouilles politiques, de sexe et de lutte pour le pouvoir, les frères Estevez sont au bord du précipice... Un roman saisissant.

Dans le quartier mexicain de Los Angeles ravagé par la guerre des gangs, Emilio Alvarez, jeune inspecteur des stups, essaie tant bien que mal de tenir son petit frère Hector à l’écart des dangers de la rue. À seize ans, Hector est un artiste graffiti surdoué, payé par les dealers et leurs familles pour réaliser des fresques murales en hommage aux jeunes soldats de la rue tombés dans la guerre pour le contrôle du trafic de crack. Emilio et son coéquipier, Frank Castle, sont eux sur la piste d’un insaisissable baron de la drogue, Alfredo Garcia, qui tente de s’emparer de la mairie de Los Angeles avec l’aide d’un politicien corrompu. Garcia et son porte-flingue, un rappeur illuminé, ne reculeront devant rien pour mener à bien leur conquête du barrio. 
Pris dans une spirale infernale de business illicite, de violence, de trafic de dope et de flingues, de magouilles politiques, de sexe et de lutte pour le pouvoir, les frères Alvarez sont au bord du précipice. L’enfer des ghettos de L.A. brûle les ailes des flics ripoux, des gangsters mystiques et des artistes aérosol un peu trop rêveurs...
Le style novateur de Karim Madani saisit dès les premières lignes par sa flamboyance et sa crudité. Un roman percutant.


Hip-Hop connexion

Sarbacane - 2007

Un océan les sépare, le hip-hop les réunit. Hakim rêve de quitter Paris pour devenir producteur, tandis que Wiz, un dealer du Bronx, espère passer du crack game au rap game. Leurs mondes sont moins différents qu’il n’y paraît – misère sociale, criminalité et répression policière… tous deux essaient d’échapper au « ventre de la bête ». Le frère d’Hakim est incarcéré ; Wiz est surveillé par la police. La musique pourrait être leur planche de salut, mais la réussite est aussi une question de timing : s’ils échouent, il n’y aura pas de seconde chance.

... ils joueront le tout pour le tout, à quitte ou double.

  • Un véritable « roman-rap » bourré de références aux cultures urbaines
  • Une mise en parallèle des sociétés française et américaine
  • Une écriture explosive : jeux d’assonances, accélérations rythmiques

Rebelles

Avec Manon Loizeau, Karim Madani et Sylvie Laurent. Rencontre animée par Christelle Capo-Chichi - Saint-Malo 2015

Avec Manon Loizeau, Karim Madani et Sylvie Laurent. Rencontre animée par Christelle Capo-Chichi


D’une France Une et Plurielle

Avec Marc Cheb Sun, Audrey Pulvar, Karim Madani, Pascal Blanchard - Saint-Malo 2015

Avec Marc Cheb Sun, Audrey Pulvar, Karim Madani, Pascal Blanchard animé par Alexandra Schwartsbrod


Romans noirs, USA

Avec Cécile Coulon et Karim Madani - Saint-Malo 2012

Une rencontre avec Cécile Coulon et Karim Madani, animée par Margot Loizillon


Dans les bas-fonds

Avec Stefan Mani, Henry Kenol, Karim Madani, Cathi Unsworth - Saint-Malo 2012

Avec Stefan Mani, Henry Kenol, Karim Madani, Cathi Unsworth


Si t’as le flow, t’as le mot !

Saint-Malo 2008

Etonnants teenagers

Saint-Malo 2008