Téléchargez Dimanche Ouest France
(Fichier PDF - 2.7 Mo)

"Les Montagnes dans les Nuages"

Collection Etonnants Voyageurs
image
Les Montagnes dans les Nuages

« La Chine ne faisait pas spécialement partie de mes destinations idéales. Je n’avais jamais rêvé d’y aller. Je n’étais pas particulièrement attirée par la route de la soie, ni par celle de l’opium, et pas plus par l’idée de mettre mes pas dans ceux de Marco Polo… Disons que la Chine s’est trouvée sur mon chemin.
« Sous la forme, dans un premier temps, d’un vieux médecin traditionnel chinois au regard espiègle rencontré aux Canaries, spécialiste des décoctions de plantes, insectes et autres animaux desséchés, qui allait devenir pour moi une sorte de père adoptif : Monsieur Yu.
« Je me remettais d’un convoyage de catamaran mouvementé, lui souhaitait retourner en Chine, sur les lieux de son adolescence... Après deux minutes de conversation, il m’a demandé si je souhaitais l’accompagner. J’ai dit oui, sans hésiter.
« Pourquoi répondre autre chose ?
« C’est ainsi que la Chine est entrée dans ma vie. On pourrait dire, en somme, que, d’une manière inopinée et fantaisiste, la Chine m’est tombée dessus...
« La Chine des dragons et des vieilles légendes, des maîtres de Qi gong, des Dieux du Tao et des arts martiaux, mais aussi celle des rêveurs incorrigibles, des philosophes de quartier, la Chine des chauffeurs de taxi romantiques, des filles chantant en chœur des airs à la guimauve aussi sucrés que les bonbons qu’elles avalent à longueur de journée, et des danseurs de tango des ruelles de Pékin.
« Celle des femmes au sourire éclatant qui vendent du shit dans les ruelles du Yunnan, des adolescents qui draguent les filles en miaulant comme de jeunes chats…
« La Chine du chaos et du temps suspendu, de l’extravagance, de la tendresse et des disputes théâtrales aussitôt apaisées, des musiciens qui se retrouvent dans les parcs, chaque soir, pour le plaisir de jouer, des badauds qui se mettent à danser en riant aux éclats, des chanteurs d’opéra chinois qui répètent sur le bord des étangs. La Chine des inconnus qui m’ont offert un billet de bus, un morceau de gâteau, une photo, au nom de l’amitié, avant de disparaître en courant, rougissants, confus, de peur que je me méprenne sur le sens de leur acte. La Chine de la délicatesse extrême, où les gens conservent intacte leur part d’enfance, où ils passent sans transition du plus grand sérieux au fou rire, la Chine du désordre, d’un désordre bien particulier, désordre poétique chinois...
« La Chine. Qui ne ressemble à rien de ce qu’on m’avait raconté. »

Consulter la fiche auteur d’Adèle O’Longh

Téléchargez Dimanche Ouest France
(Fichier PDF - 2.7 Mo)