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2000 à 2003 - Escales à Dublin

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1996

« Deux heures du matin dans Temple bar, à Dublin, les livres et leurs histoires ne se racontent pas seulement sur une estrade, un micro à la main. »

Étonnants Voyageurs avait invité Jennifer Johnston, Deirdre Madden, Pat Mac Cabe, John Mc Gahern, Eoin McNamee, Joseph O’Connor, Julia O’Faolain, Colm Toibin dans le cadre de l’année de « l’imaginaire irlandais ». Et nous avions pu mesurer alors combien nous avions de choses en commun – à commencer par cette exigence d’une « littérature-monde », en rapport d’incandescence, toujours, avec le réel, soucieuse d’en dire la parole vive, et toujours attentive à fuir les effets rhétoriques. Une littérature aussi de « story-tellers  » affirmant obstinément le primat de la fiction, sachant mieux que tout autre que le réel ne se révèle jamais qu’à travers un imaginaire.

C’est qu’une vieille histoire nous lie, Irlandais et Français, et plus encore Irlandais et Bretons ! Deux ans plus tôt, à la demande de Jean-Pierre Pichard, grand patron du Festival interceltique de Lorient, nous lui avions même créé, au sein de sa manifestation, un festival du livre ouvert aux écrivains de tous les pays celtiques.

Autant dire que nous rêvions déjà de créer quelques ponts littéraires entre Saint-Malo, Dublin, Glasgow et Lorient ! Ne manquait plus que l’occasion : celle d’une rencontre à Saint-Malo, avec Marie-Christine Vandoorne, directrice de l’Alliance française de Dublin, qui travaillait depuis deux ans à la promotion de la littérature française en Irlande. Máirín Ni Eithir, dans notre équipe, n’était pas la moins motivée à faire de l’événement une réussite…
Montée avec l’aide des services culturels de l’ambassade de France et des Alliances françaises – et le whisky Jameson, qui assura sans trembler la fourniture du précieux liquide lors même que le public, d’un sûr instinct, avait découvert le lieu en principe réservé à une dégustation par les seuls écrivains, ce qui devait contribuer à la jovialité des échanges –, la première édition devait se tenir du 6 au 8 avril 2000, dans le magnifique Dublin Castle. J.-M. G. et Jemia Le Clézio (photo), Jean-Christophe Rufin, Jean-Pierre Perrin, Chantal Pelletier, Jacques Meunier, Yvon Le Men, Patrick Raynal, Michel Déon, Pierre Joannon m’accompagnaient pour rencontrer une dizaine d’écrivains irlandais, dont Joseph O’Connor, John Banville et Theo Dorgan…

Les débats, rencontres, lectures s’étaient prolongés fort tard dans la nuit dublinoise – ne dit-on pas que lorsque les Gaëls prirent possession de l’Irlande, le peuple féerique des Tuatha De Danaan dut déplacer son royaume : du visible, il glissa dans l’invisible ? Et nous ne cessons, depuis, de le chercher – dans les jeux du vent et de la brume, sans doute, mais plus sûrement, soutiennent certains, en poussant la porte des pubs. Certains d’entre nous, au petit matin, soutenaient avoir eu l’impression d’y accéder, à certains moments. Ce qui était, d’évidence, une raison d’y retourner l’année suivante. Où nous devions retrouver Emmanuel Delloye, fraîchement nommé attaché culturel.


Et 2001

J.-M. G. Le Clézio en signature à Dublin

Pour cette deuxième édition d’Étonnants Voyageurs in Dublin, du 6 au 7 avril, nous avions choisi le thème Writing away from Home, propice à explorer les univers d’écrivains métissés comme Monique Agénor, Amin Maalouf, Azouz Begag, Roland Brival, Malika Mokeddem, Yasmina Khadra – tous issus de l’immigration, dont les livres faisaient découvrir des thèmes, des musiques, des paysages, un imaginaire qui débordaient largement l’Hexagone. À leur rencontre, onze romanciers, poètes et biographes irlandais témoignaient de la vitalité des littératures irlandaises d’aujourd’hui – à l’image de la très grande Jennifer Johnston, et avec elle, Anthony Cronin, Philip Casey, Julie Parsons, Brian Keenan, James Ryan, Anne Enright, Biddy Jenkinson, Colm Breathnach et Thomas McCarthy…
L’Irlande reste présente, à Saint-Malo, mais le festival de Dublin n’est plus, qui ne tenait que par la détermination des services culturels de l’ambassade. Las, Emmanuel Delloye avait été brusquement rappelé à Paris du fait de son expérience afghane, et son successeur, plus porté sur les soi-disant « avant-gardes » littéraires françaises, entendait choisir à notre place les invités, et nous l’avions donc laissé poursuivre – sans nous.




Cosmopolite bar
José Louis Bocquet

Trois ans déjà ! Et tellement de souvenirs des heures passées au Dublin Castle. Dublin, la ville littéraire s’il en est, où chaque Irlandais veut croire qu’il côtoie encore l’ombre de James Joyce.
Il est deux heures du matin dans Temple bar. À Dublin, les livres et leurs histoires ne se racontent pas seulement sur une estrade, un micro à la main. Au premier étage du Bowes, la bière est servie à la pinte. Comme toujours, au comptoir, les conversations se font d’aventure. Un romancier irlandais boit et chante. Un angliciste distingué retrouve son accent des quartiers sud de Trappes. Un poète irlandais explique à des Français la peur de l’ennui à la lecture d’un roman. Un poète tunisien évoque Georges Perros avec une romancière sénégalaise. Il y a aussi un Hollandais, Ruben. Il est ici uniquement pour l’amour ; il a rencontré Mary la Dublinoise quelque part dans le sud de l’Europe. Nous ne saurons jamais rien de la fin de leur voyage. Demain, nous poursuivons le nôtre.

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