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Bibliothèque

Les Oiseaux morts de l’Amérique

Actes Sud

Las Vegas. Loin du Strip et de ses averses de fric "habitent" une poignée d’humains rejetés par les courants contraires aux marges de la société, jusque dans les tunnels de canalisation de la ville, aux abords du désert, les pieds dans les détritus de l’histoire, la tête dans les étoiles.

Parmi eux, trois vétérans désassortis vivotent dans une relative bonne humeur, une solidarité tacite, une certaine convivialité minimaliste. Ici, chacun a fait sa guerre (Viêtnam, Irak) et chacun l’a perdue. Trimballe sa dose de choc post-traumatique, sa propre couleur d’inadaptation à la vie "normale".

Au coeur de ce trio, indéchiffrable et silencieux, Hoyt Stapleton voyage dans les livres et dans le temps, à la reconquête patiente et défiante d’une mémoire muette, d’un langage du souvenir.

À travers la détresse calme de ce vieil homme-enfant en cours d’évaporation arpentant les grands espaces de l’oubli, Christian Garcin signe un envoûtant roman américain qui fait cohabiter fantômes et réalisme, sourire et mélancolie, ligne claire et foisonnement. Et migrer Samuel Beckett chez Russell Banks.

Travelling. Un tour du monde sans avion

JC Lattès - 2019

« Cent jours autour du monde, en 2018, cela relève presque de l’ordinaire (...) ; chacun ressent qu’on tourne autour de la terre comme aussi bien on prendrait une ligne de tram d’un bout à l’autre, en regardant le ciel défiler au-dessus des nuages. À ceci près que nous, Christian et moi, nous ne prenons pas l’avion. C’est même la seule règle établie, celle qui justifie qu’on mette tout ce temps pour seulement faire une boucle : en cargo, en train, en voiture, à cheval s’il le faut, mais pas en avion – quelque chose comme le voyage de Philéas Fogg en un peu plus long, volontairement plus long même, à l’opposé du pari qu’il fit quant à lui de la vitesse et de la performance. Et non pas parce qu’on se soutiendrait de l’idée absolument inverse d’une lenteur sans limites, mais enfin, il est vrai, en bons romantiques attardés, qu’à la performance on opposera volontiers la promenade, à la vitesse la flânerie, enfin, en bons bouddhistes zen, à l’œuvre accomplie le trajet qui y mène. »

L’un, Christian Garcin, est un grand voyageur, dont l’œuvre se nourrit de ses pérégrinations ; l’autre, Tanguy Viel, un sédentaire qui croyait avoir signé la pétition de Beckett, « on est cons, mais pas au point de voyager pour le plaisir ». Ensemble, ils se sont lancé un défi : parcourir le monde, de l’Amérique à la Sibérie en passant par le Japon et la Chine, sans jamais prendre l’avion.

Récit né de ce périple, enrichi d’inventaires facétieux et de « lettres à un ami » relatant des rencontres insolites, Travelling est surtout une méditation littéraire inoubliable sur le voyage, sur notre rapport à l’espace et au temps, sur la confrontation entre le réel et ce qu’on imagine.

La perspective du condor

La perspective du condor

L’Ecole des Loisirs - 2016

À la pointe sud de l’Amérique du Sud, la Terre de Feu héberge toutes sortes d’animaux étonnants. Une sterne râleuse, un baleineau mélomane, un huîtrier prétentieux, un manchot pas très courageux, et bien d’autres encore. Ils se croisent, discutent, observent le monde et s’interrogent.Un seul d’entre eux les connaît tous : le condor Juan Pablo Ignacio IV de la Cruz, dit « El Magnífico ». Depuis les hautes altitudes où il évolue, il voit tout, sait tout, mais ne parle à personne. Il se nourrit des morts, de tous les morts sauf un, un fantôme d’humain qui a oublié le passé mais se souvient de l’avenir. Alors, faute de le manger, le condor pourra peut-être lui venir en aide ?


Les vies multiples de Jeremiah Reynolds

Les vies multiples de Jeremiah Reynolds

Stock - 2015

Étonnant et fulgurant destin que celui de Jeremiah Reynolds : après avoir probablement été le premier homme àposer le pied sur le continent antarctique en 1829 et avoir fait de cette expédition un récit qui influença Edgar Allan Poe pour ses Aventures d’Arthur Gordon Pym, il devint colonel pendant la guerre civile chilienne, chef militaire des armées mapuches, avocat à New York, effectua un demi-tour du monde, et écrivit un récit de chasse au cachalot blanc qui fut peut-être à la source d’un des romans les plus lus et les plus commentés de la littérature américaine et mondiale.


