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WIDEMAN John Edgar

Etats-Unis

Le rocking-chair qui bat la mesure (Gallimard, 2008)

John-Edgar Wideman
© J. Sassier / Gallimard

Ecrivain américain, John Edgar Wideman est né à Washington DC, en 1941. Peu avant son premier anniversaire, sa famille déménage à Homewood, le quartier noir de Pittsburgh, en Pennsylvanie, lieu dont il s’est inspiré pour « sa trilogie de Homewood », dont le dernier volet intitulé Le rocking-chair qui bat la mesure paraîtra prochainement aux éditions Gallimard.

Élève doué, il commence sa scolarité à Peabody High, l’une des meilleures écoles secondaires de Pittsburgh avant de décrocher une bourse d’études qui lui permet d’intégrer l’Université de Pennsylvanie. S’illustrant si bien côté études que sportif – il est nommé capitaine de l’équipe universitaire de Basket Ball – , il sort diplômé d’Anglais en 1963 avant de s’envoler pour l’université d’Oxford, ayant décroché la prestigieuse bourse de Rhodes.

De retour aux Etats-Unis en 1966, John Edgar Wideman passe une année à l’université de l’Iowa où il achève son premier roman, A Glance Away, publié l’année suivante.

Auteur depuis de nombreux autres romans et nouvelles, très souvent récompensés, il a aussi été publié dans de nombreux journaux américains tels The New Yorker, Vogue, Esquire, Emerge, ou le New York Times Magazine pour ses articles sur Malcolm X, Spike Lee, Denzel Washington, Michael Jordan, Emmett Till ou encore Thelonius Monk.

Aujourd’hui professeur d’Anglais à l’Université du Massachusetts, John Edgar Wideman continue d’écrire et vit à Amherst, avec sa femme, Judy, une avocate spécialisée dans les condamnations à la peine capitale. Quant à ses enfants - son fils est un auteur publié et sa fille joue pour les L.A. Sparke -, il semblerait que John Edgar Wideman ait réussi à leur transmettre ses deux passions : le Basket Ball et l’écriture.


Bibliographie

  • Le rocking-chair qui bat la mesure (Gallimard, 2008)
  • Où se cacher (Gallimard, 2006)
  • Damballah (Gallimard, 2004)
  • Deux villes (Gallimard, 2000)
  • Suis-je le gardien de mon frère ? (Gallimard, 1999)
  • Le massacre du bétail (Gallimard1998)
  • L’incendie de de Philadelphie (Gallimard, 1995)
  • Reuben (Gallimard,1994)

Argumentaire de Le Rocking-chair qui bat la mesure

Ce dernier volet de la « trilogie de Homewood » est celui où le projet autobiographique de Wideman transparaît le plus clairement, puisque le premier narrateur en est un certain John, dit « Doot », né en 1941, représentant d’une génération tardive et intellectualisée de la dynastie Owens qui couvre un siècle et demi de vie afro-américaine à Homewood. Mais John est moins ici le héros que le récipiendaire des récits de ses aînés : il recueille les souvenirs de son oncle Carl (fils du mythique John French) et de Lucy, l’amour de sa vie. Jusqu’à la guerre, Carl et Lucie formaient « les trois mousquetaires » avec Brother Tate, frère adoptif de Lucy, figure quasi surnaturelle, « nègre albinos », sans parents, sans nom et sans couleur, déjouant tous les préjugés raciaux, pianiste miraculeux qui fit vœu de silence pendant les seize dernières années de sa vie. Sa figure se dessine au fil des bribes de mémoire exhumées par Carl et Lucy, de façon fragmentaire, décousue, onirique et incantatoire. Cette anamnèse est aussi rythmée et hantée par trois morts aussi violentes que prématurées : celle d’Albert Wilkes, compagnon de bringue de John French, abattu par la police, sous les yeux de Lucy, alors qu’il était au piano ; celle de Junebug, le jeune fils de Brother, brûlé vif un jour de juillet ; et enfin celle de Brother, sans doute un suicide. Comment entretenir leur mémoire sans sombrer dans le désespoir, l’adoration de reliques et le ressassement ? Comment affirmer à la fois leur postérité et la nécessité d’aller de l’avant ? Wideman voit dans cette transmission du souvenir des morts un devoir envers eux et la condition de notre propre plénitude. C’est pourquoi rien n’est plus déchirant, mais aussi plus vivant que ce livre de deuil : le modèle, cette fois, n’est plus le gospel comme dans Où se cacher, mais le blues, expression de douleur et de sensualité, dont les notes comme les silences contiennent toute la vie de ses auditeurs.

Harlem-Paris, de Chester Himes à James Baldwin

Saint-Malo 2008
Harlem-Paris : de Chester Himes à James Baldwin
Alain MABANCKOU, John-Edgar WIDEMAN, Yves BUIN, Lily SZTAJN, Patrick RAYNAL

Musique et littérature

Saint-Malo 2008