À la rencontre des auteurs de la journée lycéens et apprentis 2020

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© C. Hélie © Nassim Kasdali © Présence Africaine © Denis Rouvre

Découvrez les auteurs et romans sélectionnés dans le cadre de journée des lycéens et apprentis sur le thème de L’Afrique en mouvement !

Sylvain Prudhomme construit depuis quelques années une œuvre littéraire ouverte sur le monde. L’Afrique contemporaine — où il a longtemps vécu et travaillé — est une des sources d’inspiration principale de ses livres et reportages. Dans son roman Les grands, il mêle créole et argot, introspection et dialogue, pour raconter avec justesse l’Afrique contemporaine, des fantômes du passé à la soif de vivre des vivants.

Les grands
Guinée-Bissau, 2012. Guitariste d’un groupe fameux de la fin des années 1970, Couto vit désormais d’expédients. Alors qu’un coup d’État se prépare, il apprend la mort de Dulce, la chanteuse du groupe, qui fut aussi son premier amour. Le soir tombe sur la capitale, les rues bruissent, Couto marche, va de bar en terrasse, d’un ami à l’autre. Dans ses pensées trente ans défilent, souvenirs d’une femme aimée, de la guérilla contre les Portugais, mais aussi des années fastes d’un groupe qui joua aux quatre coins du monde une musique neuve, portée par l’élan et la fierté d’un pays.


Prix Renaudot 2012, la Rwandaise Scholastique Mukasonga construit livre après livre un tombeau de papier pour sa famille, massacrée lors du génocide de 1994. Née en 1956 au sud-ouest du Rwanda, cette survivante, déjà installée en France lors des massacres, a connu dès l’enfance les humiliations et la violence des conflits ethniques.

Notre-Dame du Nil
Rwanda, début des années 1970. Au lycée Notre-Dame du Nil, près des sources du grand fleuve égyptien, de jeunes filles en fleurs se préparent à devenir de bonnes épouses, de bonnes mères, de bonnes chrétiennes. Mais sous le calme apparent couve la haine raciale. Un quota « ethnique » limite à 10 % le nombre des élèves tutsi, les persécutions se multiplient et voici que s’approchent les nervis du pouvoir… Un prélude exemplaire au génocide rwandais, fascinant de vérité, d’une écriture directe et sans faille.


Kaouther Adimi est l’une des jeunes plumes montantes de la littérature algérienne d’expression française. Dans son troisième roman "Nos richesses" (Seuil) , prix Renaudot des lycéens 2017, la jeune romancière de 31 ans y fait le récit des aventures d’Edmond Charlot, qui ouvrit dans les années 30 une librairie à Alger, où il côtoya et édita les plus grands romanciers de son temps. "Nos richesses" est un hymne à la littérature et une plongée très concrète dans l’Algérie d’hier et d’aujourd’hui. Une perle.

Nos richesses
En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et rêve de créer une librairie-maison d’édition à Alger. Il imagine un espace dédié à la littérature, l’amitié et la Méditerranée. Albert Camus lui offre son premier texte, Jean Giono un nom : Les Vraies Richesses. En 2017, Ryad, étudiant parisien, est recruté pour fermer la librairie algéroise sous le regard vigilant d’Abdallah, le dernier gardien des lieux.


Lauréat du grand prix du roman métis et du prix Ahmadou Kourouma pour son premier roman Terre ceinte, il est la révélation de la jeune littérature francophone. Dénonçant l’intégrisme religieux, il met en scène des personnages enfermés dans un climat de violence et d’homophobie.

Terre ceinte
À Kalep, ville du Sumal désormais contrôlée par le pouvoir brutal des islamistes, deux jeunes sont exécutés pour avoir entretenu une relation amoureuse.
Des résistants tentent de s’opposer à ce nouvel ordre du monde en publiant un journal clandestin. Défi lancé au chef de la police islamique dans un climat de tension insoutenable qui met en évidence des contradictions et brouille tous les repères sociaux. Mais la vie, à sa façon mystérieuse, reprend toujours ses droits.
Terre ceinte met en scène des personnages enfermés dans un climat de violence. L’écrivain sénégalais en profite pour interroger les notions de courage et de lâcheté, d’héroïsme et de peur, de responsabilité et de vérité. À travers des dialogues étonnamment vibrants, des temps narratifs puissants, la correspondance échangée par les mères des deux victimes, s’élabore une réflexion contemporaine sur une situation de terreur.


Ces journées scolaire sont organisées avec le soutien du Conseil Régional de Bretagne.