Revue de presse

  • "Christian Garcin, écrivain des labyrinthes et des failles du temps, vient de lui consacrer un beau roman. Proche, troublant, touchant. A donner définitivement envie de prendre le large." Libération
  • "D’une écriture dépouillée, distanciée, qui sert très justement les hauts faits de son héros solitaire, Christian Garcin poursuit avec lui « les rêves de cachalots blancs et de chasses vaillantes ». Il dresse un éloge doucement désenchanté du courage et de l’humilité de cet homme en perpétuel mouvement, au seuil parfois de l’inconséquence, que les multiples vies conduiront aussi à s’enrôler dans l’armée chilienne, puis à la solde des Indiens mapuches. » La Croix

Ienisseï

Verdier - 2014


De Tarkovski aux Pussy Riot en passant par Boulgakov, Vassili Golovanov, ou encore Paul Virilio, ce livre, qui relate une descente du fleuve Ienisseï de Krasnoïarsk à son embouchure dans l’Arctique, dresse un état des lieux alarmant de la réalité sibérienne.
Les gigantesques incendies qui ravagèrent la région en 2012, le souvenir des camps du Goulag, la réalité des centaines de camps de travail qui y subsistent, les villages abandonnés le long du fleuve, les ethnies qui survivent à peine, la démographie du pays tout entier en chute libre, la pollution colossale due aux mines de nickel de la ville-usine de Norilsk, tout cela forme un arrière-plan préoccupant à ce récit qui se veut avant tout une apologie de la lenteur, de l’humain, et de la musique qui apaise les âmes, entre un déchirant chant d’amour dolgane et une berceuse evenk à l’intérieur d’un tipi, un concert champêtre dans la petite ville d’Ienisseïsk, et un autre au milieu du fleuve, destiné aux habitants d’un village qui se pressent en canot à moteur autour du bateau pour l’écouter en famille.
La deuxième partie du livre est une évocation de la Biélorussie d’aujourd’hui, pays méconnu et souvent caricaturé, tiraillé entre la nostalgie d’une identité que l’Histoire a rendue problématique et un désir de modernité contrarié aussi bien par un régime politique autoritaire que par la présence, toujours encombrante, du « grand frère » russe.


Les nuits de Vladivostok

Stock - 2013

Une nuit moite au coeur de Vladivostok la blafarde. Dans un local poisseux où ne parviennent que des lambeaux de conversations et des effluves de diesel et de cigarette, Thomas Rawicz est enchaîné à un radiateur face à un Chinois convaincu d’avoir mis la main sur le coupable qu’il traque depuis plusieurs semaines. Ce coupable, c’est Tomas Krawczyk, un malfrat qui flirte avec les mafias russe et chinoise et se trouve impliqué dans de sordides histoires de prostitution et de trafics d’enfants. Le Chinois, c’est « Zuo Luo », ou « Zorro », un détective privé qui a établi sa réputation sur le sauvetage des femmes maltraitées.

Quel est le point commun entre une prostituée coréenne, deux soldats tués dans la guerre russo-chinoise de 1969, une étrange Sibérienne aux yeux clairs et un Russe qui a traversé son pays à pied ? De Vladivostok à l’île chamanique d’Olkhonsur- Baïkal, en passant par les souterrains de New York, ce qui n’était qu’une chasse à l’homme va susciter l’apparition d’imbrications inattendues. Et entre les conséquences des multiples conflits russo-chinois et le tremblement de terre du Sichuan en 2008, c’est aussi une radiographie de la Chine et de la Russie contemporaines qui se livre à nous.


