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BENZ Chanelle

États-Unis

Rien dans la nuit que des fantômes, traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner (Seuil, 2020)

© Christine Jean Chambers

Après un recueil de nouvelles très remarqué outre-Atlantique, l’autrice passionnée du Sud des États-Unis signe un brillant premier roman, véritable « page-turner », qui exhume les plaies de l’Amérique profonde. Saluée par son mentor, l’écrivain George Saunders, comme « une nouvelle voix sidérante de la fiction américaine », elle fait preuve d’une vélocité narrative et d’une prose remarquable de précision. Sa plume poétique et enchanteresse dessine des personnages profonds et puissants, au cœur d’histoires mêlant secrets de familles et historiques. Dans Rien dans la nuit que des fantômes, Chanelle Benz manifeste une formidable inventivité, traduisant, avec fraîcheur et intelligence, la rudesse du Delta du Mississippi. Ce thriller intime dresse une splendide exploration de la douleur, de la justice et de la mémoire.

Bibliographie

  • Rien dans la nuit que des fantômes, traduit de l’anglais par David Fauquemberg (Seuil, 2020)
  • Dans la grande violence de la joie, traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner (Seuil, 2018)
Rien dans la nuit que des fantômes

Rien dans la nuit que des fantômes

Seuil - 2020

Le retour au bercail, dans un Mississippi faulknérien, d’une jeune femme hantée par la mort de son père, peu à peu rattrapée par les spectres de son propre passé et ceux de l’Amérique ségrégationniste.
L’héritage de Billie James se résume à trois fois rien : une poignée de dollars et une cabane décrépite dans le Delta du Mississippi. Cette bicoque a appartenu autrefois à son père, poète noir de renom, mort de manière inopinée alors que Billie n’avait que quatre ans. La petite fille était présente au moment de « l’accident », mais n’en a aucun souvenir. Et elle n’a jamais remis les pieds dans le Sud – jusqu’à aujourd’hui.

Trente ans plus tard, de retour sur la terre de son enfance, elle trouve un paysage à la fois radicalement changé et où, pourtant, rôdent encore les fantômes d’un passé qui ne passe pas... Alors que les voisins font preuve d’un comportement étrange, que des rumeurs circulent laissant deviner une tout autre vérité quant à la mort du père de Billie, celle-ci va peu à peu exhumer de lourds secrets, qui ont trait à sa propre famille mais aussi à l’histoire de l’esclavage et de la ségrégation en Amérique.

Hanté, haletant, ancré dans l’arrière-pays à la fois somptueux, poisseux et inquiétant d’un Sud tout faulknérien, Rien dans la nuit que des fantômes est un roman à l’écriture inspirée qui fourbit les armes du polar pour nous raconter ce qu’a été et ce qu’est encore, à bien des égards, l’Amérique tourmentée par les spectres les plus sombres de son histoire.

Traduit de l’anglais par David Fauquemberg.