En descendant les fleuves

Stock - 2011

« Le voyage que nous avons effectué pendant l’été 2010 vers l’Extrême-Orient de la Russie répondait à un vieux désir que nous avions l’un et l’autre. Hormis l’attrait que nous éprouvions depuis longtemps pour cette région du monde, à chacun de nous avaient été vantées la sauvagerie et la beauté des paysages autour de l’immense fleuve Lena, qu’il était possible de descendre depuis la ville de Iakoutsk jusqu’à son embouchure dans l’océan Glacial Arctique, bien au nord du cercle polaire. Ce livre est la relation de ce périple. Il débute par l’arrivée à Iakoutsk, la plus grande ville au monde bâtie sur permafrost, et dont les immeubles reposent sur pilotis. Puis la descente du fleuve Lena, qu’aucun pont ne traverse, et dont le lit s’étend parfois sur des dizaines de kilomètres. Les haltes dans des villages abandonnés du monde. Les lectures sur le pont au soleil de minuit. Le débarquement dans l’incroyable ville de Tiksi, sépulcrale, sinistrée, post-soviétique, sur les bords de l’océan Glacial Arctique – Tiksi, interdite aux étrangers jusqu’à la fin de l’URSS. Nos premiers pas dans la toundra. Le retour sur Iakoutsk dans un coucou bringuebalant. Le départ vers Khabarovsk, bien plus au sud, sur le fleuve Amour, juste en face de la Chine. Une journée à Birobidjan, première république juive créée par Staline en 1929, où le yiddish est une des deux langues officielles. Et enfin Vladivostok, au bord du Pacifique, à deux pas de la Corée du Nord, de la Chine et du Japon, Vladivostok-la-grise, dont le nom fait rêver, mais dont l’urbanisme chaotique et l’omniprésence des véhicules à moteur masque parfois la beauté. Que ce soit par la rudesse de leur approche ou par la réalité brute dont ils témoignaient, ces lieux, tout sauf touristiques, ont été un moteur d’écriture puissant. Très vite il nous est apparu essentiel de ne pas composer un livre à deux voix, mais uniquement à deux mains : les textes ont été composés soit par l’un, soit par l’autre, soit par les deux, avec dans ce cas insertion de passages de l’un au milieu du texte de l’autre. Par ailleurs, la voix narrative est toujours la même : un “je” qui recoupe parfois la réalité d’un de nous, parfois celle des deux – un “je” muni de quatre jambes, quatre yeux et quatre oreilles, une chambre d’écho démultipliée. » 


La piste mongole

Verdier - 2009

Où l’on part à la recherche d’Eugenio Tramonti, le protagoniste du Le Vol du pigeon voyageur et de La Jubilation des hasards, disparu quelque part en Mongolie. Pour le retrouver il faudra traverser des états de réalité peu ordinaires et accepter de se laisser guider par quelques personnages emblématiques : un Chinois qui présente la particularité de maîtriser ses rêves ; une chamane mongole qui s’absente parfois quelques jours pour voyager dans d’autres mondes dont elle ne se souvient pas ; une Sibérienne qui fréquente assidûment les choses invisibles ; un jeune garçon, apprenti chaman, qui vient interférer dans les rêves du Chinois ; une vieille femme aux identités mouvantes ; une divinité lacustre aux faux airs de renard ; des juments, un aigle et un loup ; sans compter quelques narrateurs, anonymes ou pas, disséminés entre Oulan Bator et Pékin, le lac Baïkal et les hauts sommets de l’ouest de la Mongolie.

Je vais nulle part

Saint-Malo 2014

Avec : Christian Garcin, Pascal Dibie, Cédric Gras
Animé par : Géraldine Delauney


Marseille noir

Saint-Malo 2014

Avec Cédric Fabre, François Beaune, Emmanuel Loi, Minna Sif et Christian Garcin.


Quand le réel devient fiction

Saint-Malo 2009

Un débat passionnant autour des liens qui unissent le réel et la fiction en compagnie de Christian Garcin, auteur de La piste Mongole qui fait se chevaucher les réalités, Alain Nadaud, auteur du Passage du col où il se perd en ses rêves de vies antérieures, Craig Johnson qui avec Little Bird ravive la flamme du polar en terre indienne et Dai Sijie qui offre avec L’acrobatie aérienne de Confucius un conte rocambolesque dans lequel l’Empereur de Chine perd son identité.

Samedi : 16h30 - Quand le réel devient fiction
Christian Garcin, Craig Johnson, Alain Nadaud, Dai Sijie. Animé par Hubert Artus

Le goût du dehors

Saint-Malo 2009
Dimanche : 17h30 - Le goût du dehors
Sylvain Tesson, Christian Garcin, Blaise Hofmann, Patrice Pluyette. Animé par Martine Laval